Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a défendu sa politique dans le sud d’Israël pendant son discours lors d’une conférence, mardi. Cette politique empêcherait les djihadistes et les migrants de pénétrer le pays, mais cette déclaration a soulevé dans le public une vague de protestations.

Netanyahu a vanté les mérites d’une barrière de sécurité récemment installée le long de la frontière égyptienne et qui serait, selon lui, la seule solution pour empêcher des milliers de combattants de l’État islamique et de demandeurs d’emploi africains de pénétrer le pays.

« Je vous demande d’imaginer ce qui se passerait ici si elle n’avait pas été construite – nous serions inondés par des milliers de combattants de Daesh et des centaines de milliers de travailleurs migrants clandestins en provenance d’Afrique, » a-t-il déclaré dans la ville de Yeruham, située au sud d’Israël, lors de la 7e conférence annuelle sur le développement du Néguev, de la Galilée et de la Périphérie.

Le Premier ministre a souligné à plusieurs reprises que la barrière, longue de 400 kilomètres et achevée en 2014, est une clé de voûte de l’infrastructure sécuritaire d’Israël dans le sud du pays.

L’année dernière, Netanyahu avait annoncé que le pays allait construire une clôture similaire le long de la frontière jordanienne dans le Néguev, précisant qu’Israël était entouré par des « bêtes », faisant probablement référence aux membres de mouvements islamistes.

The newly erected border fence between Israel and Egypt is credited with dramatically reducing the number of African migrants who enter the country illegally from the Sinai Peninsula. January 02, 2012. (photo credit: Moshe Milner/GPO/Flash90)

La clôture de la frontière nouvellement érigée entre Israël et l’Egypte, janvier 2012. (Crédit : Moshe Milner / GPO / Flash90)

La clôture de fils de fer barbelés, haute de cinq mètres, le long de la frontière égyptienne, était initialement prévue pour réduire le nombre croissant de migrants et de réfugiés africains entrant en Israël via la péninsule du Sinaï en Egypte.

Dans le sillage de la révolution égyptienne de 2011, qui a entraîné une recrudescence des activités terroristes djihadistes à travers la frontière, Israël a amélioré la barrière d’acier, qui a coûté 1,6 milliard de shekels, pour y introduire des caméras, des radars et des détecteurs de mouvement.

Dans son allocution lors de la conférence de mardi, Netanyahu a également parlé de la nécessité urgente d’aider à développer l’économie du Néguev et a salué les avantages que l’augmentation de l’investissement privé apporterait à cette région peu peuplée et souvent considérée comme économiquement négligée.

« Mon projet est de permettre au Néguev de devenir économiquement indépendant, ce qui lui permettra de se tenir sur ses propres jambes. Après des décennies de discours sur la façon dont il faudrait développer la région, nous entamons maintenant une véritable révolution », a-t-il déclaré.

Une rue de Yeruham, au sud d'Israël, le 20 juin 2015. (Crédit : Garrett Mills/Flash90)

Une rue de Yeruham, au sud d’Israël, le 20 juin 2015. (Crédit : Garrett Mills/Flash90)

En 2006, le ministère du Développement du Néguev et de la Galilée a été inauguré avec l’annonce d’un plan à grande échelle pour construire de nouvelles communautés et amener 250 000 nouveaux résidents juifs dans la région.

Des organismes environnementaux locaux comme « Green Course » ont exprimé leur crainte que la création de communautés de banlieue isolées du Néguev conduirait à une forte augmentation de la consommation d’eau et d’énergie et à des relations compliquées entre les Juifs et les Bédouins locaux.

A mi-chemin dans son discours, Netanyahu a été chahuté par des militants de « Green Course » qui ont déclaré que les initiatives de développement du gouvernement ne profiteraient qu’à un petit nombre de résidents relativement aisés, dans une région aux taux de pauvreté élevés.

« Pourquoi n’y a-t-il pas d’argent pour Yeruham ? Parce qu’à Yeruham il y a du chômage, et le gouvernement construit de nouvelles villes au lieu de fournir des opportunités d’emploi dans les villes existantes », a crié Shahaf Avital, étudiant de l’Université Ben-Gourion, avant d’être rapidement mis dehors par des gardes de sécurité.

Imperturbable, Netanyahu a continué son discours.

« Voilà ce qui arrive quand la réalité est déformée, » a-t-il répondu aux accusations d’Avital.

« Rien de ce que ces jeunes disent ne se réalisera sans moteur pour mener tout cela de l’avant. »

« Comment pensent-ils que les emplois sont créés ? Pensent-ils que le gouvernement possède un arbre sur lequel poussent des quantités infinies d’argent? », a demandé Netanyahu.

« Il faut jeter les bases d’une économie forte, » a-t-il poursuivi. « Certaines des entreprises les plus avancées dans le monde ont des activités dans le Néguev. Comment est-ce arrivé ? »

Netanyahu a continué en disant que les Juifs et les Arabes bénéficieraient de davantage d’investissements dans le Néguev.

« Je m’adresse aux citoyens bédouins : nous devons parvenir à une entente qui est juste pour les deux côtés. Dans tout accord il faut donner pour recevoir. Nous avons l’occasion de le faire. Nous sommes obligés de trouver une solution, tout comme vous le devez ».