Le conflit violent entre Israël et le Hamas pourrait facilement se déclencher à nouveau, met en garde mercredi l’envoyé de l’Union européenne en Israël. Il ajoute qu’un retour à la situation d’avant-guerre serait inacceptable.

« Nous avons le sentiment que si la situation n’est pas résolue, il y a un véritable potentiel de [reprise de la] violence », a expliqué l’ambassadeur Lars Faaborg-Andersen aux journalistes à Jérusalem. Il a ajouté que les Egyptiens étaient sur le point d’envoyer des invitations pour négocier un cessez-le-feu permanent à la mi-septembre.

L’UE et le gouvernement israélien s’accordent sur le fait qu’ « un retour au statu quo ante n’est vraiment pas une option lorsqu’il s’agit de Gaza », a-t-il affirmé.

« C’est pourquoi nous devons poursuivre le double objectif qui est, d’une part, la levée du siège de Gaza pour permettre la reconstruction de la région et de l’autre, un retour à une certaine normalité pour la population de là-bas, tout en prenant en compte les inquiétudes légitimes de sécurité d’Israël ».

Cela pourrait se faire en veillant à ce que les groupes terroristes tels que le Hamas de Gaza ne puissent pas se réarmer, a-t-il indiqué. Eventuellement, « l’objectif de désarmement » pourrait être atteint, a-t-il ajouté.

Les objectifs de réadaptation et de démilitarisation doivent être poursuivis « en parallèle et non l’un après l’autre », a déclaré Faaborg-Andersen.

La première étape est qu’Israël et les Palestiniens entament des négociations pour un cessez-le-feu à long terme au Caire, qui devraient avoir lieu « dès que possible », préconise-t-il. « Je crois comprendre que les hôtes égyptiens pourraient envoyer des invitations très rapidement ».

En plus des négociations sous médiation égyptienne, l’UE souhaite voir l’Autorité palestinienne revenir à Gaza « pour mener la reconstruction », a déclaré l’ambassadeur.

L’UE demeure résolue à aider à mettre en œuvre tout accord conclu par les parties. Cette aide pourrait se traduire par une gestion des frontières et la surveillance de l’importation et de l’exportation des biens de la bande de Gaza, ajoute-t-il.

Le représentant de l’UE en Cisjordanie et Gaza, John Gatt-Rutter, qui s’est rendu lundi à Gaza, a décrit aux journalistes israéliens le « grand niveau de désespoir et de découragement » qui règne là-bas. Les choses ayant peu changé, comparé à la situation avant l’opération Bordure protectrice, de nombreux habitants de Gaza craignent qu’un autre cycle de violence éclate sous peu, a-t-il noté.

« Les conditions sur le terrain d’avant la guerre sont les mêmes, malheureusement, que les conditions qui existent sur ​​le terrain aujourd’hui », a déclaré Gatt-Rutter.

« Les choses sont encore pire… Parce que très peu a été fait après la fin des hostilités, il y a un réel sentiment de désespoir ».

Les habitants de Gaza sont actuellement en colère contre toutes les parties – les Israéliens, l’Occident, l’Autorité palestinienne et le Hamas, indique Gatt-Rutter.

« Je ne pense pas avoir entendu de bonnes paroles au sujet de quiconque à Gaza en ce moment » a-t-il pointé.

« Il y a beaucoup de colère. Beaucoup de cette colère est dirigée vers les Palestiniens, je dois le dire. Je dois être honnête, une grande partie de cette colère est dirigée à l’encontre des Palestiniens, et je parle des Palestiniens en général ».