Si, comme cela semble très probablement être le cas, ce sont des terroristes juifs qui ont brûlé la maison de Dawabsha à Duma, tuant le petit Ali, âgé de 18 mois, et laissant le reste de sa famille au seuil de la mort, alors l’attaque place Israël à la croisée des chemins.

Peu de choses, dans cette région sanglante, disposent encore du pouvoir de choquer. Pas quand de larges foules en Iran demandent la Mort d’Israël et la Mort de l’Amérique, pas quand l’Etat islamique décapite ses adversaires.

Pas quand Israël est confronté à des décennies de guerre conventionnelle, de massaces terroristes et de tirs de barrages de roquettes continus.

Et pas quand nous avons connu des actes terribles de terrorisme juif, y compris le massacre par Baruch Goldstein de Palestiniens en prière à la Cave de Hébron des Patriarches en 1994, le meurtre l’été dernier du jeune de 16 ans de Jérusalem-Est Muhammed Abu Khdeir brûlé vif.

Mais s’il s’agit bien de terrorisme juif qui a frappé, et les graffiti en hébreu sur la scène de cet horrible crime semblent ne laisser que peu de place au doute, alors nous les Juifs israéliens avons certainement besoin d’être choqués.

Choqués par notre relative indifférence face à l’accumulation de crimes de haine, commis par des terroristes vengeurs pro implantations qui ne s’arrêtent évidemment devant rien et ne respectent aucune loi.

« Nous avons été laxistes pour traiter le terrorisme juif », a déclaré vendredi le président Reuven Rivlin, et il avait raison.

Des attaques, des crimes de hainte, des actes de terrorisme juif, appelez-les comme vous voudrez, les autorités d’Israël ont échoué à les empêcher, et ont largement échoué à appréhender ceux qui en étaient responsables.

Une condamnation à travers tout l’éventail politique n’est pas suffisante. Israël a besoin d’agir, d’attraper ceux qui ont lancé le cocktail Molotov sur la maison de la famille Dawabsha et les groupes qui ont commis des dizaines d’autres attaques, et travailler beaucoup plus dur pour empêcher de tels crimes à l’avenir.

La sécurité et le renseignement israélien ne sont pas parfaits. Regardez le fiasco total sur Yishai Schlisser qui avait attaqué des participants à la Gay Pride en 2005, a été libéré il y a trois semaines, exprimant clairement dans des entretiens et des déclarations qu’il était déterminé à répéter son crime, et il a pourtant été capable de le faire jeudi après-midi.

Mais l’accumulation de crimes de haine non résolus au fil des semaines, des mois et des années devant l’attaque de Dawabsha laisserait penser que le terrorisme juif n’a pas été la priorité absolue de milieu israélien de la sécurité. Cela doit le devenir. (La Deuxième chaîne israélienne a annoncé vendredi soir qu’il y a eu 15 attaques à la bombe incendiaire contre des foyers palestiniens en Cisjordanie depuis 2008 par des terroristes juifs présumés, aucun assaillant n’a été arrêté).

Pourtant, il est fondamental que le terrorisme juif soit traité à sa racine. Les esprits sont tellement empoisonnés, remplis d’arrogance, convaincus qu’il connaissent la volonté de Dieu, incités au meurtre. Cela nécessite une réponse dépassant la simple question du droit, une réponse de la part des dirigeants spirituels, des dirigeants éducatifs, dans le monde d’où ces extrémistes émergent.

Les extrémistes pervertissant le judaïsme, préférant la terre à la vie, choisissant le racisme, la haine et la violence, doivent être traités d’un point de vue pratique et idéologique.

A nouveau, une condamnation, même si elle est sincère, n’est tout simplement pas suffisante. La condamnation ne va pas empêcher la prochaine attaque. La condamnation ne va pas arrêter le développement d’un mode de pensée et d’action vicieux et intenable.

Il devrait être inutile de dire que le crime odieux qui s’est produit, s’il a bien été commis par des Juifs, nous entache tous. C’est une insulte à notre foi. Cela encourage aussi nos ennemis.

Cela dérange, embarasse et finit par éloigner nos amis. Cela fait du tort à nos liens historiques au foyer juif, à notre droit à nous épanouir comme un Etat juif qui se construit autour d’un judaïsme humain et méritant le respect et le soutien. Tout cela devrait être inutile à dire, mais visiblement, alors qu’Ali Dawabsha est enterré, et que les docteurs d’Israël essaient de sauver le reste de la famille, c’est vraiment nécessaire de le dire.

Nous devrions être choqués aujourd’hui par la dernière preuve écoeurant de la brutalité en nous.

Pourtant, alors que le choc se propage, nous ferions mieux de nous assurer que nous agissons pour empêcher ce type d’attaques et pire.

A son crédit, l’homme en charge de la Sécurité publique d’Israël, Gilad Erdan, a exprimé très clairement les choses vendredi. « Une nation dont les enfants ont été brûlés dans l’Holocauste a beaucoup de leçons à apprendre, », a déclaré le ministre vendredi matin alors qu’une majorité de notre nation était plongée dans la nausée et le désespoir en apprenant la nouvelle au réveil.

« Les signes indiquent que cette attaque a été menée par des Juifs. Une nation dont les enfants ont été brûlés dans l’Holocauste doit faire beaucoup d’introspection si elle a élevé des gens qui brûlent d’autres êtres humains ».

Mais pas seulement des leçons et de l’introspection. De l’action.