12 hommes arrêtés pour avoir partagé du contenu pornographique sur Telegram
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12 hommes arrêtés pour avoir partagé du contenu pornographique sur Telegram

La police suspecte les hommes d'avoir diffusé des photos et des vidéos de femmes nues, à leur insu et sans leur consentement

Illustration : l'application Telegram sur smartphone. (Crédit : AP)
Illustration : l'application Telegram sur smartphone. (Crédit : AP)

La police a arrêté mercredi une dizaine d’hommes suspectés d’avoir diffusé des photos et des vidéos de femmes nues sur une chaîne du réseau Telegram, à leur insu et sans leur consentement.

Les douze suspects, âgés de 17 à 30 ans, ont été arrêtés à leurs domiciles respectifs mercredi matin, après des mois d’enquête sous couverture menée par l’unité anti cyber-criminalité de l’unité Lahav 433, selon une déclaration de la police.

Les enquêteurs de Lahav ont fouillé les domiciles des suspects, saisi des ordinateurs et des téléphones dans le cadre de l’enquête.

Mercredi dans la journée, le tribunal de Tel Aviv a placé les 12 suspects en détention jusqu’à la fin des poursuites.

Selon les médias israéliens, les suspects étaient actifs sur plusieurs chaînes Telegram qui diffusent des photos et des vidéos d’Israéliennes nues. L’une des chaînes « Fabrication Bleu Blanc » compte plus de 16 000 membres, et a été jusqu’à partager l’identité des femmes. On ignore comment ils se sont procurés les photos et les vidéos.

Selon les médias, la police a commencé à enquêter sur les chaînes Telegram en juin, après que la Douzième chaîne a diffusé un reportage montrant qu’un nombre croissant de jeunes adolescentes israéliennes retrouvaient des photos et des vidéos d’elles dans les applications de messagerie.

L’application Telegram permet à ses utilisateurs de communiquer de manière anonyme. Les détectives ont rejoint les groupes et passé des mois à passer les messages au peigne fin pour trouver des indices et identifier les coupables.

En 2014, Israël a été le premier pays à interdire la diffusion de ce qui est communément appelé du « revenge porn », afin d’empêcher la diffusion de contenu pornographique sur internet.

La loi, qui cible les médias explicitement sexuels publiés sans le consentement de la personne ou à son insu, couvre également le contenu partagé sur les réseaux sociaux. Sous les termes de cette loi, les personnes reconnues coupables d’avoir diffusé ces images seront poursuivies comme délinquants sexuels, et risquent jusqu’à 5 ans de prison.

Yuval Gold victime de ‘revenge porn’, parle à la Treizième chaîne le 6 novembre 2019. (Crédit : capture d’écran Treizième chaîne)

Après les arrestations, une femme dont les photos privées ont été diffusés sur l’application de messagerie, a salué la police pour son enquête, mais a déclaré à la presse qu’il fallait en faire davantage pour endiguer ce phénomène.

« C’est une bonne chose de savoir que quelque chose est fait, après tout ce temps », a déclaré Yuval Gold. « J’espère [que les suspects] seront poursuivis, parce qu’ils le méritent et parce que la dissuasion est importante ».

« C’est [important] même pour ceux d’entre eux qui sont mineurs », a-t-elle ajouté, « parce que le suspect de 17 ans et tous les autres qui n’ont pas encore été interpellés invoquent le même mantra, qui justifie leurs
actions : c’est une traînée. »

Gold a ensuite encouragé les femmes qui découvrent des photos intimes d’elles en ligne à ne pas se sentir honteuse de cette situation.

« Ne craquez pas. Comprenez que vous n’êtes pas en cause. Les gens tenteront de vous accuser en vous demandant : ‘pourquoi avez-vous pris ces photos ?’ ou ‘pourquoi êtes vous habillée comme ça ?’ mais personne ne demande pourquoi ces gens les partagent. »

« Le fait que l’on soit accusés est tellement dramatique », a ajouté Gold.

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