Les 3 étapes indispensables pour faire face au terrorisme islamiste
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Opinion

Les 3 étapes indispensables pour faire face au terrorisme islamiste

La Ville des Lumières a été plongée dans le noir vendredi soir. Il est temps que le monde libre prenne les choses au sérieux et riposte

David est le fondateur et le rédacteur en chef du Times of Israel. Il était auparavant rédacteur en chef du Jerusalem Post et du Jerusalem Report. Il est l’auteur de « Un peu trop près de Dieu : les frissons et la panique d’une vie en Israël » (2000) et « Nature morte avec les poseurs de bombes : Israël à l’ère du terrorisme » (2004).

Une rose est posée dans un impact de balle dans la fenêtre d'un restaurant japonais à côté du café 'La Belle Equipe ", rue de Charonne, le 15 novembre 2015 à Paris, (Crédit : AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD)
Une rose est posée dans un impact de balle dans la fenêtre d'un restaurant japonais à côté du café 'La Belle Equipe ", rue de Charonne, le 15 novembre 2015 à Paris, (Crédit : AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD)

Organiser des manifestations en masse et jurer la main sur le coeur, le visage fermé et sévère, de lutter contre l’Etat islamique ne seront simplement pas suffisants.

Les groupes terroristes extrémistes islamiques et les Etats qui les parrainent cherchent à détruire la société. Cette société qui se veut ouverte, démocratique, égalitaire et occidentale se voit imposer leur version pervertie, austère et sanglante de l’islam.

Leur faire face ne sera évidemment pas simple. Et il s’avèrera impossible de le faire sans avoir véritablement au préalable intériorisé pour de bon la réalité de la menace.

Si l’Occident continue à se faire des illusions sur l’ampleur du défi, ceux qui jouissent du don divin de la vie se retrouveront de plus en plus contraints et terrifiés par ceux qui affirment avoir un impératif à tuer et à être tué au nom de Dieu.

La lutte pour le maintien des libertés fondamentales occidentales implique un processus en trois étapes.

Tout d’abord, nommer et reconnaître l’ennemi

Les tueurs qui ont frappé à Paris – comme ceux qui ont abattu un avion civil russe dans le Sinaï et qui ont mené les attentats suicides à Beyrouth la semaine dernière et qui ont frappé à Charlie Hebdo et à l’Hyper Cacher en janvier, et à Londres le 7 juillet 2005, et le 11 septembre 2001 à New York, et qui ont fait sauter le centre communautaire juif AMIA à Buenos Aires en 1994, et, oui, ceux qui ont tué des centaines d’Israéliens dans des attentats-suicides pendant la deuxième Intifada, et ainsi de suite à travers une interminable liste d’attentats commis à travers le monde – ne sont pas de vagues « militants ». Mais plutôt des extrémistes islamistes, des partisans de cette idéologie toxique qui consiste à tuer-et-être-tué.

Et leurs actions ne relèvent pas de la simple « violence » mais du terrorisme – tuer pour terroriser, afin d’affaiblir et intimider leur opposition, pour finalement mieux imposer cette idéologie vorace.

Deuxièmement, se défendre plus efficacement contre le terrorisme islamiste

Certains dirigeants ne cessent de parler d’un bon combat mais en réalité ils ne mènent pas un bon combat. Un bon combat signifie une action concertée et menée sans relâche pour rendre plus difficile le meurtre d’innocents par ces terroristes islamistes.

Cela signifie une meilleure sécurité dans des endroits où les gens se rassemblent en grand nombre – comme en Israël. (Non, les kamikazes ne devraient pas être en mesure d’entrer dans des salles de concert bondées.)

Cela signifie l’allocation de davantage de ressources pour les renseignements et de la coopération constante entre les agences internationales, pour identifier les tueurs potentiels et repérer les plans des terroristes encore en phase de projet.

Cela signifie une surveillance efficace.

Cela signifie des arrestations préventives.

Avec la plupart de chacune de ces récentes attaques meurtrières menées en Europe, on se rend compte par la suite que tel ou tel tueur était inscrit sur une « liste de surveillance » des renseignements. Ils n’étaient visiblement pas suffisamment et ni attentivement surveillés.

À un niveau stratégique plus profond, cela signifie un combat beaucoup plus ferme et résolu contre les groupes terroristes et les Etats commanditaires sur leur territoire et un soutien efficace pour les gens dans notre partie du monde qui cherchent à se lever contre les oppresseurs extrémistes et leurs dirigeants. Comparez la Syrie, l’Iran et l’Egypte, par exemple.

Au début du soulèvement contre Bachar al-Assad en Syrie, il y avait une opposition laïque, relativement modérée. Mais le monde occidental n’a pas fait grand chose pour lui en venir en aide et avec le temps, elle a été marginalisée par les groupes meurtriers islamiques extrémistes, et la Syrie est devenue un champ de bataille face auquel l’Occident est resté impuissant.

Le président syrien Bashar el-Assad visite les quartiers de Daraya le 1er août 2013 (Crédit : présidence syrienne / Instagram)
Le président syrien Bashar el-Assad visite les quartiers de Daraya le 1er août 2013 (Crédit : présidence syrienne / Instagram)

Paniqué à l’idée de se laisser entraîner dans une autre guerre, le Parlement du Royaume-Uni d’abord, puis ensuite le président américain ont décidé qu’ils pourraient même laisser Assad gazer son propre peuple sans payer les conséquences de ses actes. Pas étonnant que des millions de Syriens fuient désormais – en essayant d’atteindre l’Occident, avec un nombre indéterminé de tueurs islamistes parmi eux.

Plutôt que de faire face au parrain principal du monde du terrorisme – l’Iran, – les puissances du monde, cet été, ont légitimé le programme nucléaire des ayatollahs, et ont ouvert la voie à un afflux massif de fonds que Téhéran utilise déjà pour attiser plus de troubles au Moyen-Orient et plus de terrorisme à travers le monde entier. Des dirigeants occidentaux se bousculent, en emmenant avec eux des chefs d’entreprises, pour arracher des contrats et gagner un marché de 80 millions d’habitants.

En 2009, lorsque le peuple d’Iran a cherché à renverser les mollahs, l’Occident a choisi de ne pas lever le petit doigt. Maintenant, le régime a été investi de pouvoir – à un coût terrible pour la population de l’Iran et bien au-delà.

À l’heure actuelle, en Egypte, le président Abdel-Fattah el-Sissi, exhorte publiquement au progrès de l’islam modéré, mettant en garde que sa religion est dorénavant perçue à l’échelle mondiale comme une foi principalement intéressée par le meurtre.

Le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi, le 4 mai 2014 (Crédit : AFP / STR)
Le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi, le 4 mai 2014 (Crédit : AFP / STR)

Sissi est arrivé au pouvoir avec de la violence, en évinçant un président démocratiquement élu. Mais les Frères musulmans n’auraient jamais tenu une autre élection démocratique, et Sissi a essayé d’éviter la descente aux enfers dans l’extrémisme islamique de son pays.

Plutôt que de chercher à créer les conditions dans lesquelles il pourrait aider à guérir l’économie égyptienne et permettre à l’Égypte de nourrir et d’employer ses 80 millions d’habitants, une grande partie de l’Occident – surtout avec l’insistance des Etats-Unis – semble se contenter de rester à l’écart.

Le coût pour aider Sissi à mener son pays vers une transition constructive sera éclipsé par le coût de l’Egypte qu’elle paye pour combattre l’extrémisme islamique.

Le désir de l’Occident d’éviter d’être entraîné dans de nouvelles guerres dans notre partie du monde est compréhensible.

Israël – honteusement martyrisé et diabolisé internationalement pendant qu’il se bat contre le Hamas, le Jihad islamique, le Hezbollah et d’autres pourvoyeurs de la terreur islamique extrémiste – partage profondément le désir d’éviter de nouveaux conflits. Mais les dirigeants extrémistes islamiques ne pourront pas être convaincus de se voir compromettre en négociant. On doit leur faire face.

Et c’est seulement si on les affronte, qu’il y aura un espoir que les nouvelles générations puissent grandir dans un climat fonctionnel, avec devant eux l’horizon d’un peu de perspectives pour recevoir une éducation décente, pour vivre des opportunités et pour mener une vie digne, les rendant ainsi moins vulnérables devant les recruteurs islamistes.

Les extrémistes lavent le cerveau d’un trop grand nombre d’enfants de l’islam, les courtisant avec un culte de la mort. Ceux qui apprécient la vie doivent les courtiser avant.

Essayant de garder le Moyen-Orient à bout de bras, l’Europe a maintenant les éléments les plus extrêmes de la région qui ouvrent le feu dans ses musées et ses bureaux de presse, dans ses restaurants et dans ses salles de concerts.

Troisièmement, prévenir le recrutement de nouvelles vagues de terroristes islamistes

Les tueurs islamistes ne sont pas nés tueurs islamistes. Ils sont (mal) éduqués, endoctrinés. Remplis de haine et de fausse prophétie, ils ont reçu de fausses idées par les parents et les enseignants, les hommes politiques et les chefs spirituels, les livres et les sites Web, les médias traditionnels et les médias sociaux.

Le long processus pour inverser le flot de haine nécessite une coopération internationale qui tend vers un changement de base.

Cela nécessite de financer les établissements scolaires, les sites Web et les médias modérés et de fermer ceux qui colportent l’extrémisme. Il faut aider les chefs spirituels modérés à acquérir une plus grande résonance et une plus grande proéminence et poursuivre ceux qui prêchent l’assassinat.

Un ami m’a dit une fois quand je n’étais encore qu’un jeune père que je devais laver le cerveau de mes enfants, parce que sinon, d’autres personnes le feraient à ma place. Eh bien, les extrémistes lavent le cerveau d’un trop grand nombre d’enfants de l’islam, les courtisant avec un culte de la mort. Ceux qui apprécient la vie doivent les courtiser avant.

La maire de Paris Anne Hidalgo, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le président malien Ibrahim Boubacar Keita, le président français François Hollande, la chancelière allemande Angela Merkel, le président de l'Union européenne Donald Tusk, le président palestinien Mahmoud Abbas, la reine de Jordanie Rania, le roi de Jordanie Abdullah II, la présidente suisse Simonetta Sommaruga, le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu et le président ukrainien Petro Poroshenko (Crédit ERIC FEFERBERG/AFP)
La maire de Paris Anne Hidalgo, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le président malien Ibrahim Boubacar Keita, le président français François Hollande, la chancelière allemande Angela Merkel, le président de l’Union européenne Donald Tusk, le président palestinien Mahmoud Abbas, la reine de Jordanie Rania, le roi de Jordanie Abdullah II, la présidente suisse Simonetta Sommaruga, le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu et le président ukrainien Petro Poroshenko (Crédit ERIC FEFERBERG/AFP)

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Les fusils et Les explosifs ne sont pas difficiles à trouver, même dans les pays occidentaux bien policés. L’idéologie islamiste toxique qui encourage ses partisans à tuer et à être tué au nom d’Allah crache son venin à partir d’innombrables sites web et de médias sociaux et toujours avec plus de sophistication.

Il y a de toute évidence aucune pénurie de partisans haineux, certains d’entre eux reviennent en Occident des champs de bataille du Moyen-Orient, prêts à agir en se fondant sur l’idéologie islamiste pervertie.

Et donc, au milieu de tous les vœux désormais familiers des dirigeants occidentaux pour riposter efficacement contre le terrorisme islamiste, la triste vérité est que l’Occident va être frappé encore et encore et encore par des actes de mal indicibles comme celui qui s’est abattu sur Paris, vendredi, à moins qu’ils n’adoptent une approche beaucoup plus sérieuse, et beaucoup plus stratégique pour lutter contre le terrorisme islamiste.

Sur la rue de Charonne à Paris, quelques instants après que des hommes armés islamistes aient ouvert le feu vendredi soir, un témoin oculaire, Sebastian Jagreau a déclaré à l’Associated Press qu’il a vu une femme s’effondrée sur sa table.

« Je pensais qu’elle avait une bosse, mais ensuite on a compris qu’elle avait une balle dans la tête, et non une bosse. Elle était étendue sur la table avec sa bière à côté d’elle », a-t-il dit. « Puis je vois un gars qui pleurait parce que sa femme était morte ».

Une scène de rue de celle qui était connue pour être « La Ville des Lumières ». Si nous voulons éviter un monde plongé pour toujours dans la plus profonde obscurité du terrorisme islamiste, cette période serait particulièrement adéquate pour lancer une contre-attaque stratégique.

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