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5 ans de prison pour celui qui avait vendu à leur insu des photos intimes de femmes

Idan Mikhailov, 22 ans, a été condamné à la peine la plus lourde ; utilisant les chaînes payantes de Telegram, il publiait identité et coordonnées de ses victimes, dont 30 mineures

Idan Mikhailov, reconnu coupable d'avoir distribué des images et des vidéos à caractère sexuel de plus de 130 femmes, dont 30 mineures, sur des chaînes Telegram payantes qu'il gérait, arrive pour une audience au tribunal de Beer Sheva, le 7 septembre 2022. (Crédit : Flash90)
Idan Mikhailov, reconnu coupable d'avoir distribué des images et des vidéos à caractère sexuel de plus de 130 femmes, dont 30 mineures, sur des chaînes Telegram payantes qu'il gérait, arrive pour une audience au tribunal de Beer Sheva, le 7 septembre 2022. (Crédit : Flash90)

Un tribunal israélien a prononcé mercredi la peine la plus sévère jamais infligée dans le pays pour le commerce d’images et de vidéos intimes en ligne, infligeant une peine de cinq ans de prison à un homme qui avait publié des séquences à caractère sexuel concernant plus de 130 femmes et jeunes filles israéliennes et qui avait en outre communiqué leurs données personnelles.

Le tribunal de première instance de Beer Sheva a condamné Idan Mikhailov, 22 ans, originaire de la ville d’Ofakim, dans le sud du pays, dans le cadre d’une négociation de peine dans lequel il a reconnu avoir harcelé sexuellement et porté atteinte à la vie privée de ses victimes, dont 30 étaient des mineures.

Mikhailov gérait plusieurs chaînes sur l’application de réseaux sociaux Telegram, recevant des paiements de milliers de clients pour les photos et vidéos intimes qu’il proposait, sans autorisation et à l’insu des victimes.

D’après la condamnation, les victimes étaient au nombre de 133 et leur âge variait entre 14 et 30 ans. 30 parmi elles étaient âgées de 14 à 18 ans au moment où l’acte d’accusation a été émis.

Selon l’acte d’accusation, les chaînes exploitées par Mikhailov comptaient quelque 2 900 abonnés. Il précise que Mikhailov faisait de la publicité pour ses chaînes en affirmant que le contenu qu’il publiait était exclusif, et qu’il mettait des liens vers les pages personnelles de ses victimes sur les réseaux sociaux avec leurs coordonnées personnelles pour prouver qu’elles étaient israéliennes, permettant ainsi aux utilisateurs de contacter et de harceler sexuellement les femmes et les jeunes filles.

Outre la peine de cinq ans de prison, la juge Anat Hulata a ordonné à Mikhailov d’indemniser ses victimes à hauteur de 3 000 à 7 000 shekels chacune.

« Les actions de l’accusé ont entraîné l’objectivation de ces femmes et elles ont fait commerce de leur sexualité », a écrit Hulata dans son jugement. « Ces actions ont contribué à la contamination du cyberespace qui est devenu dangereux pour les plaignantes comme pour les utilisateurs innocents qui sont tombés sur ces contenus ».

Notant que l’anonymat offert par des plateformes telles que Telegram rend ces crimes « difficiles à découvrir et faciles à commettre », Hulata a déclaré que « ces plateformes permettent – même à ceux qui n’oseraient pas commettre ces crimes en dehors du domains virtuel – de franchir les limites. »

Elle a déclaré que la publication de ce type de matériel en ligne est irréversible, et que cela avait provoqué chez certaines des victimes une dépression et des difficultés à vivre normalement et à trouver un emploi. « Certaines ont arrêté ou sérieusement restreint leur utilisation de l’internet », a-t-elle dit.

Hulata a pris en considération le jeune âge de Mikhailov, son absence de casier judiciaire et ses aveux, qui ont évité aux victimes de devoir témoigner. Cependant, elle a également noté son manque d’empathie envers ses victimes.

Capture d’écran d’une vidéo de la police israélienne montrant des images et des vidéos de centaines de femmes et de mineurs nus qui auraient été échangés par un suspect sur l’application Telegram à leur insu, octobre 2021. (Crédit : Police israélienne)

Mikhailov a été arrêté en octobre 2021 et il est en détention depuis lors. L’acte d’accusation initial faisait état de quelque 170 victimes, mais ce nombre a été réduit suite à la négociation de peine.

Jusqu’à présent, la plus longue peine d’emprisonnement pour des délits similaires en Israël était de quatre ans et deux mois.

Les procureurs Itai Gohar et Inbal Klein ont déclaré que « le tribunal a soutenu les victimes et envoyé un message clair à ceux qui pensent qu’il s’agit d’une activité criminelle négligeable passible d’une faible peine. »

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