80 % des demandes des grévistes de la faim ont été acceptées, selon les Palestiniens
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80 % des demandes des grévistes de la faim ont été acceptées, selon les Palestiniens

Un porte-parole des prisonniers affirme qu’ils ont obtenu une “transformation fondamentale des conditions de vie” ; Israël dément tout accord

Des Palestiniens célèbrent la fin de la grève de la faim des prisonniers sécuritaires à Ramallah, en Cisjordanie, le 27 mai 2017. (Crédit : Flash90)
Des Palestiniens célèbrent la fin de la grève de la faim des prisonniers sécuritaires à Ramallah, en Cisjordanie, le 27 mai 2017. (Crédit : Flash90)

Au lendemain de la fin de la grève de la faim de 40 jours des prisonniers sécuritaires palestiniens, des responsables palestiniens ont affirmé dimanche qu’Israël avait accepté 80 % des demandes des prisonniers, entraînant ainsi « une transformation fondamentale des termes des conditions de vie des prisonniers. »

Au contraire, Israël affirme n’avoir ni négocié avec les Palestiniens, ni accepté une seule de leurs demandes.

Israéliens et Palestiniens ont annoncé la fin de la grève samedi matin, en n’étant d’accord uniquement sur le fait que la grève était terminée et que les prisonniers auraient droit à une visite familiale supplémentaire par mois – une demande qui n’a rien à voir avec Israël, puisque ces visites sont organisées par la Croix Rouge.

Après cela, les narratifs divergent fortement.

Israël dit n’avoir parlé qu’avec la Croix Rouge et n’avoir jamais négocié avec Marwan Barghouthi, meneur de la grève et terroriste condamné à cinq peines de prison à perpétuité pour le meurtre de civils israéliens pendant la seconde Intifada.

Les Palestiniens affirment qu’Israël a négocié directement avec Barghouthi pendant des discussions marathon de plus de 20h00, qui se sont terminées samedi à 4h00 du matin.

Fadwa Barghouthi, au centre, l'épouse de Marwan Barghouthi, terroriste et meneur de la grève de la faim, fête avec d'autres Palestiniennes l'arrêt de la grève de la faim des prisonniers palestiniens à Ramallah, en Cisjordanie;, le 27 mai 2017. (Crédit : Flash90)
Fadwa Barghouthi, au centre, l’épouse de Marwan Barghouthi, terroriste et meneur de la grève de la faim, fête avec d’autres Palestiniennes l’arrêt de la grève de la faim des prisonniers palestiniens à Ramallah, en Cisjordanie;, le 27 mai 2017. (Crédit : Flash90)

Dimanche, Issa Qaraqe, qui dirige le Comité palestinien des Affaires des prisonniers, a déclaré dans un communiqué qu’Israël avait également accepté toute une série des demandes des prisonniers, ce que le service des prisons d’Israël continue à démentir.

Qaraqe a déclaré que les prisonniers palestiniens auraient le droit d’appeler plus souvent leurs familles, de recevoir des visites plus fréquentes de leur famille à Gaza, que les familles en visite pourraient apporter des vêtements et des bonbons aux prisonniers et que les membres plus éloignés auraient également un droit de visite, a indiqué l’agence de presse palestinienne Maan.

Israël devrait également lever, toujours selon Qaraqe, une interdiction sécuritaire de visite sur des centaines de membres des familles des prisonniers, dont 140 enfants, qui n’avaient pas pu venir en visite.

Selon Qaraqe, Israël a accepté de placer toutes les prisonnières dans la même prison d’Hasharon, et de leur accorder de meilleures conditions de détention. Les mineurs emprisonnés auront accès à l’éducation. Les conditions générales d’améliorations des prisons, bondées, seront négociées. Et les prisonniers seront rapprochés de leur famille, a indiqué Maan.

Issa Qaraqe, ministre de l'Autorité palestinienne, pendant une conférence de presse sur la grève de la faim des prisonniers palestiniens à Ramallah, en Cisjordanie, le 19 avril 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)
Issa Qaraqe, ministre de l’Autorité palestinienne, pendant une conférence de presse sur la grève de la faim des prisonniers palestiniens à Ramallah, en Cisjordanie, le 19 avril 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Un porte-parole du service des prisons d’Israël a démenti toute concession pendant la grève de la faim des prisonniers.

« Contrairement aux informations transmises par Issa Qaraqe, aucun bénéfice n’a été accordé aux prisonniers de sécurité nationale en échange de l’arrêt de la grève de la faim, et il n’y a pas eu de négociations sur ce sujet », a dit un porte-parole à Maan.

Il a ajouté que l’arrêt de la grève « a été rendu possible parce que l’Autorité palestinienne a accepté de financer une seconde visite, au lieu de la Croix Rouge, qui, jusqu’il y a quelques mois encore, était l’organisme de financement. »

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