A Addis Abeba, Abbas presse les Etats africains de soutenir les Palestiniens
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A Addis Abeba, Abbas presse les Etats africains de soutenir les Palestiniens

Le président de l'AP a aussi évoqué le rejet des Palestiniens de l'intervention américaine au Venezuela et le boycott de la conférence organisée par les Américains en Pologne

Le président de l'Autorité palestinienne  Mahmoud Abbas pendant le 32ème sommet de l'Union africaine à Addis Abeba le 10 février 2019 (Crédit :SIMON MAINA / AFP)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant le 32ème sommet de l'Union africaine à Addis Abeba le 10 février 2019 (Crédit :SIMON MAINA / AFP)

Le président de l’Autorité palestinienne a vivement recommandé dimanche aux Etats africains de continuer à soutenir les Palestiniens.

Abbas a tenu ces propos lors d’une courte allocution prononcée lors d’une rencontre de l’Union africaine à Addis Abeba, dans un contexte d’expansion récente des relations entre Israël et certaines nations africaines.

« Les Etats d’Afrique et leur Union vénérable étaient – et sont encore – nos soutiens et nos partenaires », a-t-il dit. « Nous espérons que notre partenariat continuera à prospérer. Dans notre combat pour la libération et l’indépendance, aujourd’hui, nous espérons que vous continuerez à vous en ternir fermement à vos positions ».

Le président de l’AP n’a fait aucune mention explicite du récent développement des liens entre l’Etat juif et certains Etats africains.

Au cours des deux dernières années, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est rendu en Afrique à diverses reprises, au Kenya, au Rwanda, en Ethiopie, en Ouganda, au Liberia et au Tchad.

Au mois de juillet, Israël et le Tchad, un pays à majorité musulmane, ont rétabli des relations diplomatiques plus de 45 ans après leur rupture.

Netanyahu a qualifié la restauration des liens entre les deux pays de « percée au cœur du monde musulman ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président du Tchad Idriss Déby au palais présidentiel de N’Djamena, au Tchad, le 20 janvier 2018 (Crédit : Kobi Gideo/GPO)

Abbas a ajouté que les Palestiniens se tournaient vers les pays africains pour obtenir « un soutien supplémentaire à la question palestinienne dans la période qui arrive, afin que l’État de Palestine puisse adhérer pleinement aux Nations unies ».

Les responsables palestiniens de Ramallah ont récemment indiqué que « l’Etat de Palestine » réclamerait de devenir membre plein et entier des Nations unies, sans préciser pour autant la date choisie pour lancer officiellement l’initiative.

Une tentative palestinienne d’adhérer pleinement à l’ONU ne réussira probablement pas – les Etats-Unis utiliseront presque certainement leur veto face à une éventuelle résolution dans ce sens.

Dans son discours, Abbas a également noté que les Palestiniens « rejettent l’intervention américaine dans les affaires des pays, comme cela arrive actuellement au Venezuela. »

S’opposant à la gouvernance du président vénézuélien Nicolas Maduro, le président américain Donald Trump a en effet reconnu, à la fin du mois dernier, l’un des leaders de l’opposition dans le pays, Juan Guaido, comme chef de l’Etat de cette nation d’Amérique latine. Guaido venait de se déclarer président par intérim.

Le chef de l’AP a aussi appelé les Etats africains à « soutenir l’idée d’une conférence internationale de paix israélo-palestinienne et à y participer ».

Peu de temps après la reconnaissance par Trump de Jérusalem en tant que capitale d’Israël, en décembre 2017, et le début du transfert de l’ambassade américaine dans l’Etat juif dans la ville sainte, Abbas avait demandé à ce qu’une conférence internationale permettant d’établir un mécanisme multilatéral pour le processus de paix soit organisée, une demande qu’il n’a cessé de répéter depuis.

Il a également fait savoir que les Palestiniens ne travailleraient plus dans le cadre d’un processus de paix sous l’égide des Américains.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à droite, et la Première ministre norvégienne, Erna Solberg à Addis Abeba, le 10 février 2019 (Crédit : Wafa)

Avant son discours, dimanche, Abbas a rencontré le président tunisien Beji Caid Essebsi et la Première ministre norvégienne Erna Solberg.

Il s’est entretenu avec Solberg au sujet du boycott par Ramallah d’une conférence sur le Moyen-Orient dirigée par les Etats-Unis qui aura lieu en Pologne à la fin de la semaine, a fait savoir l’agence de presse officielle de l’AP, Wafa.

Au cours du week-end, Hussein al-Sheikh, haut-responsable du Fatah et confident d’Abbas, avait écrit sur Twitter que les Palestiniens n’assisteraient pas au sommet organisé à Varsovie.

Annonçant la tenue de cette conférence au début du mois de janvier, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo avait déclaré qu’elle serait majoritairement consacrée à l’Iran. La communauté internationale avait réagi fraîchement, et un responsable américain qui s’est exprimé anonymement a récemment insisté sur le fait qu’elle se pencherait sur des questions variées liées à la « sécurité et à la prospérité » au Moyen-Orient en général – plutôt que d’individualiser la question iranienne.

De hauts-responsables de la Maison Blanche et Netanyahu doivent assister à ce sommet.

A la fin de la semaine dernière, le ministère des Affaires étrangères de l’AP a évoqué la conférence en la qualifiant de « conspiration américaine ayant pour objectif de faire adopter aux participants les points de vue américains sur les problèmes de la région, et en particulier sur la question de la Palestine ».

Les Palestiniens refusent de rencontrer des responsables de la Maison Blanche depuis plus d’un an.

L’AFP a contribué à cet article.

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