A Jérusalem, Michele Bachmann s’excuse pour des propos « ignorants » sur les Juifs
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A Jérusalem, Michele Bachmann s’excuse pour des propos « ignorants » sur les Juifs

L'ancienne candidate à la présidentielle américaine s'est rendue à la Knesset et a expliqué être désolée pour des déclarations passées qui ont "fait souffrir"

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

L'ancienne membre du congrès américain Michele Bachmann, représentante du Minnesota, à la Knesset, le 13 mai 2018 (Crédit : Times of Israel)
L'ancienne membre du congrès américain Michele Bachmann, représentante du Minnesota, à la Knesset, le 13 mai 2018 (Crédit : Times of Israel)

L’ancienne candidate à la présidence américaine Michele Bachmann qui, en 2015, avait semblé appeler à intensifier les efforts visant à convertir les Juifs au christianisme, a présenté dimanche ses excuses pour ses propos « ignorants » passés.

Prenant la parole lors d’une étude interconfessionnelle de la bible à la Knesset, organisée par le député du Likud Yehudah Glick et l’organisation Israel365, l’ancienne membre du Congrès originaire du Minnesota s’est exprimée de manière générale et s’est refusée à reconnaître directement les propos pour lesquels elle s’excusait.

« Personnellement, je sais que dans l’ignorance… Moi-même, j’ai dit des choses que je ne devrais pas avoir dites et je demande profondément pardon, je me repens et je demande le pardon de Dieu tout-Puissant pour des paroles qui, même s’ils ont été dites par ignorance, ont fait souffrir », a-t-elle déclaré.

Bachmann, qui s’était présentée à l’investiture républicaine pour les présidentielles en 2012, a également demandé pardon pour la « manière horrible et oui, je voudrais le dire, arrogante dont les chrétiens – et je m’inclus parmi eux – ont traité et considéré les Juifs » à travers l’histoire.

Suite à une visite en Israël effectuée en 2015, Bachmann avait déclaré à une radio de droite qu’une intensification des violences dans la région était un signe du retour de Jésus, ce qui exigeait des conversions de masse.

« Nous reconnaissons la brièveté de l’heure », avait indiqué Bachmann à Washington Watch, « et c’est pour cela que nous voulons rester dans la foi aujourd’hui et faire ce que le saint-esprit dit à chacun d’entre nous, de nous montrer fidèles au royaume et d’aider à faire en sorte de faire venir vers nous le plus grand nombre possible – même parmi les Juifs. Et partager Jésus christ avec tous ceux qu’il nous sera possible de faire venir à nous parce qu’une fois encore, il reviendra bientôt ».

En 2016, Bachmann avait également accusé les organisations juives américaines d’avoir « vendu Israël » en soutenant l’accord sur le nucléaire iranien.

Alors qu’il lui était demandé dimanche, à l’issue de la session de la Knesset, si ses excuses se référaient à ses propos sur la conversion et si elle retirait ses déclarations, Bachmann a regimbé, disant seulement que « ma déclaration d’excuses parle d’elle-même ».

« C’est une journée de joie et une journée de reconnaissance et nous devons placer le passé dans le passé et avancer vers l’avant, et il faut parfois reconnaître et assumer la responsabilité de nos actions. C’est ce que je fais », a-t-elle ajouté.

« Je suis venue ici comme un être imparfait, je ne suis pas une personne parfaite. Je suis venue ici comme un être pardonné par le dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, et pour cela, je tente d’avancer dans cette humilité de reconnaître que des choses que j’ai faites ou que j’ai dites n’ont pas toujours été justes », a poursuivi Bachmann, dont c’est la vingtième visite en Israël.

Glick a indiqué au Times of Israel qu’il ne savait pas très exactement quels avaient été ses propos dans le passé.

« Je ne sais pas exactement ce à quoi elle se référait », a dit Glick. « Je tente d’oublier le mauvais. Je m’efforce de ne me souvenir que du bon ».

La session d’étude de la bible à la Knesset a coïncidé avec la Journée de Jérusalem, qui marque le 51ème anniversaire de la reprise de contrôle par l’Etat juif de la Vieille Ville et qui a été célébrée la veille de l’inauguration de la nouvelle ambassade américaine, transférée à Jérusalem depuis Tel Aviv.

Ponctuée « d’Amen » fervents, des cris enthousiastes « d’Alleluia » et de murmures d’accord emphatiques, la session interconfessionnelle, au cours de laquelle des études de textes sur Jérusalem ont été dirigées par Glick et plusieurs rabbins et spécialistes juifs, a drainé environ 120 participants, majoritairement des Américains, notamment l’ancien joueur de basket professionnel Michael Redd.

Egalement dans le public, le pasteur Pastor Jim Garlow de la Skyline Church de La Mesa, en Californie, membre du conseil consultatif religieux préélectoral du président américain Donald Trump qui a évoqué le transfert de l’ambassade.

« Nous pensons qu’il s’agissait d’une forme subtile d’antisémitisme de ne pas laisser cette nation – l’une des deux cents nations sur terre – choisir sa propre capitale », a déclaré Garlow aux journalistes après la rencontre.

Ivanka Trump, la fille du président, et son époux Jared Kushner font partie de la délégation de 250 personnes venue des Etats-Unis qui assisteront à la cérémonie d’inauguration officielle de l’ambassade située dans le quartier Arnona de Jérusalem, lundi.

La délégation américaine sera placée par le secrétaire au Trésor Steve Mnuchin, et comprendra environ 40 députés. Les sénateurs républicains Ted Cruz et Lindsay Graham devraient venir comme l’envoyé au Moyen-Orient de Trump Jason Greenblatt. Le groupe devrait également inclure des leaders juifs et les chefs d’organisations chrétiennes pro-israéliennes.

L’équipe du Times of Israel et JTA ont contribué à cet article.

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