A Washington, Bennett en quête d’un nouveau départ pour les liens Israël-USA
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A Washington, Bennett en quête d’un nouveau départ pour les liens Israël-USA

Pour sa première visite d'Etat depuis sa prise de fonction en juin, le Premier ministre doit renouer avec le camp démocrate des liens qui s'étaient distendus sous son prédécesseur

Le Premier ministre Naftali Bennett (à gauche) et le président américain Joe Biden. (Combinaison d'image : AP, Flash90)
Le Premier ministre Naftali Bennett (à gauche) et le président américain Joe Biden. (Combinaison d'image : AP, Flash90)

Attendu mardi à Washington où il doit s’entretenir avec le président Joe Biden, le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, entend donner un nouvel élan aux relations avec les Etats-Unis, grand allié de l’Etat hébreu.

Pour sa première visite d’Etat depuis sa prise de fonction en juin, M. Bennett doit renouer avec le camp démocrate au pouvoir à Washington des liens qui s’étaient distendus sous son prédécesseur, Benjamin Netanyahu, ouvertement aligné avec les républicains.

M. Netanyahu avait affiché un soutien indéfectible à l’ex-président Donald Trump et sans cesse critiqué l’accord sur le nucléaire iranien, négocié par l’administration Obama lorsque M. Biden était vice-président.

L’heure est donc à un « rafraîchissement et une remise à zéro » des relations bilatérales, indiqué à l’AFP Scott Lasensky, ancien conseiller de Barack Obama.

En juin, lorsqu’il a rencontré son homologue Antony Blinken, le chef de la diplomatie israélienne, Yaïr Lapid, avait estimé que « des erreurs avaient été commises ces dernières années » et que « la position bipartisane d’Israël avait été mise à mal ». « Nous corrigerons ces erreurs ensemble », avait-il assuré.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken (au centre) accueille le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid avant leur rencontre à Rome, le 27 juin 2021. (Andrew Harnik / Pool / AFP)

Mais certaines questions comme l’Iran restent des sujets de discorde entre les deux pays.

Point d’interrogation

« Je dirai au président Biden qu’il est temps d’arrêter les Iraniens, (…) de ne pas leur lancer une bouée de sauvetage en réintégrant un accord dépassé sur le nucléaire », a affirmé dimanche M. Bennett, alors que les grandes puissances discutent avec l’Iran pour tenter de sauver ce pacte conclu à Vienne en 2015.

L’accord, censé encadrer le programme nucléaire iranien, est moribond depuis le retrait unilatéral en 2018 des Etats-Unis qui ont rétabli de sévères sanctions visant Téhéran. En représailles, l’Iran s’est affranchi de la plupart de ses engagements clés pris à Vienne.

Le pacte, auquel sont toujours parties le Royaume-Uni, la Chine, la France, l’Allemagne et la Russie, « n’est plus pertinent », estime M. Bennett.

« Nous présenterons (à Washington) un plan ordonné que nous avons préparé ces deux derniers mois pour freiner les Iraniens », a-t-il ajouté, sans épiloguer.

« Nous sommes en train d’apporter un nouvel esprit de coopération avec nous », a déclaré Bennett avant de monter dans l’avion, faisant référence aux nouveaux gouvernements en Israël et aux États-Unis. « Je ne doute pas que ce nouvel esprit de coopération a contribué, et continuera de contribuer, à la sécurité d’Israël. »

Bennett a encore une fois rappelé depuis le tarmac mardi que lui et le président américain Joe Biden discuteront du programme nucléaire iranien, en particulier des progrès réalisés ces dernières années.

« Nous planifierons comment bloquer le programme nucléaire iranien », a-t-il dit, ajoutant que lui et Biden discuteront également de plusieurs initiatives qui aideront Israël à maintenir son avantage militaire qualitatif (QME). Le commerce, l’innovation technologique et la pandémie de COVID-19 seront aussi au menu des discussions, a-t-il précisé.

« La question iranienne sera en tête de l’ordre du jour » de la rencontre Bennett-Biden, estime Or Rabinowitz, experte sur la prolifération nucléaire et les relations israélo-américaines à l’Université hébraïque de Jérusalem.

« Israël veut établir un nouveau cadre » avec les Etats-Unis et s’accorder sur ce qui constituerait une « ligne rouge » s’agissant des activités de Téhéran, affirme-t-elle.

Pour l’heure à Washington, le retour à l’accord sur le nucléaire « n’est qu’un gros point d’interrogation », a récemment résumé l’émissaire américain pour l’Iran, Robert Malley, au média Politico, alors que les pourparlers pour tenter de relancer le pacte semblent dans l’impasse depuis la fin juin.

Le gouverneur de l’Iran auprès de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Kazem Gharib Abadi, l’adjoint politique du ministère iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, et le secrétaire général adjoint et directeur politique du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), Enrique Mora, devant le Grand Hotel Vienna, où se déroulent les négociations nucléaires à huis clos, à Vienne, en Autriche, le 2 juin 2021. (AP Photo/Lisa Leutner)

Mais le nouveau président iranien, l’ultra-conservateur Ebrahim Raïssi, s’est dit ouvert à « tout plan diplomatique » pour une levée des sanctions imposées à son pays, prévenant néanmoins qu’il ne céderait pas devant une « politique de pression et de sanctions ».

Sur la question israélo-palestinienne, il est peu probable que le président Biden ambitionne de raviver un quelconque processus de paix, au point mort depuis 2014, d’après des analystes.

Un point de friction pourrait être la volonté de Joe Biden de rouvrir un consulat général à Jérusalem chargé des affaires palestiniennes, fermé par M. Trump malgré la réprobation internationale.

Le site de l’ambassade américaine à Jérusalem avant son inauguration, le 13 mai 2018. (Yonatan Sindel / Flash90)

Une réouverture du consulat se heurtera à la vive opposition de Naftali Bennett, « idéologiquement et fondamentalement » engagé en faveur de l’indivisibilité de Jérusalem, estime Eugene Kontorovich, qui a conseillé l’administration Trump sur les questions israéliennes.

Le statut de la Ville sainte est l’un des problèmes les plus épineux du conflit.

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