Abbas accuse le Hamas de travailler pour Israël
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Abbas accuse le Hamas de travailler pour Israël

Le chef de l'AP a aussi déclaré qu'en dépit de la reconnaissance par Trump de Jérusalem comme capitale d'Israël, elle appartient aux Palestiniens, issus des Cananéens

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas prononce un discours dans le camp de réfugiés de Jalazone, le 10 août 2019. (Credit: Wafa)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas prononce un discours dans le camp de réfugiés de Jalazone, le 10 août 2019. (Credit: Wafa)

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a affirmé que les implantations de Cisjordanie seront balayées dans « les poubelles de l’histoire », affirmant que les Palestiniens sont les habitants d’origine de la région, selon l’histoire biblique.

Abbas a prononcé, durant le week-end, un discours virulent durant une rarissime visite dans un camp de réfugiés palestiniens en Cisjordanie, quelques jours après que les autorités israéliennes ont approuvé quelques milliers de nouveaux logements dans les implantations.

« Nous resterons, et personne ne pourra nous déloger de notre foyer national. A quiconque souhaite faire cela, [je dis] : ‘Pars’. Le visiteur inattendu dans le pays n’a aucun droit sur ce pays. C’est pourquoi nous leur disons : ‘chaque brique que vous posez sur notre terre et chaque maison que vous construirez s’évaporera, si Dieu le veut », a déclaré Abbas dans une salle polyvalente du camp de réfugiés de Jalazoune, situé au nord de Ramallah et mitoyen à l’implantation israélienne de Beit El.

« Quelles que soient les maisons qu’ils annoncent ici ou les implantations, elles disparaîtront toutes, si Dieu le veut. Elles iront dans les poubelles de l’histoire, et ils se souviendront que cette terre est pour son peuple, ses résidents et les Cananéens qui étaient ici il y a 5 000 ans. Nous sommes les Cananéens », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Shtayyeh, et son président, Mahmoud Abbas, visitent le camp de réfugiés de Jalazone en Cisjordanie le 10 août 2019. (Crédit : Wafa)

Abbas Zaki, membre de la Commission centrale du Fatah, a déclaré au Times of Israël mardi que les propos du président de l’AP ne faisaient allusion qu’aux résidents des implantations et pas à tous les Israéliens.

« Il ne parlait que d’eux », a-t-il dit, ajoutant que « tous les logements dans les implantations sont illégitimes et illégaux, selon le droit international ».

Abbas s’est exprimé à Jalazoune deux jours après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a récemment manifesté son soutien à l’extension de la souveraineté israélienne sur une partie de la Cisjordanie, s’est rendu à Beit El pour y poser la première pierre de 650 nouvelles unités de logements dans l’implantation.

Quelques jours plus tôt, le ministère de la Défense a validé la construction de 2 304 nouveaux logements en Cisjordanie, dont de nombreux sont situés au cœur du territoire que les Palestiniens revendiquent dans le cadre de l’État auquel ils aspirent.

La référence d’Abbas aux Cananéens, un peuple ancien qui, selon la Bible, vivait en terre de Canaan avant l’arrivée des Israélites, est une réponse aux récentes remarques de Netanyahu portant sur le fait que les Palestiniens ne sont arrivés que récemment dans la région, a expliqué Mohammed Odeh, un membre du bureau d’Abbas.

« Il réfutait l’affirmation de Netanyahu selon laquelle les Palestiniens n’ont pas de racines profondes dans la terre et affirme que nous avons une longue histoire ici », a expliqué Odeh par téléphone mardi.

Netanyahu avait déclaré début juillet que les ancêtres des Palestiniens provenaient de la péninsule arabique.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas visite le camp de réfugiés de Jalazone, le 10 août 2019. (Credit: Wafa)

« Il n’y a aucun lien entre les anciens Philistins et les Palestiniens modernes, dont les ancêtres sont venus de la péninsule arabique vers la Terre d’Israël des milliers d’années plus tard », avait tweeté Netanyahu  avec un lien vers une étude qui semblait corroborer la théorie selon laquelle les Philistins de la Bible ne venaient pas du Moyen-Orient.

Certains Palestiniens soutiennent qu’ils sont descendants des Philistins.

Abbas a également déclaré qu’en dépit de la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem en tant que capitale d’Israël, la ville appartient aux Palestiniens.

« Malgré ce qu’ils disent – que c’est la [capitale] unifiée, qu’ils y transfèrent leur ambassade – Jérusalem est à nous », a-t-il dit. « Tout le peuple palestinien et toutes les nations arabes, musulmanes et chrétiennes, toutes, entreront à Jérusalem », a-t-il dit.

Fin 2017, le président américain Donald Trump avait reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et initié le transfert de la mission diplomatique américaine, ce qui a excédé les dirigeants palestiniens à Ramallah.

Abbas a fréquemment appelé à l’établissement d’un État palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale et déclaré que la ville devait être ouverte aux musulmans, chrétiens et Juifs.

Le président de l’AP avait également souligné lors de précédents discours le lien entre Jérusalem et les musulmans et les chrétiens, prenant soin d’omettre tout référence à l’histoire juive.

Dans son discours de Jalazoune, Abbas a également fustigé le groupe terroriste du Hamas, rival de son parti du Fatah.

« Ça suffit avec cette division. Qui profite de cette division ? Elle est dans l’intérêt de l’ennemi et les dirigeants du Hamas travaillent pour l’ennemi », a-t-il dit.

Saleh al-Arouri, à gauche, représentant du Hamas, et Azzam al-Ahmad, représentant du Fatah, en conférence de presse après la signature d’un accord de réconciliation entre les deux factions palestiniennes, au Caire, le 12 octobre 2017. (Crédit : Khaled Desouki/AFP)

Depuis que le Hamas a éjecté le Fatah, dominé par l’AP, de la bande de Gaza en 2007, il dirige l’enclave côtière tandis que l’AP contrôle certaines parties de la Cisjordanie.

Si les partis rivaux ont signé plusieurs accords de réconciliation, aucun n’a été mis en oeuvre. Le Fatah et le Hamas avaient signé un accord de réconciliation grâce à une médiation égyptienne en octobre 2017, mais il n’a pas été appliqué sur le terrain.

Abbas était également accompagné de dirigeants palestiniens à Jalazoune, notamment du Premier ministre Mohammed Chtayyeh, Saeb Erekat, du haut-responsable de l’OLP et de Hussein al-Sheikh, membre de la Commission centrale du Fatah.

A la fin de son discours, il a annoncé aux résidents du camps de réfugiés qu’un nouvel étage sera construit pour un centre pour personnes handicapées à Jalazoune. Il a également promis que le camp recevrait deux nouvelles ambulances.

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