Abbas jure de ne pas laisser le Hamas garder les armes à Gaza
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Abbas jure de ne pas laisser le Hamas garder les armes à Gaza

Le président de l’AP affirme qu’il ne laissera pas “l’expérience du Hezbollah au Liban” se répéter, et reconnaît qu’un état palestinien n’est pas pour “bientôt”

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies au siège de l'ONU à New York, le 20 septembre 2017 (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies au siège de l'ONU à New York, le 20 septembre 2017 (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)

Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne (AP), a affirmé qu’il n’était pas prêt à accepter que le Hamas garde ses armées dans la bande de Gaza comme le fait le Hezbollah au Liban, et a demandé le « contrôle total » du territoire, y compris ses frontières, sa sécurité et tous les ministères.

Son parti, le Fatah, et le groupe terroriste du Hamas, tentent de former un gouvernement d’unité. Le gouvernement de l’AP s’est réuni mardi à Gaza pour la première fois depuis 2014, une étape de plus vers la prise de contrôle du territoire par l’AP.

« Je n’accepterai pas la reproduction de l’expérience du Hezbollah au Liban » dans la bande de Gaza, a dit Abbas dans un entretien accordé lundi soir à la chaîne d’information égyptienne CBC, soulignant ce point de friction avec le Hamas, qui a juré de garder les armes.

Abbas a déclaré que, malgré son « fort désir de voir la réconciliation se produire », elle ne pourrait pas être réalisée à moins que l’AP « ne dirige la bande de Gaza comme elle le fait en Cisjordanie. »

« Les postes-frontières, la sécurité et tous les ministères doivent être sous notre contrôle », a-t-il dit plusieurs fois.

Les Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, pendant une cérémonie d'hommage à Mohamed Zouari, à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 31 janvier 2017. (Crédit : Said Khatib/AFP)
Les Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, pendant une cérémonie d’hommage à Mohamed Zouari, à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 31 janvier 2017. (Crédit : Said Khatib/AFP)

Le Hamas a cependant affirmé qu’il n’aborderait même pas le sujet du démantèlement de sa vaste branche armée pendant les négociations, poussant certains à penser que le groupe cherchait à suivre l’exemple du groupe terroriste libanais du Hezbollah, qui fait partie du gouvernement mais garde sa propre armée.

Abbas a ajouté que, de la même manière que ses forces de sécurité arrêtent ceux qui détiennent des armes illégales en Cisjordanie, il se produirait la même chose à Gaza.

A lire : Lassé de diriger Gaza, le Hamas pourrait viser un rôle semblable à celui du Hezbollah

Selon lui, sans unité palestinienne, « il n’y a pas d’état palestinien. »

En ce qui concerne les mesures punitives prises par Abbas contre Gaza en avril afin de forcer le Hamas à céder le contrôle du territoire, il a indiqué qu’il n’était « pas pressé » de les lever.

Il a précisé que ces mesures avaient réduit de 22 % le financement de l’AP alloué à l’électricité pour la bande de Gaza, un total de 1,5 milliard de dollars, ce qui a affecté la situation déjà difficile de l’approvisionnement en électricité et en eau dans le territoire. Ces mesures ne seront pas annulées tant que l’AP n’aura pas le contrôle total de Gaza, a-t-il indiqué.

Rami Hamdallah, Premier ministre de l'Autorité palestinienne, à Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza, le 2 octobre 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)
Rami Hamdallah, Premier ministre de l’Autorité palestinienne, à Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza, le 2 octobre 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Abbas a ajouté qu’il ne permettrait à aucun pays de se mêler des affaires internes palestiniennes, à l’exception de l’Egypte. Le Caire, a-t-il dit, est un médiateur accepté par les deux parties.

Abbas a souligné que le Hamas était toujours un « groupe islamiste », alors que le Fatah est un parti laïc. Le groupe terroriste constitue cependant une « partie du peuple palestinien », a-t-il ajouté, et il sera inclus dans un gouvernement palestinien s’il accepte les politiques de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), dirigée par Abbas.

L’OLP a reconnu l’Etat d’Israël, ce que le Hamas refuse de faire. Le groupe terroriste continue d’appeler à la destruction de l’Etat juif.

Il n’y aura pas d’état palestinien « bientôt »

A la fin de l’interview de lundi, Abbas a reconnu qu’un état palestinien indépendant ne serait pas « bientôt » formé.

Il a accusé le gouvernement israélien actuel, qu’il juge « extrémiste » et « contre la paix », d’être responsable de la situation.

Il s’est dit « optimiste » quant à la formation d’un état palestinien, et a indiqué qu’il était actuellement construit « brique par brique ». Il a souligné la récente adhésion de l’AP à Interpol.

Yahya Sinwar, au centre, chef du Hamas dans la bande de Gaza, pendant une rencontre avec les jeunes à Gaza Ville, le 28 septembre 2017. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)
Yahya Sinwar, au centre, chef du Hamas dans la bande de Gaza, pendant une rencontre avec les jeunes à Gaza Ville, le 28 septembre 2017. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

Si le Hamas devait rejoindre l’AP, Abbas a dit que les deux parties devraient discuter du sujet des négociations avec Israël.

Abbas a mis en lumière les tentatives des Etats-Unis pour relancer le processus de paix, ajoutant qu’il avait parlé plusieurs fois avec le président américain Donald Trump, et qu’il allait « continuer de communiquer avec lui jusqu’à ce que nous arrivons à des pensées communes. »

Abbas a appelé à des élections présidentielles et législatives si la réconciliation avec le Hamas aboutit.

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