Abbas veut dissoudre le Parlement de l’AP, qui ne s’est pas réuni depuis 10 ans
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Abbas veut dissoudre le Parlement de l’AP, qui ne s’est pas réuni depuis 10 ans

Cette démarche vise à affaiblir le Hamas, qui, avec 74 sièges sur 132 au Conseil législatif, pourrait prendre la tête de l'Autorité palestinienne si son président décède

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas préside une réunion du comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) au siège de l'Autorité palestinienne à Ramallah, en Cisjordanie, le 15 septembre 2018. (AFP / Abbas Momani)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas préside une réunion du comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) au siège de l'Autorité palestinienne à Ramallah, en Cisjordanie, le 15 septembre 2018. (AFP / Abbas Momani)

Le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a déclaré que les Palestiniens dissoudront prochainement le parlement de l’AP, le Conseil législatif palestinien.

Le Hamas, qui contrôle une majorité des sièges au Conseil, a longtemps manifesté son opposition à la dissolution de l’organe, affirmant que Ramallah n’est pas habilité à mener à bien une telle démarche.

« D’un point de vue juridique, nous dissoudrons le Conseil législatif [palestinien], et ce, prochainement », a déclaré Abbas durant une conférence aux quartiers généraux présidentiels de Ramallah samedi soir, selon deux personnes qui ont assisté à l’événement et qui ont parlé au Times of Israël.

Reuters et Maan, une agence de presse palestinienne, ont également rapporté que de tels propos avaient été tenus.

Peu après que le Hamas eut évincé le Fatah, dominé par l’AP, de la bande de Gaza en 2007, le Conseil a cessé de se réunir.

En Cisjordanie, certains membres du Conseil ont continué à se réunir pour discuter de textes de loi soumis par le gouvernement de l’AP, mais n’ont pas pu exercer leur pouvoir législatif, notamment ceux qui traitaient de la supervision.

Parallèlement à Gaza, un certain nombre de parlementaires palestiniens ont continué à se rencontrer pour discuter de développements politiques. Cependant, les responsables palestiniens à Ramallah se sont vivement opposés à ces réunions, qu’ils allaient jusqu’à qualifier d’illégitime.

74 des 132 membres du Conseils sont affiliés au Hamas, et les dernières élections remontent à 2006.

Les responsables palestiniens basés à Ramallah estiment que la Cisjordanie et Gaza doivent être sous un seul gouvernement avant que des élections législatives soient organisées.

Les députés palestiniens pendant une session d’urgence du parlement, au Conseil législatif de Ramallah, le 11 juillet 2007. (Crédit : Ahmad Gharabli/Flash90)

Jihad Harb, un chercheur et analyste palestinien, a déclaré que le président de l’AP souhaitait dissoudre le Conseil pour éjecter les élus du Hamas et les parlementaires du Fatah qui se réclament de Mohammed Dahlane, qui critique régulièrement le leadership d’Abbas.

Dahlane est le rival numéro un d’Abbas. Il a fui la Cisjordanie en 2011, après que les forces de sécurité de l’AP ont mené un raid sur sa maison de Ramallah. En 2017, un tribunal de l’AP a condamné par contumace Dahlane à trois ans de prison pour corruption. Il a vivement nié ces allégations.

Harb a ajouté qu’Abbas souhaite également dissoudre le Conseil pour affaiblir la position du Hamas et éviter que l’un de ses membres ne deviennent président de l’AP par intérim s’il venait à mourir pendant son mandat.

Le droit palestinien stipule que si le président de l’AP vient à mourir, le président du Conseil législatif devient président par intérim pour une durée n’excédant pas 60 jours. Des présidentielles doivent être organisées pendant cette période.

Le président du Conseil législatif palestinien Aziz Dweik. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

L’actuel président du Conseil législatif est Aziz Dweik, un membre du Hamas basé à Hébron.

Les responsables du Hamas affirment que la loi de l’AP exige que Dweik devienne président de l’AP par intérim si Abbas meurt pendant l’exercice de ses fonctions.

Cependant, certains responsables du Fatah ont demandé à ce que le Conseil législatif, un organe de l’OLP, nomme un président par intérim, dans l’attente d’élections, si le président de l’AP, âgé de 83 ans, vient à mourir.

Ils estiment que le président du Conseil ne devrait pas devenir président de l’AP par intérim parce qu’aucune élection n’a été organisée depuis une dizaine d’années.

En octobre, le Conseil révolutionnaire du Fatah a appelé le Conseil central à dissoudre le Conseil législatif.

Le Conseil central a récemment pris plusieurs décisions liées aux relations israélo-palestiniennes et israélo-américaines, mais elles n’ont pas été mises en oeuvre.

Abbas doit donner son accord final avant qu’une décision du Conseil central ne soit appliquée.

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