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Accusée de ne pas avoir commémoré le 27 janvier, la maire de Strasbourg répond

Jeanne Barsegian assure avoir "accueilli une cérémonie d’hommage aux victimes de l’Holocauste, à l’initiative du Conseil de l’Europe, en comité restreint du fait de la crise sanitaire"

Jeanne Barseghian devant la presse, le 16 avril 2021. (Crédit : Capture d’écran StrasTV / YouTube)
Jeanne Barseghian devant la presse, le 16 avril 2021. (Crédit : Capture d’écran StrasTV / YouTube)

Début février, sur Twitter, Pierre Jakubowicz, élu de l’opposition à Strasbourg (groupe Agir), a reproché à la maire de ville, Jeanne Barseghian, de ne pas avoir « commémoré la journée de l’Holocauste », le 27 janvier dernier.

« Chaque 27 janvier, nous commémorons la libération du camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau et rendons hommage aux victimes de l’Holocauste », a écrit M. Jakubowicz, membre du groupe Strasbourg Ensemble (LReM MoDem, Agir et société civile).

« J’ai constaté avec tristesse et inquiétude que, ni la Ville, ni sa première représentante, vous Madame la maire, n’aviez jugé utile et nécessaire d’honorer la mémoire de ces millions de victimes. Aucun geste. Aucun message. Seulement le silence », a-t-il indiqué.

« Pourtant, vous n’aviez pas fait jouer votre droit à la déconnexion ce 27 janvier puisque dès le matin, vous avez jugé prioritaire de publier un post aux accents revanchards sur la ZAC des Deux-Rives. Telle était donc votre priorité, plutôt que de contribuer par votre fonction et votre parole à l’engagement moral collectif que nous avions pris par le vote de notre résolution », a-t-il ajouté.

Le Palais de Justice de Strasbourg. (M.Strīķis / Palais de Justice / CC BY-SA 3.0)

Il faisait là référence au vote de la résolution « Raviver la flamme de la mémoire et de la citoyenneté » par le conseil municipal de Strasbourg, le 20 septembre 2021.

Jeanne Barseghian a répondu à ces critiques le 4 février, a rapporté le site actu.fr.

« Vous conviendrez, j’en suis sûr, qu’il serait hors de propos d’étudier notre politique mémorielle sous le seul prisme des textes et photos qui sont publiés sur les réseaux sociaux », a-t-elle démarré.

« Néanmoins, je ne peux croire qu’il faille voir dans votre courrier une quelconque volonté de susciter des polémiques sur un sujet si grave. »

La grande synagogue de la Paix, à Strasbourg. (Crédit : Jonathan M / Wikimédia / CC BY-SA 3.0)

Elle indiqué également avoir, le 27 janvier dernier, « accueilli une cérémonie d’hommage aux victimes de l’Holocauste, à l’initiative du Conseil de l’Europe, en comité restreint du fait de la crise sanitaire. Ce geste et ce symbole s’inscrivent en complémentarité des multiples facettes de notre politique mémorielle, résolument tournée vers l’action, en particulier envers la jeunesse ».

Elle a aussi évoqué « la pose [récentes] de Stolpersteine dans les rues » de Strasbourg, des plaques en hommage aux victimes de la Shoah, « entourée d’élèves de plusieurs lycées ».

Elle a enfin évoqué « l’exposition au palais universitaire en octobre dernier, ‘Des lumières dans la nuit’, en hommage aux Justes parmi les Nations d’Alsace, ou encore à certaines des actions innovantes que nous avons eu le plaisir de soutenir lors du conseil municipal de décembre suite à l’appel à projet de lutte contre l’antisémitisme ».

« L’équipe municipale et moi-même rencontrons régulièrement le Consistoire israélite du Bas-Rhin et d’autres associations qui œuvrent en faveur de la mémoire et de la tolérance pour assurer la mise en œuvre du plan d’action de lutte contre l’antisémitisme adopté par notre conseil », a-t-elle poursuivi.

Université de Strasbourg (Crédit : Wikipédia CC BY-SA 3.0/ Le Palais Universitaire)

Elle a conclu en assurant que « nous vous présenterons prochainement un point d’étape sur les mesures concrètes qui ont déjà été déployées et les projets à venir pour assurer, par nos mots mais aussi par nos actes, que jamais l’horreur de l’Holocauste ne tombe dans l’oubli. »

Déjà, en avril dernier, à l’occasion de Yom HaShoah, le CRIF Alsace avait dénoncé la trop discrète commémoration à Strasbourg. Un hommage sans aucun représentant de la communauté juive avait été organisé.

Peu avant, la municipalité de Strasbourg avait été vivement critiquée pour avoir rejeté l’adoption de la définition de l’antisémitisme de l’IHRA – avant de finalement l’adopter en partie.

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