Affaire Sarah Halimi : plus de réactions et une pétition lancée
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Affaire Sarah Halimi : plus de réactions et une pétition lancée

Près d’une semaine après la décision de justice, davantage de personnalités publiques ont réagi et une pétition en ligne a été lancée

Sarah Halimi. (Crédit : autorisation de la Confédération des Juifs de France et des amis d’Israël)
Sarah Halimi. (Crédit : autorisation de la Confédération des Juifs de France et des amis d’Israël)

Suite à la décision de la cour d’appel de Paris de reconnaître le meurtrier de Sarah Halimi, une sexagénaire juive assassinée en 2017, pénalement irresponsable, de nombreuses voix se sont élevées.

Dans la classe politique, la droite et l’extrême droite ont largement réagi. Eric Ciotti, Valérie Boyer, Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, Alain Houpert, Meyer Habib ont ainsi critiqué le jugement.

Mardi, Virginie Calmels, chef d’entreprise et Conseillère régionale LR de Nouvelle-Aquitaine, a également écrit : « En total accord avec ⁦Francis Szpiner [avocat des parties civiles] qui ne pouvait mieux le formuler : ‘On a volé la justice aux enfants de Sarah Halimi’ »

La gauche est restée silencieuse, hormis Anne Hidalgo et Patrick Klugman, conseiller à la mairie de Paris et avocat. Après Franz-Olivier Giesbert, il a lui-aussi publié une tribune dans le magazine Le Point.

« Combien de fois aura-t-on tué Sarah Halimi ? », s’interroge-t-il.

« L’horreur était à son comble le 4 avril 2017, lorsque le corps de Sarah Halimi, sexagénaire paisible, a été découvert, jetée par la fenêtre après avoir été passée à tabac dans son propre appartement par son voisin devenu son tueur. Le sentiment de malaise qui s’érige de l’arrêt de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris du 19 décembre 2019 est pire encore. »

« Ce malaise est d’autant plus profond qu’il ne se situe pas du côté de l’antisémitisme où on l’attendait », ajoute-t-il.

En conclusion, il écrit : « La jurisprudence Halimi, consacrant l’irresponsabilité conférée à une personne droguée, porte profondément atteinte au principe de sûreté, c’est la raison pour laquelle cette décision devra être réformée par la Cour de cassation, juge suprême du droit. Ainsi, ce n’est pas de l’antisémitisme qu’il est question dans cette tragédie, mais de la justice, ou plutôt de l’injustice à laquelle il convient de mettre un terme. Sinon, Sarah Halimi sera morte une seconde fois et, cette fois, de la main de ses juges. »

Du coté de LREM, seul le député François de Rugy avait jusqu’alors réagi.

Hugues Renson, vice-président de l’Assemblée nationale et député LREM de la 13e circonscription de Paris a finalement lui aussi pris la parole sur Twitter. « Je n’ai pas pour habitude de commenter une décision de justice. Mais savoir que le meurtrier de Sarah Halimi est considéré comme pénalement irresponsable et ne sera jamais jugé me choque profondément. Son souvenir vivra. Et devra nous guider pour faire évoluer la législation », a-t-il écrit ce 24 décembre.

Sa collègue Aurore Bergé, députée LREM des Yvelines et présidente du groupe d’amitié France-Israël à l’Assemblée, a également réagi mardi.

« En votant la résolution sur la définition de l’antisémitisme, j’ai pensé à Sarah Halimi et à Mireille Knoll. Aujourd’hui, j’ai honte. ‘Ce n’est pas de l’antisémitisme qu’il est question mais de la justice, ou plutôt de l’injustice à laquelle il convient de mettre un terme’ », a-t-elle posté.

Du côté des personnalités publiques, Sandra Sisley, attachée de presse aux nombreux followers sur Instagram et femme de l’humoriste juif Tomer Sisley, a réagi après Bernard-Henri Lévy, Françoise Laborde, Joseph Mace-Scaron, Joann Sfar, Richard Berry, Marie-Josée Croze, François Busnel, Véronika Loubry, Patrick Braoudé, Emilie Frèche et Romain Lancry.

« Parce qu’il se passe des choses que j’ai de plus en plus de mal à comprendre… Vous vous souvenez… Les valeurs… Le respect d’autrui, la justice, l’égalité mais m… Il se passe quoi là ?? #SarahHalimi #PermisDeTuerSousTHC ! Si comme moi vous êtes horrifiés par cette décision, allez signer la pétition de Ruth Goldberg… », a écrit Sandra Sisley.

Elle faisait référence à la pétition change.org signée par près de 36 000 personnes ce mercredi et adressée à la ministre de la Justice Nicole Belloubet. La pétition vise à « demander justice pour Sarah Halimi » et de « refuser une justice partiale ».

Le message de Sandra Sisley a notamment été commenté par l’acteur Anthony Delon (avec un pouce vers le haut), l’actrice Marlène Jobert (avec des claquements de mains) et l’artiste Emmanuelle Rybojad (avec des emoticons énervés et qui vomissent).

La journaliste et actrice Janane Boudili a elle commenté : « Merci merci merci merci merci merci merci pour ce post. » La mannequin Alexandra Zimny a écrit : « Quelle tristesse. »

Au sein de la communauté juive, ont réagi le grand-rabbin de France Haîm Korsia, le Crif et son président Francis Kalifat, Joël Mergui, Alain Jakubowicz, Ariel Goldmann, Gil Taieb, Philippe Meyer et le rabbin Gabriel Farhi.

La chambre de l’instruction a tranché jeudi entre les expertises psychiatriques contradictoires du dossier et conclu à l’abolition du discernement de Kobili Traoré au moment des faits. La décision met ainsi fin à la détention du suspect.

La cour d’appel a en outre ordonné son hospitalisation et des mesures de sûreté pour une durée de 20 ans, comprenant l’interdiction d’entrer en contact avec les proches de la victime et de retourner sur les lieux.

En proie à une bouffée délirante liée à une forte consommation de cannabis, ce jeune musulman avait roué de coups sa voisine aux cris de « Allah Akbar » avant de la défenestrer dans la cour de leur immeuble du 11e arrondissement parisien.

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