Aliza Bin-Noun, ambassadrice d’Israël en France, annonce la fin de son mandat
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Aliza Bin-Noun, ambassadrice d’Israël en France, annonce la fin de son mandat

En poste depuis 2015, elle affirme que son mandat a été marqué par "la montée de l’islam politique et de l’antisémitisme", tout en notant "qu'Israël a beaucoup d’amis en France"

L'ambassadeur d'Israël en France, Aliza Bin-Noun, en 2015. (Crédit : CC BY-SA EREZ LICHTFELD, Wikimedia Commons)
L'ambassadeur d'Israël en France, Aliza Bin-Noun, en 2015. (Crédit : CC BY-SA EREZ LICHTFELD, Wikimedia Commons)

Ce vendredi, sur Twitter, Aliza Bin-Noun, ambassadrice israélienne en France et à Monaco, a annoncé la fin de son mandat de quatre ans. Elle était arrivée en poste en août 2015.

« Merci infiniment aux organisateurs de mon pot de départ, Francis Kalifat, Joël Mergui et Ariel Goldmann, au député Meyer Habib, au grand rabbin Haïm Korsia ainsi qu’à tous les amis qui sont venus. C’était un plaisir de travailler avec vous pour atteindre nos intérêts communs », a-t-elle écrit, officialisant l’annonce de son départ faite lors du Gala de la Chambre de Commerce France-Israël à Paris, au début du mois.

« Tous mes vœux les plus chaleureux vous accompagnent, j’ignorais que vous partiez maintenant. C’était un plaisir d’avoir pu échanger et ‘travailler’ ensemble. Tout le meilleur pour vous et votre famille », lui a répondu Brigitte Kuster, députée LR de Paris.

Philippe Meyer, président du Bnai Brith France, l’a également félicitée sur Twitter pour son mandat.

Dans un récent entretien avec le magazine Valeurs Actuelles, Aliza Bin-Noun cite parmi les événements qui ont marqué sa mission « le grand projet de mettre sur pied la saison croisée France-Israël ».

Elle s’est également inquiétée de la hausse de l’antisémitisme dans son pays d’accueil et a expliqué avoir « beaucoup œuvré à l’adoption par l’Assemblée nationale française d’un texte [non contraignant] qui fait de l’antisionisme, le fait de refuser au peuple juif le droit de posséder sa terre, un élément constitutif de l’antisémitisme ».

« J’ai toujours compris qu’on puisse critiquer la politique d’Israël et de son gouvernement, a-t-elle ajouté. C’est normal et la liberté d’expression fait partie des valeurs démocratiques que nous défendons, en Israël et dans le monde. Ce que nous ne pouvons pas accepter, c’est que l’on nie notre droit à exister en tant que tel. À cet égard, la position de la France insoumise est inquiétante pour nous. »

Revenant sur son mandat, elle ajoute : « Dans ma carrière, c’était une expérience fascinante, dans une période unique et très intense. Je ne peux que me réjouir des convergences de vue à long terme que la France et Israël partagent, y compris sur le dossier iranien. Je garderai ainsi un très bon souvenir du dialogue bilatéral et de notre travail avec nos confrères du Quai d’Orsay. Pour le reste, il est vrai que la situation est inquiétante, la montée de l’islam politique, la montée de l’antisémitisme (+ 74 % l’année dernière), les assassinats sordides d’Ilan Halimi, Mireille Knoll et de Sarah Halimi. Mais il y a une autre réalité. Israël a beaucoup d’amis en France, dans tous les secteurs de la société. Cela me donne une vision optimiste de ce pays que j’aime et ou j’espère revenir bientôt pour profiter, libérée de mes obligations diplomatiques, de toutes ses merveilles. »

Aliza Bin-Noun lors de son pot de départ, le 20 décembre 2019, à Paris. (Crédit : Twitter / Philippe Meyer)

Le 18 décembre, lors d’une conférence organisée par l’Organisation sioniste mondiale à Paris, elle avait déjà expliqué : « En quatre ans, j’ai vu comment l’antisémitisme et l’antisionisme n’ont fait que croître. Les Juifs français se sont habitués à se faire harceler dans la rue. »

« J’ai vu comment les barrières se sont brisées au fil du temps – des choses qui auraient été taboues auparavant, mais que les gens se sentent à l’aise d’exprimer de cette manière aujourd’hui », avait-elle ajouté.

Diplômée de l’Université hébraïque de Jérusalem, Aliza Bin-Noun était ambassadrice d’Israël en Hongrie avant son arrivée à Paris. Née en Transylvanie, elle est arrivée en Israël à l’âge de 2 ans et a grandi près de Nahariya, dans le nord du pays.

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