Allemagne : aucun ancien nazi SS ne touche de pension en Belgique
Rechercher

Allemagne : aucun ancien nazi SS ne touche de pension en Belgique

Berlin clarifie la situation après que des élus belges ont demandé l'arrêt des pensions de victimes de guerre "pour des collaborateurs nazis belges"

Des membres SS portent des drapeaux avec une croix gammées et des noms des régions et des villes allemandes alors qu'il marchent vers la mairie de Nuremberg, en Allemagne, le 10 septembre 1935, pour ouvrir la convention du Parti des Travailleurs d'Allemagne Nationale Socialiste (AP Photo).
Des membres SS portent des drapeaux avec une croix gammées et des noms des régions et des villes allemandes alors qu'il marchent vers la mairie de Nuremberg, en Allemagne, le 10 septembre 1935, pour ouvrir la convention du Parti des Travailleurs d'Allemagne Nationale Socialiste (AP Photo).

Mercredi, les autorités allemandes ont déclaré qu’aucun ancien soldat nazi SS ne recevait de pensions d’invalidité en Belgique, en réponse à des préoccupations formulées par des élus du pays.

Le minitère du Travail a déclaré que 18 personnes en Belgique recevaient des pensions d’invalidité de guerre, mais il « n’y a aucun ancien membre de la Waffen SS » parmi eux. « Il peut s’agir de citoyens belges ou, par exemple, de citoyens allemands qui se sont installés en Belgique », a déclaré le ministère.

Dans une note envoyée à l’AFP, le ministère a déclaré que les fonds « sont payés par le gouvernement régional de Rhénanie-du-Nord–Westphalie.

Le ministère a clarifié la situation après que la commission des Affaires étrangères du Parlement de Belgique a répondu à des préoccupations formulées par des élus mardi, s’accordant sur le fait que « le gouvernement belge devrait demander à l’Allemagne de mettre un terme aux pensions pour les collaborateurs nazis belges ».

Quand les pensions ont été établies par une loi de 1951 de l’Allemagne de l’Ouest, environ 4,4 millions de personnes, à la fois des civils et des militaires, étaient éligibles aux pensions de « victimes de guerre »

En 1998, une loi a été passée pour annuler les pensions de ceux qui ont participé à des « crimes contre les principes de l’humanité ».

Dans une étude de 2016, on a trouvé que seulement 99 personnes avaient perdu leurs pensions jusqu’en 2013.

Dans un texte adopté mardi, le parlement belge expliquait que les pensions pour « collaboration dans l’un des régimes les plus meurtriers de l’histoire est en contradiction avec la mémoire collective, et contre les valeurs de l’Union européenne ».

Les pensions sont envoyées chaque mois à des résidents de Belgique qui se sont portés volontaires pour combattre aux côtés de l’armée allemande, mais aussi pour ceux qui ont été recrutés de force dans les territoires annexés de l’est de la Belgique, a déclaré Christoph Brull, historien de l’université du Luxembourg, à l’AFP mardi.

Selon Brull, seuls les gens avec des handicaps qui n’ont pas été condamnés pour crimes de guerre peuvent aujourd’hui en bénéficier, mais « il y a une zone grise. Les critères du handicap sont assez ouverts et la certitude de qui a fait quoi (pendant la guerre) n’est pas claire ».

Le groupe de mémoire de la Deuxième Guerre mondiale, « Memoire-Herinnering », qui a soulevé le problème, a expliqué que certains bénéficiaires ont même reçu des salaires complets plusieurs années après la fin de la guerre.

A l’époque, l’Allemagne pensait qu’elle « devrait tenir les engagements du Troisième Reich et reprendre les paiements », a dit Alvin De Coninck de l’association, qui travaille sur le sujet depuis plusieurs années.

Des législateurs ont insisté pour que le gouvernement belge demande à l’Allemagne « toutes les informations nécessaires » pour éclaircir l’affaire et lancer une enquête.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...