Pour avoir collaboré avec les nazis, 27 Belges touchent encore une pension
Rechercher

Pour avoir collaboré avec les nazis, 27 Belges touchent encore une pension

Le parquet de Louvain a par ailleurs ouvert une enquête contre un Belge décorant sa maison d'emblèmes nazis, dont une croix gammée sur laquelle est inscrit "mein kampf" en flamand

Une photo prise à Keerbergen, dans le nord de la Belgique le 15 février 2019 montre une swastika sur laquelle on peut lire 'Mijn Kamp' ("Mein Kampf" en flamand) sur la cheminée de la maison décorée d'autres symboles nazis (Crédit: DIRK WAEM / BELGA / AFP)
Une photo prise à Keerbergen, dans le nord de la Belgique le 15 février 2019 montre une swastika sur laquelle on peut lire 'Mijn Kamp' ("Mein Kampf" en flamand) sur la cheminée de la maison décorée d'autres symboles nazis (Crédit: DIRK WAEM / BELGA / AFP)

Les députés belges ont voté une résolution visant à mettre fin au versement par Berlin de pensions d’invalidité aux anciens combattants belges ayant collaboré en 1939-45 avec le régime nazi, ce qui concerne encore une vingtaine de personnes.

« La Chambre des représentants demande au gouvernement (…) de plaider auprès du gouvernement fédéral allemand la fin du régime des pensions accordées aux collaborateurs belges », écrivent les élus dans ce texte adopté mardi.

Ces pensions sont versées chaque mois aux habitants de la Flandre ou de la Wallonie qui se sont engagés aux côtés de l’armée allemande, ainsi qu’aux enrôlés de force dans les territoires annexés de l’est de la Belgique, explique à l’AFP l’historien Christophe Brüll, un spécialiste des relations belgo-allemandes à l’université du Luxembourg.

Seules les personnes touchées par une invalidité et qui n’ont pas été condamnées pour crimes de guerre peuvent en bénéficier.

Le député belge Olivier Mangain en 2018 (Crédit: Alexndraxe/Wikimedia Commons)

« Mais les critères d’invalidité sont généreux. Quant à la question de la condamnation, dans les années 50, on ne savait pas trop qui avait fait quoi et on ne vérifiait pas avec le même sérieux qu’ensuite. Il y a une zone d’ombre », relève M. Brüll.

L’Etat belge ne connaît pas le nombre des personnes qui ont bénéficié de cette pension et encore moins leurs noms, l’Allemagne ne lui ayant jamais communiqué cette liste.

La presse belge estime que plusieurs milliers d’anciens engagés en ont bénéficié, mais « personne n’a jamais fait de recherches approfondies sur le sujet », souligne M. Brüll.

A l’occasion d’une audition devant la Chambre des représentants en 2017, l’ambassadeur d’Allemagne en Belgique à l’époque, Rüdiger Lüdeking, avait affirmé que 27 personnes en Belgique touchaient encore cette pension.

Il avait également évoqué, selon la presse belge, une somme de 385 euros par mois pour les bénéficiaires.

Interrogé par l’AFP, le député belge centriste Olivier Maingain, qui a défendu la résolution, estime qu’ils sont aujourd’hui « une vingtaine » à continuer à toucher cette rente.

Dans le texte, voté en commission, les députés relèvent « l’injustice subie par les victimes du nazisme, qui ne reçoivent pas d’allocations, alors que les collaborateurs belges perçoivent une pension sur laquelle ils ne doivent pas payer d’impôts ».

Ils demandent au gouvernement belge de « requérir auprès des autorités de la Rhénanie du Nord-Westphalie, responsables des dossiers belges (…), toutes les informations pouvant faire la clarté » sur le sujet.

Ces pensions sont versées en Belgique en vertu d’une loi allemande de 1951, qui permet aux victimes de guerre allemandes de toucher une retraite complémentaire.

De nombreux anciens nazis, voire criminels de guerre, ainsi que des collaborateurs étrangers, pas uniquement en Belgique, ont pu en bénéficier.

Depuis 2008, la loi permet aux Länder (les Etats régionaux allemands), qui versent ces retraites, de les suspendre. Mais cette possibilité a été peu utilisée : 99 retraités se sont vu retirer ce « bonus », contre 50.000 espérés, selon des données de 2017 du ministère allemand du Travail.

Télescopage de l’actualité, « le parquet de Louvain a ouvert une enquête judiciaire à l’encontre de l’habitant d’une maison de Keerbergen (Brabant flamand) où des symboles nazis sont affichés ».

A Keerbergen, dans le nord de la Belgique on peut voir une swastika sur laquelle on peut lire ‘Mijn Kamp’ (« Mein Kampf » en flamand) sur la cheminée de sa maison décorée d’autres symboles nazis.

« Ce n’est pas la première fois que cet homme de 75 ans affiche ses sympathies nazies, affirme Le Soir. En 2014, une plainte avait déjà été déposée. Le parquet de Louvain avait alors classé le dossier estimant ‘qu’aucun fait punissable ne pouvait être démontré’ « .

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...