Allemagne : vers l’arrêt des poursuites contre un ex-infirmier d’Auschwitz
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Allemagne : vers l’arrêt des poursuites contre un ex-infirmier d’Auschwitz

Hubert Zafke n'est plus en état de comparaître devant le tribunal ; le Parquet est donc légalement tenu de demander la clôture des procédures

L'ancien infirmier SS Hubert Zafke, 95 ans, accusé de complicité de 3 681 meurtres à Auschwitz en 1944,  attend son procès au tribunal de Neubrandenburg, le 12 septembre 2016. (Crédit : Bernd Wüstneck/dpa/AFP)
L'ancien infirmier SS Hubert Zafke, 95 ans, accusé de complicité de 3 681 meurtres à Auschwitz en 1944, attend son procès au tribunal de Neubrandenburg, le 12 septembre 2016. (Crédit : Bernd Wüstneck/dpa/AFP)

Le parquet de Schwerin, dans le nord-est de l’Allemagne, a requis jeudi l’arrêt des poursuites pour des raisons de santé contre un ancien infirmier du camp d’extermination d’Auschwitz, Hubert Zafke, 96 ans, dont le procès s’était embourbé et devait repartir de zéro.

Selon les experts psychiatres qui ont examiné le nonagénaire, ce dernier « n’est pas apte à comparaître » devant un tribunal, a indiqué le Parquet, en charge de l’accusation, dans un communiqué.

Hubert Zafke était poursuivi pour « complicité » dans l’extermination d’au moins 3 681 Juifs gazés dès leur arrivée dans le camp emblématique de la Shoah, entre le 15 août et 14 septembre 1944.

Sur la période visée par l’accusation, 14 convois de déportés sont arrivés à Auschwitz. Dans l’un d’eux se trouvaient Anne Frank, auteur du célèbre journal, ses parents et sa sœur aînée. La mère de l’adolescente née en Allemagne est morte d’épuisement à Auschwitz. Les deux sœurs ont succombé à Bergen-Belsen début 1945.

Hubert Zafke (Crédit : capture d’écran YouTube)
Hubert Zafke (Crédit : capture d’écran YouTube)

Le procès de l’infirmier s’était ouvert en février 2016 devant le tribunal de Neubrandenbourg mais s’était rapidement enlisé. Les audiences étaient devenues le théâtre de batailles de procédure et d’experts sur la santé de l’accusé et de requêtes en récusation visant le tribunal.

En octobre 2016, la justice avait même demandé à ce que le procès redémarre au point de départ.

Depuis, les expertises menées sur l’accusé ont montré que « la démence constatée en octobre 2015 chez [lui], et qui à l’époque ne lui permettait d’assister aux audiences que de façon limitée, a entretemps atteint un degré qui ne lui permet plus […] de défendre ses intérêts » ni de suivre le cours des débats, indique le Parquet de Schwerin dans son communiqué.

Face à ces conclusions, le Parquet est légalement tenu de demander la clôture de la procédure, précise le communiqué.

Le tribunal de Neubrandenbourg doit maintenant trancher mais sa décision ne fait guère de doute : la juridiction va « rapidement » clore la procédure, a indiqué à l’AFP un porte-parole du tribunal.

Engagé à 19 ans dans la Waffen SS, Hubert Zafke a combattu sur le front de l’Est, avant de servir dans les camps de Neuengamme et Auschwitz, auprès des médecins chargés de « sélectionner » les déportés envoyés à la mort.

Hubert Zafke était le quatrième accusé d’une vague de procès tardifs du nazisme, après John Demjanjuk, Oskar Gröning et Reinhold Hanning, tous condamnés dans une ambiance solennelle face à des salles combles.

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