Amin Maalouf sur une TV israélienne, polémique au Liban
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Amin Maalouf sur une TV israélienne, polémique au Liban

"Nous appelons l'éminent écrivain libanais Amin Maalouf à s'excuser pour cette interview", a écrit dans un communiqué mercredi le BDS au Liban

Amin Maalouf (Crédit : Hanna Assouline / Wikimedia commons)
Amin Maalouf (Crédit : Hanna Assouline / Wikimedia commons)

Une intervention de l’écrivain et académicien franco-libanais Amin Maalouf sur une chaîne de télévision israélienne fait polémique au Liban, les uns l’accusant de « trahison », d’autres défendant son droit à promouvoir la culture.

Le 2 juin, le prix Goncourt était l’invité de l’émission « Culture » de la chaîne israélienne francophone i24 durant laquelle il a parlé de quatre siècles d’Académie française et des 18 Immortels (nom donné aux membres de cette Académie) qui l’ont précédé.

« Nous appelons l’éminent écrivain libanais Amin Maalouf à s’excuser pour cette interview », a écrit dans un communiqué mercredi la campagne pour le boycottage des partisans d’Israël au Liban (BDS).

Pour ses contempteurs le but de cette chaine est de « connecter Israël au monde » et dans ces conditions l’écrivain « a utilisé sa célébrité, son excellence créative et son appartenance à l’Académie française pour (…) donner une ‘légitimité’ immorale aux médias israéliens, instruments importants de l’occupation et de la colonisation » des Territoires palestiniens, affirme BDS.

Les deux quotidiens libanais Al-Akhbar et As-Safir, qui font de la lutte contre Israël le point central de leur politique éditoriale, s’en sont également pris à l’auteur.

« Léon l’Israélien », titrait mercredi l’éditorial d’Al-Akhbar.

M. Maalouf « n’a-t-il pas été gêné par cette ‘reconnaissance’ symbolique d’Israël? », déformant le titre du livre qui l’avait rendu célèbre « Léon l’Africain ». « La trahison d’un ‘intellectuel' », écrivait pour sa part As-Safir.

« Amin Maalouf a promu la culture, la justice et la paix sur i24‬. La campagne contre lui est d’une bêtise sans nom », a tweeté en revanche Ziyad Makhoul, un des rédacteurs en chef du quotidien francophone L’Orient-Le Jour.

Le Liban et Israël sont encore officiellement en guerre. À l’été 2006, l’Etat hébreu et le Hezbollah se sont livrés une guerre meurtrière.

Interrogé sur la relation entre les immigrés et la langue française, M. Maalouf a indiqué dans l’interview qu’il y avait « un certain attachement à la langue et à l’Histoire également quand on vient d’ailleurs (…) donc il y a en effet un attachement à l’Académie dans un pays comme le Liban (…) ».

Prix Goncourt en 1993 pour « Le Rocher de Tanios », M. Maalouf est également auteur de célèbre romans comme « Samarcande », « Le jardin de Lumière » ou « Le Périple de Baldassare ».

Il était aussi l’auteur d’essais et de récits comme « Les croisades vues par les Arabes », « Léon l’Africain », « Les Identités meurtrières » ou encore « Un fauteuil sur la Seine ».

En 2011, il a été élu à l’Académie française, au fauteuil de Claude Lévi-Strauss.

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