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David Amsalem ne vise plus le ministère de la Justice et soutiendra Yariv Levin

Le député assure qu’il soutiendra son collègue et continuera à prôner la réforme judiciaire. Les négociations de Netanyahu pour composer sa coalition commencent à Jérusalem

Les députés Yariv Levin (à gauche) et  David Amsalem lors d’une réunion des factions du Likud à la Knesset le 25 décembre 2017 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Les députés Yariv Levin (à gauche) et David Amsalem lors d’une réunion des factions du Likud à la Knesset le 25 décembre 2017 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le député du Likud David Amsalem est revenu, dimanche, sur sa candidature au poste de ministre de la Justice dans le prochain gouvernement.

« Je serai plus qu’heureux que Yariv Levin [un autre député du Likud] soit bientôt nommé ministre de la Justice d’Israël », a écrit Amsalem sur Twitter dimanche matin.

« Ce n’est pas le poste en soi qui compte, mais l’objectif de chacun d’entre nous d’adopter les réformes nécessaires au système judiciaire, pour le bien des citoyens d’Israël. »

Amsalem a ajouté qu’il soutiendrait Levin depuis les bancs de la Knesset « avec bonheur, fierté et beaucoup d’amitié ».

Amsalem, connu pour son caractère impétueux, aurait déclaré à d’autres membres du parti lors d’un événement, la semaine passée : « Il n’y a que le ministère de la Justice qui m’intéresse. Sinon, je ne vais pas le lâcher pendant quatre ans », en parlant du président du Likud, Benjamin Netanyahu.

Amsalem a nié avoir tenu ces propos, bien que des sources proches du député, qui figurait en cinquième place sur la liste du Likud pour des élections du 1er novembre dernier, aient confirmé son intérêt pour le seul portefeuille de la Justice.

Levin est à l’origine du programme de réforme judiciaire du parti du Likud, qu’il défend depuis l’époque où il était avocat. Il a d’ailleurs déclaré qu’il pensait que le système judiciaire avait besoin d’un « changement radical ».

Cette année, Levin, qui est un allié de Netanyahu, avait indiqué que son objectif était de mettre fin au « gouvernement des juges » et de limiter le rôle du procureur général.

Le chef du Likud, Benjamin Netanyahu (à gauche), et son président, Yariv Levin (à droite), dirigent la réunion de leur parti à la Knesset, le 23 mai 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La droite souhaite depuis longtemps priver les juges de leur pouvoir d’invalider des lois, au motif que la Cour suprême est un bastion de la gauche.

Le chef de HaTzionout HaDatit, Bezalel Smotrich, aurait également exprimé son intérêt pour le poste de ministre de la Justice.

Avant les élections, Smotrich a d’ailleurs publié un programme de réforme radicale du système judiciaire israélien.

A LIRE : Comment Smotrich compte neutraliser le système judiciaire s’il est au pouvoir

Le cabinet de Netanyahu a fait savoir qu’il avait invité les dirigeants de son bloc (droite, religieux, extrême-droite) à des entretiens en tête à tête, dimanche, à Jérusalem, pour commencer à négocier la composition de son gouvernement.

Le président du parti du parti HaTzionout HaDatit, le député Bezalel Smotrich, présentant le programme « Droit et Justice » de son parti lors d’une conférence de presse à Kfar Maccabiah, à Tel Aviv, le 18 octobre 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Selon Ynet, Levin a de grandes chances d’obtenir le poste de ministre de la Justice, contrairement à Amsalem, qui semble mal placé pour en obtenir un.

Selon cette meme information, le député du Likud Amir Ohana pourrait devenir ministre des Affaires étrangères, Yoav Kisch celui de la Santé, Miri Regev, à nouveau, des Transports et Miki Zohar, à la Culture.

De nombreux députés du bloc de Netanyahu ont exprimé le souhait d’une réforme majeure du système judiciaire susceptible de mettre un point final au procès pénal contre celui qui est encore l’ex-Premier ministre.

Tard samedi dernier, Amsalem a écrit sur Twitter que « si nous ne faisons rien pour réformer la justice… Il n’y a aucune raison d’établir un gouvernement [nationaliste de droite], si c’est juste pour se distribuer des postes. La population et les électeurs du Likud nous ont chargés de gouverner – nous devons tenir nos promesses ! »

Avant les élections, Amsalem avait dit souhaiter que les personnes impliquées dans le procès de Netanyahu pour corruption, y compris l’ex-procureur général et procureur de l’État, soient emprisonnées.

Amsalem s’est également déclaré favorable à la suppression de l’infraction pénale d’« abus de confiance », accusation clé contre Netanyahu dans son procès pénal.

Il a ajouté que les affaires contre Netanyahu avaient été montées de toute pièce et que « tous les » responsables « devraient aller en prison », évoquant spécifiquement l’ancien procureur général Avichai Mandelblit et l’ancien procureur de l’État Shai Nitzan.

Benjamin Netanyahu arrive au tribunal de Jérusalem pour une audience dans son procès, le 17 mai 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

La réforme de Smotrich propose également d’abolir le délit de « fraude et d’abus de confiance », qui, selon le leader de HaTzionout HaDatit, permet aux autorités judiciaires de s’ingérer dans la politique.

Le Likud a affirmé à plusieurs reprises que la réforme à venir ne s’appliquerait pas rétroactivement à l’affaire Netanyahu.

Est constitutif d’un abus de confiance le fait, pour un fonctionnaire, d’abuser de son autorité et de la confiance placée en lui par la population.

Le manque de précision de cette notion est critiqué depuis longtemps.

Netanyahu est accusé de transactions illégales avec des milliardaires et des magnats des médias pour son bénéfice personnel, pendant le temps de son mandat, dans le cadre de trois affaires différentes.

Il est accusé de fraude et d’abus de confiance dans les trois affaires, plus une accusation de corruption dans l’une des trois.

Netanyahu nie avoir commis un quelconque acte répréhensible et assure que ces accusations sont le résultat d’une chasse aux sorcières menée par la police, les autorités judiciaires et les médias.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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