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Annie Ernaux, prix Nobel de la Littérature 2022 et fervente militante anti-Israël

L'écrivaine française s’est distinguée au fil des années par son engagement à l’extrême gauche, et notamment par son militantisme anti-Israël

Annie Ernaux, en 2019. (Crédit : Ulises Ruiz/AFP)
Annie Ernaux, en 2019. (Crédit : Ulises Ruiz/AFP)

Le Nobel de littérature a couronné jeudi la Française Annie Ernaux et le « courage » de son œuvre en grande partie autobiographique, faisant de cette figure féministe issue d’un milieu modeste la première Française à décrocher le prix.

Autrice d’une vingtaine d’ouvrages, l’écrivaine de 82 ans est récompensée pour « le courage et l’acuité clinique avec lesquels elle découvre les racines, les éloignements et les contraintes collectives de la mémoire personnelle », a expliqué le jury Nobel.

Elle devient la 17e femme à décrocher le Nobel de littérature depuis la fondation des célèbres récompenses en 1901, et la 16e des lauréats français, huit ans après Patrick Modiano.

En s’ajoutant au palmarès aux noms célèbres d’Anatole France, Albert Camus ou encore Jean-Paul Sartre – qui refusa le prix – Annie Ernaux devient surtout la première Française sacrée par le plus prestigieux des prix littéraires.

La lauréate, une autrice de l’intime où le domestique s’entremêle aux conflits et transferts de classes, a promis de « continuer le combat contre les injustices ».

Le prix crée une « responsabilité » de lutter encore contre les injustices « par rapport aux femmes et par rapport aux dominés », même si la littérature n’a pas forcément « une action immédiate » pour changer les choses, a-t-elle dit lors d’une conférence de presse dans les locaux de son éditeur Gallimard.

Avec sa prose cristalline, Annie Ernaux faisait depuis longtemps partie des favoris des cercles littéraires, mais elle a assuré que c’était pour elle une grande « surprise ».

« Je n’ai pas vraiment l’impression d’être courageuse, ce n’est pas du courage, c’est de la nécessité », a-t-elle dit jeudi à propos de la motivation de son prix.

Le président français Emmanuel Macron a salué une « voix » de « la liberté des femmes et des oubliés du siècle ». Annie Ernaux « écrit, depuis 50 ans, le roman de la mémoire collective et intime de notre pays ».

Annie Ernaux s’est distinguée au fil des années par son engagement à l’extrême gauche, et notamment par son militantisme anti-Israël.

Soutien de Jean-Luc Mélenchon, elle a rejoint le parlement de l’Union populaire rassemblant des personnalités du monde associatif, syndical et intellectuel derrière sa candidature à l’élection présidentielle de 2022.

Le 19 juin 2017, à la suite de la publication d’une analyse du journaliste Jean Birnbaum dans laquelle il « rapporte des propos tenus ici ou là sur les Indigènes de la République et, au-delà, sur l’antiracisme décolonial et politique », elle a cosigné dans Le Monde une tribune de soutien à Houria Bouteldja — porte-parole du mouvement et auteur du pamphlet controversé Les Blancs, les juifs et nous (2016). Le texte affirmait notamment qu’elle est « la cible privilégiée des accusations les plus insensées, qui sont autant de calomnies : racisme, antisémitisme, homophobie… ».

En mai 2018, Annie Ernaux a signé une pétition en collaboration avec des personnalités issues du monde de la culture afin de boycotter la saison culturelle croisée France-Israël, qui selon l’objet de la pétition sert de « vitrine » à l’État d’Israël au détriment du peuple palestinien.

En 2019, elle a cosigné dans Mediapart un appel au boycott du Concours Eurovision de la chanson 2019 à Tel Aviv.

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