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Antisémitisme : Berkeley remet à l’administration Trump les données de 160 étudiants et enseignants

Le gouvernement fait pression sur les universités en les menaçant de réduire leurs financements et de restreindre les visas en raison de leur gestion de l'antisémitisme sur les campus

Manifestation d'étudiants et de professeurs pour protester contre la répression de l'administration Trump à l'encontre des universités en raison de l'antisémitisme, sur le campus de l'université de Berkeley, en Californie, le 19 mars 2025. (Crédit : Godofredo A. Vásquez/AP)
Manifestation d'étudiants et de professeurs pour protester contre la répression de l'administration Trump à l'encontre des universités en raison de l'antisémitisme, sur le campus de l'université de Berkeley, en Californie, le 19 mars 2025. (Crédit : Godofredo A. Vásquez/AP)

L’université de Berkeley, en Californie, a déclaré vendredi avoir fourni des informations sur 160 membres du corps enseignant et étudiants à l’administration du président américain Donald Trump, dans le cadre d’une enquête fédérale sur des « actes présumés d’antisémitisme ». Cette mesure s’inscrit dans un contexte de répression gouvernementale plus large contre les établissements d’enseignement accusés de ne pas protéger les étudiants juifs.

Le bureau du président de l’université de Californie a déclaré que l’établissement était sous surveillance des agences fédérales et étatiques, et que ses campus, comme celui de Berkeley, « recevaient régulièrement des demandes de documents dans le cadre d’audits gouvernementaux, de contrôles de conformité ou d’enquêtes ».

L’administration fédérale a menacé plusieurs universités de leur retirer leur financement ainsi que leur droit d’inscrire des étudiants étrangers, ciblant particulièrement les établissements d’élite qu’elle accuse d’être des centres d’endoctrinement politique et d’antisémitisme.

De nombreuses universités américaines prestigieuses ont été accusées de tolérer l’antisémitisme et de mal gérer les manifestations consécutives au pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, au cours duquel plus de 1 200 personnes ont été tuées et 251 prises en otage, déclenchant ainsi la guerre qui sévit actuellement dans la bande de Gaza.

Ces manifestations anti-Israël comprenaient souvent des appels ouverts à la violence et des déclarations de soutien au terrorisme. Elles ont également donné lieu à une vague d’arrestations, ainsi qu’à des suspensions et des expulsions, que de nombreux groupes anti-Israël ont condamnées comme une atteinte à la liberté d’expression.

Les manifestants anti-Israël, y compris certains groupes juifs anti-Israël, affirment que le gouvernement assimile à tort leur critique de la guerre menée par Israël à Gaza et du contrôle des territoires que les Palestiniens revendiquent pour leur futur État à de l’antisémitisme, et leur défense des droits des Palestiniens à un soutien à l’extrémisme.

Des manifestants anti-Israël installant un campement de tentes pour protester contre Israël devant Sproul Hall sur le campus de UC Berkeley, à Berkeley, en Californie, le 22 avril 2024. (Crédit : Justin Sullivan/Getty Images/AFP)

Des experts ont exprimé leurs inquiétudes concernant la liberté d’expression, le droit à un procès équitable et la liberté académique face aux menaces du président républicain.

Trump a également tenté d’expulser des étudiants étrangers anti-Israël qui manifestaient, mais s’est heurté à des obstacles juridiques.

« L’UC s’engage à protéger au maximum la vie privée de ses étudiants, de ses enseignants et de son personnel, tout en respectant ses obligations légales », a ajouté un porte-parole du bureau du président de l’université de Californie.

L’université de Berkeley a déclaré que les noms des 160 étudiants, enseignants et membres du personnel avaient été transmis au Bureau des droits civils (OCR) du ministère américain de l’Éducation, et que les personnes concernées sur le campus avaient été informées par l’établissement la semaine dernière.

Elle a ajouté que le ministère de l’Éducation avait lancé, il y a plusieurs mois, une enquête sur le traitement des plaintes liées à des « actes présumés d’antisémitisme » et qu’il avait exigé des documents.

« De nombreux documents ont été fournis à l’OCR au cours des derniers mois, y compris les noms des personnes mentionnées dans ces plaintes », a-t-elle ajouté.

Le gouvernement n’a pas encore réagi.

Le gouvernement a clos certaines enquêtes

Des manifestants anti-Israël enfonçant les portes d’un bâtiment où se tient un événement juif avec un conférencier israélien, sur le campus de l’université de Berkeley, en Californie, le 26 février 2024. (Crédit : Capture d’écran/X ; utilisées conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d’auteur).

En février, le gouvernement a ouvert des enquêtes sur des allégations d’antisémitisme à Berkeley et dans quatre autres universités.

Cette université fait actuellement l’objet d’une action en justice intentée par des groupes juifs qui l’accusent de tolérer un harcèlement antisémite « incessant » à l’encontre des étudiants et des enseignants juifs.

En avril, le juge fédéral américain James Donato a statué que deux groupes juifs pouvaient intenter une action en justice pour violation du principe d’égalité de protection, de libre exercice de la religion et des droits civiques contre des responsables universitaires, dont le président de l’université de Californie, Michael Drake, et l’ancienne chancelière de l’université de Californie à Berkeley, Carol Christ.

En juillet, le gouvernement américain a mis fin à ses enquêtes avec l’université Columbia, qui a accepté de payer plus de 220 millions de dollars, et avec l’université Brown, qui a déclaré qu’elle paierait 50 millions de dollars. Les deux établissements ont accepté certaines exigences du gouvernement. Les négociations avec l’université Harvard sont toujours en cours.

L’administration Trump s’est également heurtée à certains obstacles judiciaires dans sa volonté de geler les fonds fédéraux.

Le gouvernement avait proposé de clore son enquête sur l’université de Californie à Los Angeles (UCLA), un autre campus de l’université de Californie, en échange d’un paiement d’un milliard de dollars de la part de cette dernière. Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a rejeté cette offre, la qualifiant de tentative d’extorsion.

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