Appel au renvoi d’une légiste de Londres ayant retardé des inhumations
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Appel au renvoi d’une légiste de Londres ayant retardé des inhumations

Une légiste qui a déclaré que "aucune mort ne sera prioritaire" est accusé de "refus disproportionné de respecter les croyances religieuses qui exigent une inhumation rapide"

Une photo du tribunal du coroner de St. Pancras à Londres (Crédit : Carl de Souza / AFP / Getty Images)
Une photo du tribunal du coroner de St. Pancras à Londres (Crédit : Carl de Souza / AFP / Getty Images)

Un service de pompes funèbres juif en Grande-Bretagne a demandé qu’une médecin légiste en chef soit démise de ses fonctions pour avoir causé « de l’angoisse et un traumatisme » à un certain nombre de familles qui se sont plaintes de retards dans les enterrements juifs.

La Société funéraire Adath Yisroel (AYBS) a déposé une plainte officielle contre Mary Hassell, médecin légiste principale au bureau de St. Pancras du nord de Londres, a rapporté The Guardian dimanche.

« Beaucoup de ses règles imposées, la bureaucratie, l’inflexibilité et les retards inutiles offensent les pratiques traditionnelles et / ou religieuses », a déclaré l’AYBS dans sa plainte.

Selon la loi juive et la loi islamique, les corps des défunts doivent être enterrés le plus vite possible après la mort, idéalement le jour même.

La société funéraire a ajouté qu’elle exigerait un contrôle judiciaire ce mois-ci à moins que la légiste ne modifie son nouveau protocole, considéré comme « un refus total et disproportionné de respecter les croyances religieuses qui exigent un enterrement rapide ».

Le Jewish Chronicle, basé à Londres, a rapporté en décembre qu’une femme avait passé 210 appels téléphoniques au bureau de l’institut médico-légal de St. Pancras dans le centre de Londres avant d’être assurée que son père serait enterré quatre jours après sa mort.

Hassell a dit à la famille de Barry Davis le mois dernier qu’il faudrait deux semaines avant qu’une autopsie puisse être pratiquée et qu’un enterrement se fasse. Plusieurs autres cas similaires ont été rapportés.

Hassell a également affirmé dans une lettre aux dirigeants de la communauté juive qu’« aucune mort ne sera prioritaire par rapport à une autre en raison de la religion du défunt ou de sa famille, que ce soit par les employés de l’institut médico-légal ou des médecins légistes ».

Elle a ajouté dans sa lettre qu’elle ne permettrait plus que des corps juifs soient transférés dans un salon funéraire juif local pour permettre la « shemirah », la pratique de « garder » la dépouille d’un juif jusqu’à l’enterrement, plutôt qu’à la morgue.

En 2015, Hassell a perdu un procès intenté par la famille d’une femme juive orthodoxe. Le bureau de Hassell avait insisté pour que la femme subisse une autopsie invasive, ce qui est contraire à la loi orthodoxe. L’année suivante, Hassell a été formellement réprimandée par le Bureau des enquêtes judiciaire pour avoir publié une lettre dans laquelle elle alléguait qu’elle avait subi des intimidations de la communauté juive.

Asher Gratt de l’AYBS a été cité dans The Guardian disant que Hassell avait causé « une immense angoisse, un stress et un traumatisme » aux membres endeuillés de la communauté.

« Nous respectons ceux qui veulent un enterrement rapide. Mais la plupart des familles au Royaume-Uni préfèrent prendre un peu de temps avant de procéder à l’inhumation. Pour les Juifs, le deuil ne peut commencer qu’après l’enterrement. »

Gratt a nié que des membres de la communauté juive ont intimidé le personnel de Hassell, mais a reconnu que des parents endeuillés avaient parfois été « obligés de faire plusieurs appels téléphoniques dans un moment où ils sont désespérés et risquent ainsi d’être angoissés ».

Le bureau de Hassell a déclaré qu’elle ne souhaitait pas commenter, ajoute le rapport.

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