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Appel du monde du cinéma à Cannes à grâcier le cinéaste iranien Keywan Karimi

Le jeune homme de 30 ans a été condamné à 223 coups de fouet et un an de prison ferme pour "avoir exercé son métier"

Keywan Karimi (Crédit : Facebook Keywan Karimi)
Keywan Karimi (Crédit : Facebook Keywan Karimi)

Des cinéastes et professionnels du cinéma, réunis au 69e Festival de Cannes, ont demandé jeudi « solennellement aux autorités iraniennes la grâce de Keywan Karimi », cinéaste iranien de 30 ans, condamné à 223 coups de fouet et un an de prison ferme.

« Son crime », déclarent dans un communiqué une quarantaine d’organisations professionnelles internationales, « avoir exercé son métier de cinéaste, avoir montré le visage non officiel de la société iranienne ».

Le monde du cinéma demande également « à tous les gouvernements d’intervenir auprès des autorités iraniennes », soulignant que « le temps presse ».

« Nous ne pouvons accepter que, par le simple fait d’avoir exercé son seul regard artistique et critique, Keywan Karimi ait rejoint la trop longue liste des artistes, journalistes et citoyens privés, par les autorités iraniennes, de leur liberté, voire de leur vie », ajoutent les signataires.

L’appel est notamment lancé par le Festival de Cannes, le W&DW – Writers and Directors Worldwide, la FERA – Fédération Européenne des Réalisateurs de l’Audiovisuel, l’ADAL – Latin American Audiovisual Directors Alliance, l’European Film Academy, l’ARP – Société civile des Auteurs Réalisateurs Producteurs (France), l’Accademia del Cinema Italiano – Premi David di Donatello, la Biennale de Venise – Mostra Internazionale d’Arte Cinematografica et le DAC – Directores Argentinos Cinematográficos.

Keywan Karimi, musulman sunnite originaire du Kurdistan iranien (ouest), a été condamné pour avoir réalisé un documentaire sur les graffitis politiques des murs de Téhéran.

Début décembre, quelque 130 cinéastes iraniens avaient écrit une première lettre de soutien, se déclarant « choqués » par sa condamnation.

Parmi les signataires figurait le réalisateur Jafar Panahi qui a obtenu l’Ours d’or du dernier festival cinématographique de Berlin pour son film « Taxi », tourné clandestinement à Téhéran malgré une interdiction de filmer imposée au réalisateur par les autorités iraniennes.

« Je ne veux pas être érigé en héros. Que mes films soient vus ou que mon nom soit connu, c’est vraiment secondaire. Le cinéma c’est avant tout ce qui donne sens à ma vie », a déclaré la semaine dernière Keywan Karimi dans un entretien à l’AFP.

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