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Après l’attaque d’Erbil, Netanyahu dénonce des pourparlers « absurdes » avec l’Iran

Dans des vidéos, l’ex Premier ministre affirme que les puissances mondiales sont sur le point de signer « un accord nucléaire qui donnera aux ayatollahs un arsenal nucléaire »

Le chef de l’opposition, Benjamin Netanyahu, lors d’une réunion du parti du Likud à la Knesset, à Jérusalem le 7 mars 2022. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef de l’opposition, Benjamin Netanyahu, lors d’une réunion du parti du Likud à la Knesset, à Jérusalem le 7 mars 2022. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu a interpellé avec véhémence les puissances mondiales qui continuent de négocier un accord nucléaire avec l’Iran, après que la République islamique a tiré douze missiles sur le consulat américain au Kurdistan irakien.

Dans des messages vidéo publiés sur les réseaux sociaux en hébreu et en anglais dimanche soir, adressés respectivement aux citoyens israéliens et américains, l’ex-Premier ministre a déclaré qu’il était « absurde » que les puissances mondiales continuent à négocier à Vienne avec Téhéran.

« L’empressement désespéré à signer cet accord nucléaire boiteux avec l’Iran n’est pas seulement absurde, il est surtout dangereux », a déclaré Netanyahu dans la vidéo en anglais, publiée avec la légende : « Chaque famille américaine devrait regarder cette vidéo. »

« Hier, l’Iran a tiré des missiles à proximité du consulat américain en Irak, et les États-Unis continuent de mettre les bouchées doubles, avec les autres puissances, pour signer un accord nucléaire qui donnera aux ayatollahs un arsenal nucléaire », a accusé Netanyahu.

« [L’accord] aurait également pour effet d’alléger les sanctions et permettre que des centaines de milliards de dollars continuent à financer le terrorisme, comme hier et chaque jour au Moyen-Orient et dans le monde », a-t-il déclaré. « Cet accord est encore pire que son prédécesseur, car dans trois ans, en vertu de cet accord, l’Iran sera alors un État nucléaire du seuil. Il disposera de suffisamment d’uranium enrichi pour créer des dizaines et des dizaines de bombes nucléaires, et il aura les ICBM [missiles balistiques intercontinentaux] pour les envoyer à n’importe quel endroit aux États-Unis. »

Les derniers détails de l’accord nucléaire en cours de négociation entre l’Iran et les puissances mondiales n’ont pas encore été révélés, et les diplomates ont déclaré que certains éléments n’étaient pas encore réglés. Il est impossible à ce stade de savoir à quels documents ou renseignements Netanyahu fait allusion dans ses propos.

Un tel accord, a déclaré l’ancien Premier ministre, n’est « pas seulement inacceptable : il met aussi en danger mon pays, Israël, mais également le vôtre, les États-Unis ainsi que le monde entier. Nous ne devrions pas laisser un régime terroriste voyou et agressif comme l’Iran disposer d’armes nucléaires. N’avons-nous rien appris [du passé]? »

Les diplomates occidentaux négocient avec Téhéran depuis des mois, à Vienne, afin de relancer l’accord nucléaire de 2015, dont les États-Unis s’étaient retirés en 2018 sous la présidence de Donald Trump.

Depuis quelques semaines, les diplomates indiquent qu’un accord est sur le point d’être signé, mais l’invasion russe de l’Ukraine le mois dernier a compliqué les efforts, Moscou étant l’un des principaux négociateurs des pourparlers. L’UE a annoncé vendredi que les négociations étaient suspendues « en raison de facteurs externes ».

Dans la nuit de dimanche, le Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran a fait pleuvoir un déluge de missiles en plusieurs endroits à Erbil, affirmant avoir ciblé des centres d’entraînement secrets israéliens. Le Département d’État américain a condamné l’incident et indiqué que « l’Iran devait immédiatement cesser ses attaques », sans faire d’allusion aux négociations en cours à Vienne.

Une demeure endommagée à la suite d’une attaque de missiles iraniens à Erbil, la capitale de la région autonome kurde du nord de l’Irak, le 13 mars 2022. (Safin Hamed/AFP)

Dans la version en hébreu du message vidéo, Netanyahu a accusé le « gouvernement de Bennett, Lapid et Gantz d’avoir capitulé », de garder le silence sans agir « au lieu de lutter sur chaque front, pied à pied ».

L’ancien Premier ministre a promis que « lorsque nous reviendrons au pouvoir – bientôt, s’il plaît à Dieu – nous prendrons position contre cet accord, nous nous élèverons contre lui comme nous l’avons fait auparavant, et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger l’État d’Israël et l’avenir du peuple juif. C’est une promesse personnelle.

Lorsqu’il était était au pouvoir, Netanyahu s’était clairement opposé à l’accord initial de 2015, notamment à l’occasion d’un discours donné lors d’une session conjointe du Congrès américain contre l’accord. À l’époque, cette décision avait été considérée comme dommageable à ses relations avec le président américain de l’époque, Barack Obama, ainsi qu’avec le parti démocrate.

Le Premier ministre Naftali Bennett, qui a pris ses fonctions en juin dernier, s’est prononcé à plusieurs reprises contre l’accord en cours de négociation, sans jamais adopter la position agressive de Netanyahu lors des pourparlers avec les responsables américains.

Au début de la réunion du cabinet la semaine dernière, Bennett a réitéré la position adoptée par son gouvernement sur les pourparlers en cours : « Notre position concernant l’accord est bien connue. Les inconvénients de l’accord l’emportent de loin sur ses avantages. Quoi qu’il en soit, l’accord n’oblige en aucune façon l’État d’Israël. »

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