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Après l’attentat à Ramot, le gouvernement va fortifier 300 arrêts de bus à Jérusalem

Plusieurs mesures visant à renforcer la sécurité dans la capitale à la suite des attentats seront déployées ; Ben Gvir préférerait "l'attaque plutôt que la défense"

Une équipe médico-légale de la police israélienne travaillant sur les lieux d’un attentat à la voiture-bélier, à un arrêt de bus à Ramot, à Jérusalem, le 10 février 2023. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)
Une équipe médico-légale de la police israélienne travaillant sur les lieux d’un attentat à la voiture-bélier, à un arrêt de bus à Ramot, à Jérusalem, le 10 février 2023. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)

Le gouvernement a annoncé mardi, après une série d’attaques palestiniennes meurtrières à Jérusalem et sous la pression de sa base d’extrême droite pour qu’il prenne des mesures antiterroristes immédiates, un plan visant à « renforcer la sécurité personnelle » dans la capitale, bien que le ministère de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir se soit plaint qu’il n’aille pas assez loin.

Dans une déclaration commune, le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu et la municipalité de Jérusalem ont indiqué que le plan consistait à déployer davantage de forces de sécurité et de police, à concentrer les efforts en matière de renseignement et d’opérations, et à améliorer les « renforts civils ».

Cette dernière partie comprend l’ajout de fortifications à tous les arrêts de bus de Jérusalem pour les protéger d’attaques à la voiture bélier, comme celle de vendredi qui a tué trois personnes, dont deux jeunes enfants.

La déclaration indique que les efforts de renforcement commenceront immédiatement avec 300 arrêts de bus définis comme prioritaires. Par la suite, la municipalité renforcera 700 autres arrêts, dans des zones où le besoin est jugé moins urgent. Le bureau du Premier ministre allouera un budget pour les efforts de fortification, selon le communiqué.

Le gouvernement « travaille jour et nuit pour rétablir le sentiment de sécurité des citoyens d’Israël », a déclaré Netanyahu dans le communiqué. Le maire de Jérusalem, Moshe Lion, aurait remercié Netanyahu et son bureau pour leur action rapide.

Plus tard dans la journée, les médias israéliens ont rapporté que deux ou trois compagnies de réserve de la police des Frontières – environ 150 à 200 soldats – seraient bientôt recrutées pour prêter main forte à Jérusalem et peut-être aussi à proximité de la bande de Gaza.

Le site d’information Ynet a cité une source anonyme au sein de la police des Frontières, qui a déclaré que la force « est mise à rude épreuve et qu’il est important pour nous d’obtenir un renfort en personnel », ajoutant que certaines de ces forces devraient être sur le terrain dès mercredi soir.

Des agents de la police des Frontières dans le quartier de Silwan, à Jérusalem-Est, le 25 janvier 2023. (Crédit : Police israélienne)

En outre, des dizaines d’arrestations préventives ont été effectuées à Jérusalem-Est et d’autres sont attendues, a rapporté la Douzième chaîne, avant le mois sacré musulman du Ramadan, qui a été marqué par des tensions accrues ces dernières années. Selon Ynet, les arrestations visaient à empêcher les leaders d’opinion importants de continuer à inciter à la violence et à attiser les tensions.

Ben Gvir, politicien d’extrême droite qui a fait campagne en promettant des mesures radicales pour lutter contre le terrorisme, a déclaré mardi qu’il avait toujours pour objectif de former une « garde nationale » qui « inonderait les rues de forces de sécurité et rétablirait la sécurité et la gouvernance dans les rues d’Israël ».

Le ministre extrémiste – qui souhaitait lancer une opération militaire majeure à Jérusalem-Est similaire à l’opération Bouclier de défense de 2002, une initiative qui a été repoussée – aurait été irrité par le projet de Netanyahu de fortifier les arrêts de bus.

« Le renforcement est important, mais ce n’est pas du tout la réponse au terrorisme », a déclaré à la Douzième chaîne un associé anonyme de Ben Gvir. « Ce n’est pas un hasard si le ministre n’a pas signé la déclaration publiée par le bureau de Netanyahu. »

Le nouveau ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, serre la main du nouveau Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Knesset après un vote visant à étendre les pouvoirs ministériels de Ben Gvir, le 28 décembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

La source a ajouté que le renforcement des arrêts de bus aurait dû être fait il y a des années, et que la campagne actuelle ne devrait pas se contenter de cette étape.

« Le ministre Ben Gvir cherche à s’adresser directement à l’ennemi, et a ordonné à la police d’agir à Jérusalem-Est. Il pense que cela devrait être le point central, l’attaque plutôt que la défense », a déclaré le collaborateur.

Ben Gvir n’est pas le seul membre du gouvernement à avoir critiqué les mesures prises par le gouvernement pour fortifier les arrêts de bus.

En 2019, alors qu’il était dans l’opposition, l’actuel ministre des Finances Bezalel Smotrich, qui est également ministre de la Défense, s’est moqué d’une mesure similaire en Cisjordanie, en tweetant : « Qui a dit que Netanyahu ne construisait pas en Judée et Samarie ? » Il utilisait le nom biblique de la Cisjordanie couramment utilisé en hébreu, et faisait référence à sa critique selon laquelle trop peu de constructions étaient approuvées dans les implantations.

En 2014, Aryeh Deri, chef du parti Shas, a déclaré qu’un « gouvernement qui place des blocs de béton sur le chemin de l’épicerie n’a pas le droit d’exister ».

La scène d’une attaque palestinienne à l’entrée du camp de réfugiés de Shuafat à Jérusalem-Est, le 13 février 2023. En haut à gauche : Le sergent d’état-major Asil Sawaed, tué dans l’attaque. (Crédit : Police israélienne)

Une vague d’attaques palestiniennes au cours des dernières semaines a coûté la vie à 11 Israéliens. Dans la plus récente d’entre elles, Asil Sawaed, 22 ans, agent de la police des Frontières, a été poignardé lundi par un adolescent palestinien à Jérusalem-Est, et été également touché accidentellement par la balle d’un camarade qui avait tenté de viser le terroriste.

Mardi, Ben Gvir a rendu une visite de condoléances à la famille de Sawaed dans le village bédouin de Hussniyya, dans le nord d’Israël.

Des images publiées en ligne montrent un parent âgé expliquant à Ben Gvir que depuis la création de l’État en 1948, 14 des membres du clan Sawaed sont morts en servant dans les forces de sécurité israéliennes. L’homme, qui a déclaré avoir 28 enfants, a dit à Ben Gvir que l’État devait aider le clan en lui accordant une reconnaissance, des infrastructures et de l’électricité.

« C’est mon devoir », a répondu Ben Gvir. « Celui qui donne à l’État, je lui suis redevable. »

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