Après le meurtre du rabbin, Friedman accuse les Palestiniens d’empêcher la paix
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Après le meurtre du rabbin, Friedman accuse les Palestiniens d’empêcher la paix

L'envoyé américain, "félicité" par Netanyahu, a condamné le Hamas, qui a salué la fusillade ; L'envoyé de la paix de l'ONU a aussi fustigé le groupe terroriste

L'ambassadeur américain en Israël, David Friedman, lors d'une cérémonie pour les nouveaux ambassadeurs à la résidence du président de Jérusalem le 16 mai 2017. (Crédit :  Noam Revkin Fenton/Pool/Flash90)
L'ambassadeur américain en Israël, David Friedman, lors d'une cérémonie pour les nouveaux ambassadeurs à la résidence du président de Jérusalem le 16 mai 2017. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Pool/Flash90)

L’ambassadeur américain en Israël, David Friedman a lancé une virulente attaque contre les Palestiniens et leurs dirigeants mercredi, les tenant pour responsables de l’absence de paix avec Israël.

« Un Israélien père de six enfants a été tué de sang-froid hier soir par des terroristes palestiniens », a écrit M. Friedman sur Twitter mercredi après la mort du rabbin Raziel Shevach, un père de 6 enfants, âgé de 35 ans, tué par balles en Cisjordanie mardi soir.

« Le Hamas tresse les louanges des meurtriers et les lois de l’Autorité palestinienne vont récompenser financièrement les auteurs de l’attaque. Ne cherchez pas plus loin pour voir pourquoi il n’y a pas de paix », a ajouté le diplomate.

Les Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée de l’organisation terroriste palestinienne du Hamas, ont salué l’attaque.

« Je tiens à féliciter l’ambassadeur américain Friedman qui a tweeté une vérité, sans fard et sans détour », a déclaré Benjamin Netanyahu mercredi aux journalistes étrangers lors d’une réception du Nouvel An organisée par le Bureau de presse du gouvernement à Jérusalem.

« Il a dit des choses importantes : le gouvernement d’Abbas soutient les meurtriers qui ont assassiné le père de six enfants », a-t-il déclaré.

Netanyahu a poursuivi en hébreu en déclarant que l’arrestation de l’auteur de l’attaque terroriste meurtrière d’hier n’était qu’une « question de temps ».

« J’ai parlé au responsable du Shin Bet et il m’a expliqué que des efforts intensifs étaient déployés. Je n’ai aucun doute sur le fait qu’il s’agit d’une question de temps. »

Plus tôt dans la journée, David Friedman avait tweeté : « Un père israélien de six enfants a été tué de sang-froid hier soir par des terroristes palestiniens. Le Hamas a fait l’éloge des tueurs et la législation de l’AP permettra de leur apporter une récompense financière. Ne cherchez pas plus loin, voilà pourquoi il n’y a pas de paix. »

La vice-ministre des Affaires étrangères Tzipi Hotovely a aussi publié un communiqué dans lequel elle remercie Friedman pour ses propos. « Cher ambassadeur, nous apprécions votre solidarité avec Israël. Nous apprécions votre participation à la lutte contre le terrorisme et le fait que vous compreniez que le soutien de l’Autorité palestinienne aux terroristes est le fond du problème », a-t-elle écrit sur Twitter.

L’AP, qui a fait part de son refus de revenir à la table des négociations avec Israël tant que le président américain Donald Trump ne revient pas sur la reconnaissance de Jérusalem, qu’il a déclarée capitale d’Israël, a fustigé les remarques de l’ambassadeur américain.

Le député Ahmad Tibi (Liste arabe unie) a critiqué le tweet de Friedman, l’accusant d’une « attitude partiale et sélective », soulignant le silence de Friedman sur ce que les Palestiniens affirment être un meurtre par les forces israéliennes d’un Palestinien handicapé lors des récentes manifestations et affrontements à la frontière de Gaza comme preuve de son parti pris.

Ils lui ont aussi reproché de ne pas critiquer « l’occupation et la colonisation des territoires palestiniens par Israël ».

« L’ambassadeur Friedman est choqué par la mort ? Je ne l’ai pas entendu quand un sniper israélien a tué Ibrahim Abu Thurayeh, doublement amputé, ou quand Muhammad Tamimi a été blessé d’une balle dans la tête. À cause de cette hypocrisie et de ce parti pris, et à cause des positions de l’administration Trump, le conflit se poursuit et du sang coule. Et quand ils sont les représentants de l’administration, ne demandez pourquoi il n’y a pas de paix. »

Le rabbin Raziel Shevach avec sa famille, photo non-datée (Autorisation de la famille)

Nickolay Mladenov, le coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen Orient, a également semblé accuser les Palestiniens pour leur incitation à la violence et pour le ralentissement du processus de paix, bien qu’indirectement.

« Il n’y a rien qui justifie le terrorisme ni ceux qui le cautionnent, le saluent ou le glorifient. Ce n’est pas la voie vers la paix. Les auteurs de l’attentat d’hier doivent être traduits en justice », a-t-il tweeté.

Le ministre des Affaires étrangères a condamné l’attaque et a appelé « les parties à agir pour calmer la situation ».

« L’attaque meurtrière dans laquelle un résident d’un avant-poste israélien a été tué, en Cisjordanie, est regrettable. Nous condamnons fermement ce meurtre abominable », a déclaré un porte-parole. « Nous présentons nos plus sincères condoléances à la famille de la victime et à ses proches. »

« Tous ceux qui portent la responsabilité de cette attaque ou qui la saluent, attisent la violence, qui complique l’application d’une solution au conflit au Moyen Orient par le biais d’une négociation », a poursuivi le porte-parole. « Nous attendons que toutes les parties calment la situation. »

D’autres condamnations internationales se sont faites entendre, notamment du Quai d’Orsay qui a présenté « ses condoléances à la famille de la victime », mais aussi de la part de Martin Weiss, l’ambassadeur autrichien en Israël, qui a déclaré que Raziel a été « lâchement assassiné », et de la part du sénateur américain républicain Ted Cruz, qui a qualifié l’attaque d’ « horrible » et a présenté « ses profondes condoléances » et ses prières.

À l’inverse des ambassadeurs américains précédents, Friedman était déjà connu pour son fervent soutien à l’égard des implantations israéliennes avant qu’il ne prenne ses fonctions. Il a été président de l’organisation American Friends of Bet El Institutions, qui soutient l’implantation située à proximité de Ramallah.

Ce soutien s’est poursuivi depuis sa nomination au poste d’ambassadeur.

En septembre, Friedman a déclaré que les implantations « font partie d’Israël ».

En novembre, il a annulé sa participation à une cérémonie en hommage à Ezra Schwartz, l’adolescent américain assassiné, après que les médias ont déclaré qu’elle se déroulera dans un avant-poste de Cisjordanie.

L’ambassadeur David Friedman rend viiste au député du Likud Yehudah Glick ans l’implantation d’Otniel le 3 janvier 2018. (Crédit : Har Hebron Regional Council)

La semaine dernière, Friedman a rendu visite au député du Likud Yehuda Glick, dans l’implantation d’Otniel, pour lui présenter ses condoléances après le décès de son épouse.

Il y a deux semaines, la télévision publique israélienne avait indiqué que Friedman aurait demandé au département d’État de ne plus employer le terme « occupé » dans les documents officiels quand Israël et la Cisjordanie sont mentionnés.

La radio israélienne avait indiqué dans un premier temps le refus du département d’État. Suite à la pression subie, la question sera prochainement rediscutée. Un responsable du département d’État a qualifié cette information de « tordue et trompeuse », après avoir été interrogé sur la question.

L’AFP a contribué à cet article.

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