Après Pittsburgh, Bennett « pas sûr » qu’il y ait une montée de l’antisémitisme
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Après Pittsburgh, Bennett « pas sûr » qu’il y ait une montée de l’antisémitisme

Le ministre des Affaires de la Diaspora a remis en question les chiffres de l'ADL faisant état d'une hausse de 57 % des incidents antisémites en 2017

Le ministre de l'Éducation Naftali Bennett dirige une réunion de sa faction du parti Jewish Home à la Knesset le 12 mars 2018. (Miriam Alster/Flash90)
Le ministre de l'Éducation Naftali Bennett dirige une réunion de sa faction du parti Jewish Home à la Knesset le 12 mars 2018. (Miriam Alster/Flash90)

WASHINGTON — Après la pire attaque ayant frappé une communauté juive dans l’histoire des Etats-Unis, le ministre israélien de l’Education et des Affaires de la Diaspora Naftali Bennett a remis en question la recrudescence de l’antisémitisme aux Etats-Unis.

Durant une table ronde au Conseil des Relations étrangères à New York, le chef du parti HaBayit HaYehudi a déclaré qu’il n’était « pas sûr qu’il y ait une montée de l’antisémitisme aux Etats-Unis », remettant en cause les chiffres diffusés il y a quelques mois par la Ligue Anti-Diffamation (ADL), qui faisait état d’une augmentation drastique des actes antisémites par rapport aux années précédentes.

En février, le groupe de défense des droits civiques a diffusé son audit annuel concernant les actes antisémites, et a noté une augmentation de 57 % entre 2016 et 2017.

Cet audit reprenait les 1 986 incidents antisémites signalés en 2017 contre 1 267 en 2016. L’ADL a indiqué qu’il s’agissait de l’augmentation annuelle la plus importante depuis le début de l’archivage des données débuté en 1979.

« Je ne suis pas convaincu qu’il s’agisse de faits », a déclaré Bennett mercredi, au sujet du rapport de l’ADL. Vers la fin de l’évènement, le ministre israélien a précisé qu’il ne « rejetait » pas les résultats de l’ADL, mais que « nous devons les étudier et regarder les faits ».

« Je dis juste que nous devons regarder les faits », a-t-il ajouté. « Je comprends que les membres de l’ADL ont eux-mêmes établi qu’il y a une baisse dans la violence des actes antisémites, mais, pour une raison ou une autre, cela a été caché au public. »

Jason Pearlman, porte-parole de Bennett, a déclaré au Times of Israël mercredi que le député « ne pense pas nécessairement qu’il y a plus d’antisémites en tant que tels, mais en raison des réseaux sociaux et de la capacité des groupes à se rassembler et à amplifier leurs messages, il se peut qu’il y ait plus d’incidents antisémites ».

« Quand il s’agit de l’antisémitisme dans la rue, d’attaques violentes, le rapport de l’ADL établit qu’il y a une baisse dans ce types de crimes », a ajouté Pearlman. « Donc il y a une aggravation dans certains domaines et une amélioration dans d’autres. »

Le président américain et son épouse Melania déposent une gerbe de fleurs à Pittsburgh pour rendre hommage aux victimes de la fusillade de la synagogue Tree of Life, en présence du rabbin Jeffrey Myers, le 30 octobre 2018 (Crédit : AP/Keith Srakocic). (Crédit : AP/Andrew Harnik)

Il faisait référence aux chiffres du rapport, qui montre une baisse du nombre d’agressions antisémites en 2017, par rapport à 2016 (19 contre 36), alors que les incidents de vandalisme et de harcèlement ont augmenté (510 actes de vandalisme en 2016 contre 952 en 2017 et 721 incidents de harcèlement en 2016 contre 1 015 en 2017).

Le rapport de l’ADL incluait également les alertes à la bombe par téléphone, qui visaient les centres communautaires juifs. Il a été établi ultérieurement qu’ils proviendraient d’un adolescent autiste de la région d’Ashkelon.

« En 2017, il y a eu 1 015 cas de harcèlements, soit une augmentation de 41 % par rapport aux 721 incidents de 2016. Sur ces cas, 163 faisaient partie de la vagues d’alertes à la bombe par téléphone durant le premier trimestre de 2017. Si ces alertes à la bombes n’avaient pas été incluses dans le total des cas de harcèlement, on aurait obtenu le nombre de 852, ce qui correspond à une hausse de 18 % par rapport à 2016 », indique le rapport.

Une femme se recueille devant un mémorial pour les victimes de la fusillade mortelle dans la synagogue Tree of Life, dans le quartier Squirrel Hill de Pittsburgh, le 27 octobre. (SMIALOWSKI/AFP)

Samedi, un homme armé est entré dans la synagogue Tree of Life de Pittsburgh et a ouvert le feu pendant l’office du samedi matin. Le suspect, Robert Bowers, a tué 11 fidèles et blessé six personnes dont quatre agents de police, selon les autorités.

« Nous pensons qu’il s’agit de l’attaque contre une communauté juive la plus meurtrière de l’histoire des Etats-Unis », avait déclaré l’ADL peu après le massacre.

Samedi après-midi, les procureurs fédéraux ont annoncé que Bowers devrait répondre de 29 chefs d’accusation – 11 pour avoir utilisé une arme à feu dans le but de commettre un meurtre et plusieurs autres pour crimes de haine, notamment pour obstruction de l’exercice des croyances religieuses entraînant la mort et pour obstruction de l’exercice des croyances religieuses ayant entraîné des blessures physiques chez un agent de la sécurité publique.

Les propos de Bennett ont déclenché un tollé sur Twitter.

« Après l’attaque la plus meurtrière contre les Juifs dans l’histoire des Etats-Unis, Naftali Bennett traite l’ADL de fake news« , a tweeté Batya Ungar-Sargon, journaliste chez The Forward. “CES CHOSES-LÀ NE S’INVENTENT PAS. »

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