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Après une longue bataille, le ruisseau Hassi sera enfin ouvert à tous

Le gouvernement propose d'agrandir la section du ruisseau pour accueillir les visiteurs, installer des toilettes et fournir de l'ombre, sans déranger les résidents de Nir David

Le ruisseau Hassi au kibboutz Nir David. (Crédit : Shlomi Mishali/Pikiwiki Israël/Wikipedia, CC BY 2.5)
Le ruisseau Hassi au kibboutz Nir David. (Crédit : Shlomi Mishali/Pikiwiki Israël/Wikipedia, CC BY 2.5)

Le ministère de la Justice a présenté lundi un projet très attendu visant à autoriser l’accès du public à un ruisseau pittoresque du nord d’Israël, qui a fait l’objet d’une bataille juridique passionnée entre des activistes et les résidents du kibboutz traversé par le cours d’eau.

Le nouveau plan permettra au public de profiter du magnifique tronçon du ruisseau « Hassi » qui passe dans le kibboutz Nir David, tout en limitant les perturbations du mode de vie serein de la communauté.

Il fait suite à une campagne de plusieurs années menée par les habitants de la ville voisine de Beit Shean, de plus en plus soutenus par des militants pour la justice sociale de tout le pays, pour obtenir l’accès à ce cours d’eau turquoise, qui est en réalité un canal.

Le plan repose sur l’ouverture et l’amélioration de la section « Green Shore » (« la Rive verte ») du cours d’eau. La zone sera ouverte gratuitement chaque semaine, du dimanche au jeudi, de 9h à 15h, et le vendredi, de 9h à 13h.

L’accès à la zone se fera uniquement par la rive sud du ruisseau, et non par l’entrée principale du kibboutz, ce qui limitera l’impact sur les résidents. Les zones dangereuses du ruisseau seront interdites d’accès.

L’État financera l’agrandissement de la plage, la construction d’un nouveau pont reliant les deux rives et l’installation de toilettes et de structures ombragées dans la zone. Dans un premier temps, le plan limite le nombre de visiteurs à 50 personnes, mais une fois les travaux d’amélioration achevés, 600 personnes seront autorisées à se rendre simultanément sur le site.

Ce plan est annoncé deux ans après que le ministère public s’est rangé du côté du public et a informé le tribunal de district de Haïfa que l’accès public à une partie du cours d’eau devait être immédiatement autorisé.

Le ruisseau Amal, ou « Hassi », traversant le kibboutz Nir David dans le nord d’Israël, le 9 août 2020. (Crédit : Menachem Lederman/Flash90)

La procureure générale adjointe pour les affaires civiles, Carmit Yulis, a salué la proposition de lundi comme un juste équilibre entre « les intérêts des parties concernées par la question ».

« L’arrangement est conçu pour garantir le libre accès du public au ruisseau Hassi, en vertu du fait qu’il s’agit d’une terre désignée, tout en préservant la qualité de vie des résidents du kibboutz Nir David », a-t-elle déclaré.

Hassi (dont le nom hébreu officiel est le ruisseau Amal) est une hébraïsation du nom arabe du ruisseau, al-Atsi. Il prend sa source au Gan Hashlosha, mieux connu sous son nom arabe, Sakhne, avant de se jeter dans Nir David.

Le cours d’eau traversait Beit Shean, mais il a été détourné dans les années 1980 à des fins agricoles entre autres, et cette partie s’est depuis asséchée.

Après l’arrêt de l’accès gratuit aux autres plans d’eau de la région, les habitants de Beit Shean et d’autres communautés ont commencé à affluer dans le kibboutz pour profiter des eaux du ruisseau et se détendre sur les pelouses soignées qui recouvrent les berges.

Mais à Nir David, certaines maisons touchent presque le ruisseau. Les habitants du kibboutz ont ressenti cela comme une invasion. Ils ont défendu leur droit à préserver leur tranquillité après que leurs ancêtres ont souffert de la chaleur torride, de l’humidité et du paludisme pour assécher les marécages, canaliser l’eau dans un canal, construire des maisons et aménager la région en ce qui ressemble aujourd’hui à un jardin d’Eden.

Une vue aérienne du kibboutz Nir David dans la vallée de Beit Shean, dans le nord d’Israël. (Crédit : liorpt via iStock by Getty Images)

Ils ont insisté sur le fait qu’ils avaient besoin du ruisseau pour aider à financer le kibboutz grâce au tourisme et qu’ils n’étaient pas équipés pour transformer leur village de quelques centaines d’habitants en un parc national public pour des milliers de personnes.

En 2015, des militants ont saisi le tribunal de Beit Shean pour obtenir l’accès au cours d’eau. Cela a donné lieu à un compromis en vertu duquel le kibboutz a accepté de prévoir une section du cours d’eau, à une certaine distance des maisons, pour qu’elle soit réservée à l’usage du public. Le kibboutz a soumis les plans d’urbanisme créés à cet effet, mais ils ont fait l’objet d’un va-et-vient bureaucratique incessant, et sont actuellement bloqués par la commission de Planification du district nord.

La frustration grandissant, les militants ont lancé une page Facebook « Libérer le Hassi » en septembre 2020. Elle enregistre aujourd’hui 24 600 abonnés.

En 2010, sentant que son mode de vie était compromis, le kibboutz a bloqué l’entrée avec un portail en fer.

Des groupes de manifestants se sont rassemblés devant la porte de Nir David, réclamant la justice sociale au cours de l’été 2020. Nir David a réagi en engageant une société de sécurité privée et les affrontements entre les deux parties sont devenus violents.

Ce désaccord a mis en lumière les profondes lignes de fracture ethniques et socio-économiques qui existent encore entre les Juifs séfarades, en particulier ceux d’Afrique du Nord, et les Juifs ashkénazes, principalement d’origine européenne.

Sue Surkes a contribué à cet article.

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