Arrestations préventives en vue d’une future évacuation à Ofra
Rechercher

Arrestations préventives en vue d’une future évacuation à Ofra

La Haute cour a rejeté l'appel des habitants, qui demandaient que les bâtiments soient scellés et non démolis

L'implantation d'Ofra, dans le centre de la Cisjordanie, le 17 novembre 2016. (Crédit : Lior Mizrahi/Flash90)
L'implantation d'Ofra, dans le centre de la Cisjordanie, le 17 novembre 2016. (Crédit : Lior Mizrahi/Flash90)

La police a entamé une série d’arrestations préventives de militants d’extrême droite avant l’évacuation prévue de neuf bâtiments dans l’implantation d’Ofra, en Cisjordanie, qui ont été construits sans permis sur des terrains privés palestiniens.

Les neuf édifices, dont huit sont habités, auraient dû être démolis le 8 février, mais l’évacuation a été repoussée jusqu’au 5 mars suite à une demande de délai à la Cour Suprême. La démolition avait été initialement ordonnée par la cour pour une destruction en février 2015.

La Haute cour de Justice a rejeté lundi un appel des habitants des constructions, qui demandaient que les bâtiments soient scellés et non détruits, dans l’espoir de les faire régulariser dans le cadre de la loi de Régulation.

Dans le cadre de leurs efforts visant à éviter une répétition des scènes violentes qui ont eu lieu lors de l’évacuation de l’avant-poste d’Amona au début du mois, la police a pris des mesures pour empêcher les militants d’extrême droite et les jeunes d’atteindre Ofra.

Les neuf bâtiments d'Ofra qui doivent être démantelées avant le 5 mars 2017. (Crédit : capture d'écran Google Maps)
Les neuf bâtiments d’Ofra qui doivent être démantelées avant le 5 mars 2017. (Crédit : capture d’écran Google Maps)

Ils ont notamment interpellé un résident de Jérusalem âgé de 20 ans. Il a refusé de signer une ordonnance de la police lui interdisant d’entrer dans l’implantation. En effet, la police le soupçonne de planifier des perturbations durant les démolitions à venir.

Après son arrestation, l’homme a été traduit devant un juge à la Cour des magistrats de Jérusalem, qui a émis une ordonnance de restriction lui interdisant de se rendre à Ofra durant les deux prochaines semaines, selon le quotidien israélien Haaretz.

La juge Karen Miller a déclaré que, bien qu’il « n’y ait pas de soupçon raisonnable d’une infraction criminelle d’entrave à un agent de police [dans l’accomplissement de son devoir] », comme le prétend la police, « il existe des soupçons raisonnables de conspiration [pour commettre un crime] ».

L’avocat de l’homme arrêté, Nati Rom du groupe d’aide juridique Honenu, a écrit sur Facebook que la police violait la liberté d’expression de son client et que la décision d’arrêter son client sur d’éventuels crimes « n’existe pas en droit ». Rom a ajouté que Honenu envisageait de faire appel.

Le groupe, qui fournit une aide juridique aux militants d’extrême droite, a également affirmé qu’un autre individu, un mineur, a été détenu pour la même raison ces derniers jours, mais a été libéré après avoir accepté une ordonnance de la police lui interdisant de s’approcher de Ofra.

Manifestation contre la démolition de neuf maisons dans l'implantation d'Ofra, en Cisjordanie, le 5 février 2017. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)
Manifestation contre la démolition de neuf maisons dans l’implantation d’Ofra, en Cisjordanie, le 5 février 2017. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Durant le week-end, la police des frontières a délogé un certain nombre d’activistes d’extrême droite de l’un des bâtiments devant être démolis à Ofra. Ceux qui sont à l’intérieur du bâtiment abandonné auraient tenté de se barricader pour résister à l’évacuation prévue.

Les résidents actuels des foyers en question n’ont pas cherché la confrontation. Ils ont affirmé dans une déclaration que « nous n’utiliserons pas de pieds de biche ni ne nous barricaderons » à l’intérieur des maisons. La plupart des familles vivant dans les bâtiments ont déjà quitté les lieux, selon Ynet.

Plus tôt ce mois-ci, plus de 5 000 personnes ont protesté contre l’évacuation lors d’un rassemblement à Ofra, avec le célèbre leader nationaliste-religieux le rabbin Haïm Druckman qui a promis lors de la manifestation que « nous continuerons à nous implanter en Terre d’Israël… Nous ne sommes pas des voleurs. »

L’affaire des neuf bâtiments a été portée devant la Haute Cour en 2008 par l’organisation juridique de gauche Yesh Din, qui représentait le propriétaire foncier palestinien.

Un rapport publié la même année par un autre groupe de défense israélien, B’Tselem, a déclaré que près de 60 % de la zone construite d’Ofra se trouve sur des terres appartenant à des Palestiniens. Les revendications relatives à la propriété privée de terres dans des implantations comme Ofra et l’avant-poste Amona sont basées sur le cadastre jordanien antérieur à 1967, qu’Israël a adopté après avoir conquis la Cisjordanie aux Jordaniens cette année-là.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...