Au déplaisir d’Israël, les ministres de l’UE vont soutenir l’initiative française
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Au déplaisir d’Israël, les ministres de l’UE vont soutenir l’initiative française

Même si des négociations directes sont préférables, les États européens “ignorent” les objections de Jérusalem

Le président français François Hollande (au centre), le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon (au centre, à gauche), le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault (au centre, à droite), le secrétaire d'Etat américain John Kerry (4° à droite), la responsable des Affaires étrangères de l'UE Federica Mogherini (3° à droite) et des responsables pour la photo de groupe de la conférence sur l'initiative pour la paix au proche Orient, organisée à Paris le 3 juin 2016. (Crédit : AFP Photo/Pool/Kamil Zihnioglu)
Le président français François Hollande (au centre), le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon (au centre, à gauche), le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault (au centre, à droite), le secrétaire d'Etat américain John Kerry (4° à droite), la responsable des Affaires étrangères de l'UE Federica Mogherini (3° à droite) et des responsables pour la photo de groupe de la conférence sur l'initiative pour la paix au proche Orient, organisée à Paris le 3 juin 2016. (Crédit : AFP Photo/Pool/Kamil Zihnioglu)

Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne devraient se réunir lundi pour voter leur soutien à l’initiative de paix française, une proclamation qui devrait renforcer les efforts de Paris pour relancer des négociations de paix israélo-palestiniennes.

Ce mois-ci, des représentants de 28 pays arabes et occidentaux, de la Ligue arabe, de l’Union européenne (UE) et des Nations unies se sont rencontrés à Paris pour discuter des moyens que la communauté internationale pourrait utiliser pour faire avancer le processus de paix israélo-palestinien.

Ni les Israéliens ni les Palestiniens n’avaient été invités à assister à la réunion, qui avait pour objectif de poser les fondations d’une conférence de paix à part entière qui devrait avoir lieu avant la fin de l’année.

Les Palestiniens avaient salué l’initiative française mais Israël avait déclaré qu’elle « repoussait la paix un peu plus loin ».

Des responsables israéliens ont déclaré à Haaretz que le ministère des Affaires étrangères n’avait pas réussi à empêcher le vote de la motion des ministres des Affaires étrangères, et qu’il concentrait à présent ses efforts sur l’adoucissement de la formulation de l’annonce.

La France aurait fait pression sur Federica Mogherini, responsable de la politique étrangère de l’UE, et sur les 27 autres ministres des Affaires étrangères des états membres de l’UE pour qu’ils soutiennent l’initiative de Paris. Un responsable du ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré que les Français avaient réussi à rassembler le soutien de leurs alliés européens pour la conférence de paix internationale.

Les négociations entre Israël et les Palestiniens sont dans une impasse depuis une initiative menée par les Etats-Unis qui a échoué en avril 2014 en raison de récriminations mutuelles.

« Tout le monde est d’accord avec nous sur le principe que des négociations directes entre Israël et les Palestiniens sont préférables », a déclaré à Haaretz un haut responsable anonyme de Jérusalem. « Mais en pratique, ils ignorent nos objections à l’initiative française. La plupart des pays ne comprennent pas notre position. »

Ce responsable a déclaré que le soutien massif à la proposition de Paris tient principalement au fait que « il n’y a pas d’autre initiative sur la table qui essaie de mettre fin au gel du processus de paix. »

Le sommet des ministres des Affaires étrangères de l’UE est le dernier effort de la France pour rassembler la communauté internationale pour une conférence de paix. L’envoyé français, Pierre Vimont, chargé de piloter les efforts de paix, a rencontré vendredi le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choukri, pour des discussions sur les prochaines mesures qu’il prendra pour préparer la conférence afin de raviver le processus de paix moribond.

La Ligue arabe a déclaré que son secrétaire général, Nabil al-Arabi, avait eu des discussions similaires avec Vimont.

Jeudi, l’ambassadeur égyptien en Israël Hazem Khairat a déclaré que Le Caire voulait aider à créer un « environnement palestinien approprié » pour faciliter un accord de paix israélo-palestinien.

Pendant un discours prononcé à la conférence de Herzliya, Khairat a salué l’initiative de paix française, qui « contribue au cadre de l’action internationale à cette fin ».

La rencontre ministérielle à Paris du début du mois, a-t-il déclaré, « a certainement fait un nouveau pas vers la paix. »

L'ambassadeur égyptien en Israël Hazem Khairat prenant la parole lors de la Conférence d'Herzliya le 17 juin 2016 (Crédit : capture d'écran)
L’ambassadeur égyptien en Israël Hazem Khairat prenant la parole lors de la Conférence d’Herzliya le 17 juin 2016 (Crédit : capture d’écran)
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