Au Likud, certains avaient pressé Deri de former un gouvernement sans Netanyahu
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Au Likud, certains avaient pressé Deri de former un gouvernement sans Netanyahu

Le chef du parti Shas a noté qu'une telle action aurait été contraire à la volonté des électeurs ; le Premier ministre appelle le public à soutenir son propre parti

Un Juif ultra-orthodoxe devant un panneau d'affichage avec des photos du Premier ministre Benjamin Netanyahu et du chef du Shas Aryeh Deri, dans le cadre de la campagne électorale Shas, à Safed, le 10 mars 2019. (David Cohen/Flash90)
Un Juif ultra-orthodoxe devant un panneau d'affichage avec des photos du Premier ministre Benjamin Netanyahu et du chef du Shas Aryeh Deri, dans le cadre de la campagne électorale Shas, à Safed, le 10 mars 2019. (David Cohen/Flash90)

Le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri a affirmé que des responsables du Likud et d’autres formations auraient tenté, au mois d’avril, de le persuader de prendre des initiatives visant à renverser le Premier ministre Benjamin Netanyahu et à l’empêcher d’organiser de nouvelles élections.

La Knesset avait été dissoute en mai après l’échec de Netanyahu à rassembler une coalition. Cet échec avait notamment été dû au refus du chef d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, de rejoindre le gouvernement. Le nouveau scrutin – le deuxième de cette année – aura lieu le 17 septembre.

Dans une vidéo diffusée par la Douzième chaîne, lundi, Deri déclare à un auditoire de rabbins affiliés au parti ultra-orthodoxe Shas que « nous étions soumis à de fortes pressions : pourquoi organiser de nouvelles élections ? Laissons le président transmettre la tâche de former un gouvernement à quelqu’un d’autre – du Likud ou d’ailleurs ».

Il explique que « de hauts responsables du Likud et d’autres formations sont venus me voir et m’ont demandé : ‘pourquoi le soutenez-vous inconditionnellement ?’. Et ils ont tenté de me persuader : ‘Enfin voyons, pas besoin d’aller si loin pour lui’. »

Toutefois, indique Deri, une telle initiative est « impensable » parce que « le public veut Netanyahu » et qu’il l’a soutenu lors du scrutin à la Knesset du mois d’avril. Ce serait un tort d’aller contre la volonté du peuple simplement parce que Liberman « a décidé de le remplacer », dit Deri dans la vidéo.

Il était impossible pour le chef du Shas de dire à Netanyahu « tu as fait ce que tu avais à faire, maintenant tu peux rentrer chez toi », ajoute-t-il.

Lundi après-midi, Netanyahu a diffusé une vidéo sur Facebook appelant les électeurs à ne pas soutenir Shas ou d’autres partis de droite, mais à voter pour le Likud – qui se trouve au coude à coude avec la formation d’opposition centriste Kakhol lavan.

Néanmoins, dans ces propos tenus devant les rabbins dans la vidéo, Deri explique qu’il est « indubitable que le Shas, avec 12 mandats, est bien plus important pour Netanyahu et le Likud qu’un siège supplémentaire ou deux pour le Likud » (Le Shas a remporté huit sièges au mois d’avril, et les prédictions pour le scrutin de septembre sont semblables).

Les rumeurs sur un possible coup d’État au sein du Likud contre Netanyahu persistent depuis des mois. En mai, une source proche de la formation avait accusé Gideon Saar, un cadre du parti, de chercher à renverser Netanyahu lorsqu’il avait critiqué un cessez-le-feu conclu entre le Hamas et Israël.

En août, le fils de Netanyahu, Yair, avait reproché au président de la Knesset, Yuli Edelstein, de tenter d’organiser un coup d’État interne contre son père dans un tweet qui a depuis été supprimé.

Le plus jeune fils du Premier ministre, connu pour ses publications agressives sur les réseaux sociaux, avait lancé cette accusation après des propos tenus par Liberman qui avait estimé qu’Edelstein représentait une alternative possible à Netanyahu au poste de Premier ministre.

Peu de temps après, Yair Lapid, le numéro deux du parti d’opposition Kakhol lavan, avait déclaré au Times of Israel qu’il pensait que le Likud, dont les députés avaient appuyé à l’unanimité le recours de Netanyahu à un nouveau scrutin à l’issue de l’échec des pourparlers de coalition, fin mai, ne tolérerait pas une répétition de la situation et qu’il serait prêt à abandonner son dirigeant si celui-ci devait se trouver dans l’incapacité de remporter une victoire claire.

Début août, Netanyahu avait poussé les candidats du Likud à signer une promesse stipulant qu’ils resteraient unis derrière lui et qu’ils n’avaient pas l’intention de le remplacer. Qualifiant ce document « d’humiliant », Lapid avait déclaré : « il faut être fou pour penser que qui que ce soit s’exprimera avant les élections. Mais à la minute où cette élection sera terminée, et en particulier si aucun gagnant ne se distingue clairement, alors ils prendront leur revanche sur lui ».

Liberman a également clamé qu’un grand nombre de membres du Likud s’attendent d’ores et déjà à ce que Netanyahu échoue, une fois encore, à former une coalition après les prochaines élections et qu’ils se penchent sur la possibilité de le remplacer.

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