Saar critique le cessez-le-feu et est accusé de vouloir renverser Netanyahu
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Saar critique le cessez-le-feu et est accusé de vouloir renverser Netanyahu

Miri Regev, qui soutient la trêve avec les groupes terroristes de Gaza, a estimé que les propos de son confrère du Likud sont "déplacés"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu serre la main de Gideon Saar à son arrivée au centre du patrimoine Menachem Begin à Jérusalem, le 11 mars 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu serre la main de Gideon Saar à son arrivée au centre du patrimoine Menachem Begin à Jérusalem, le 11 mars 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un responsable du Likud a fustigé un confrère, Gideon Saar, pour son apparente critique du cessez-le-feu entre Israël et les groupes terroristes à Gaza, et l’a accusé de « juste vouloir faire tomber Netanyahu ».

Dans sa première rupture avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu depuis son retour en politique, le député Saar a déclaré que les termes de l’accord qui ont mis fin aux deux jours d’hostilités meurtrières n’étaient pas favorables pour Israël et n’empêcheront pas les futures violences.

« Les circonstances dans lesquelles ce cessez-le-feu a été conclu sont défavorables pour Israël », a écrit Saar sur Twitter, dans une rare critique voilée du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« Depuis 2015, quand il a inlassablement attaqué le Likud et le Premier ministre, Gideon Saar n’a qu’un objectif : renverser le Premier ministre et chef du Likud Benjamin Netanyahu », a déclaré le responsable du Likud qui n’a pas été nommé, aux médias israéliens lundi. « Les prétextes changent, mais pas l’objectif. »

Cette source du Likud a également accusé Zvi Hauser, député du parti d’opposition Kakhol lavan et ancien secrétaire du cabinet sous Netanyahu, de « faire monter les enchères sur Saar » et d’être raccord avec lui après « avoir viré à gauche ».

Miri Regev, la ministre de la Culture et du Sport, lors d’une conférence internationale annuelle d’innovation municipale à Tel Aviv, le 28 janvier 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)

Saar a également été critiqué par Miri Rgev, du Likud, qui a jugé sa réaction « déplacée ».

« La série [de combats] s’est terminée, mais pas la campagne, c’est un indicateur pour le futur », a déclaré Regev aux journalistes à la Knesset, se faisant l’écho des propos tenus par Netanyahu plus tôt dans la journée.

« Nous avons tous des critiques à formuler, et Gideon Saar le sait. Le Premier ministre prend des décisions de manière responsable et positive. Les propos de [Saar] étaient déplacés. »

L’apparent cessez-le-feu, dont les termes ne sont pas clairs, est entré en vigueur lundi matin après quelques heures d’accalmie et après qu’une précédente trêve a été rompue par des tirs de roquettes et des frappes aériennes.

Le gouvernement israélien a refusé de confirmer cette trêve, probablement pour éviter de reconnaître publiquement qu’il négocie avec les groupes terroristes. Cependant, à 7 heures du matin, l’armée a annoncé qu’elle levait toutes les restrictions sécuritaires qui avaient été instaurées pendant les hostilités, et que les écoles pouvaient rouvrir, ce qui indiquait qu’un cessez-le-feu avait été conclu.

Plus de 600 roquettes ont été lancées sur Israël samedi et dimanche et quatre Israéliens ont été tués, des dizaines d’autre ont été blessés. L’armée a riposté avec 300 frappes aériennes dans la bande de Gaza. Selon le Hamas, 31 Gazaouis ont été tués, et 11 étaient des membres de groupes terroristes.

« Les périodes entre les phases d’hostilités visant Israël et ses citoyens diminuent, et les groupes terroristes à Gaza se renforcent », avait dit Saar. « Une campagne a été évitée, mais reportée. »

Dans les mois qui ont précédé les primaires du Likud en février, alors que le parti préparait sa liste électorale en amont des élections générales d’avril, Netanyahu avait lancé un assaut frontal contre la candidature de Saar, l’accusant, dans une vidéo, de comploter pour le remplacer. Ils ont depuis, fait la paix, tout du moins publiquement, et ont échangé une poignée de mains devant les caméras lors d’un évènement du parti, peu après les primaires.

A cette époque, Regev avait dit à la radio militaire qu’elle avait voté pour une liste « de qualité », dont faisait partie Saar, tout en suggérant que le Premier ministre s’était trompé quant aux ambitions de Saar.

Saar occupe la 5e place de la liste du parti.

Il est entré à la Knesset comme député sous l’étendard du Likud en 2005 et a été ministre de l’Education et de l’Intérieur avant de démissionner en 2014. Il avait annoncé son retour en politique en 2017.

Même s’il n’a jamais caché que son objectif ultime était de devenir Premier ministre, Saar a toujours publiquement soutenu Netanyahu.

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