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Au tour de Miriam Adelson de critiquer le gouvernement sur la refonte judiciaire

La méga-donatrice israélo-américaine s'inquiète et a qualifié le réforme de "mesure hâtive, injuste et irresponsable" ; l’actrice Noa Tishby a comparé le projet à un "coup d'État"

Miriam Adelson à l'ouverture d'une ancienne route au site archéologique de la Cité, de David dans le quartier de Silwan, à Jérusalem Est, le 30 juin 2019. (Crédit : Flash90)
Miriam Adelson à l'ouverture d'une ancienne route au site archéologique de la Cité, de David dans le quartier de Silwan, à Jérusalem Est, le 30 juin 2019. (Crédit : Flash90)

JTA – La philanthrope Miriam Adelson fait partie de multiples organisations pro-Israël aux États-Unis et l’actrice Noa Tishby défend Israël sur les campus universitaires américains en tant qu’émissaire officiel de son pays d’origine.

Aujourd’hui, ces deux célébrités Israélo-Américaines se sont publiquement joints à ce qui s’avère être un chœur retentissant de critiques à l’égard du gouvernement israélien actuel et de ses efforts pour priver le système judiciaire du pays de son indépendance et de son pouvoir.

Dans un article publié dans Israel Hayom, le journal israélien de droite fondé par son défunt mari Sheldon, Adelson a éludé la réforme elle-même et s’est plutôt concentrée sur sa rapidité d’exécution.

« Indépendamment de la substance des réformes, l’empressement du gouvernement à les ratifier est suspect, ce qui soulève des questions sur les objectifs fondamentaux et fait craindre qu’il s’agisse d’une décision hâtive, imprudente et irresponsable. C’est en faisant preuve d’une circonspection froide que l’on parvient à un bon accord », a écrit Adelson, qui, avec Sheldon, avait dans un premier temps financé le lobby pro-Israël AIPAC puis soutenu le Conseil israélo-américain (IAC), dont elle a présidé le conseil d’administration.

« Les mauvaises motivations n’aboutissent jamais à de bons résultats », a-t-elle ensuite ajouté.

« Je vais le dire de la manière la plus claire et la plus franche : les Juifs de la Diaspora et les partisans d’Israël dans le monde sont choqués. Ils sont choqués », a déclaré Tishby dans un article publié en hébreu sur Ynet samedi.

« C’est avec une grande douleur qu’ils regardent et voient comment le pays qu’ils ont farouchement défendu – au Congrès, dans les médias, sur les réseaux ou devant des gouvernements étrangers – est en train de changer de visage. »

Tishby a écrit qu’elle n’avait jamais critiqué publiquement « une mesure prise par un gouvernement » en plus de vingt ans de carrière, mais qu’elle écrivait « le texte public le plus difficile qu’elle n’a jamais écrit » parce que les Israéliens doivent comprendre que la législation sur la réforme judiciaire, qu’elle a qualifiée de « non pas une réforme, mais un coup d’État », met leur pays en décalage par rapport aux autres démocraties et menacerait sa sécurité nationale et le soutien dont il bénéficie à l’étranger.

« Ce n’est pas comme l’Amérique. Même pas un peu », a écrit Tishby.

Noa Tishby à Jaffa, en janvier 2021. (Crédit : Alon Shafransky)

Les déclarations d’Adelson et de Tishby montrent clairement que le Premier ministre Benjamin Netanyahu ne peut pas s’attendre à ce que d’éminents alliés à l’étranger soutiennent son gouvernement de droite sur sa législation phare. Ils rejoignent un chœur de personnalités qui, par le passé, se sont distinguées en rejetant les critiques de la Diaspora juive à l’égard d’Israël, les qualifiant d’injustifiées, parmi lesquelles les écrivains Yossi Klein Halevi, Matti Friedman et Daniel Gordis, l’avocat constitutionnaliste Alan Dershowitz, le chroniqueur du New York Times Bret Stephens et l’ancien directeur national de l’Anti-Defamation League (ADL), Abe Foxman, qui a longtemps exercé ses fonctions.

Adelson et son mari ont été, par le passé, d’importants bailleurs de fonds de la Zionist Organization of America (ZOA), l’une des rares organisations juives américaines à défendre les réformes prévues par le nouveau gouvernement.

L’homme d’affaires milliardaire américain Sheldon Adelson, à gauche, s’entretenant avec son épouse, Miriam Adelson, lors d’un événement organisé à la résidence du président israélien Shimon Peres, à Jérusalem, le 12 août 2007. (Crédit : AP Photo/Sebastian Scheiner)

Les manifestations en Israël sont entrées dans leur dixième semaine samedi soir. Des centaines de milliers de personnes ont manifesté non seulement à Tel-Aviv, le centre libéral du pays, mais aussi dans 95 différentes villes du pays et même dans les implantations de Cisjordanie, où la plupart des électeurs sont de droite.

Parmi ceux qui ont publiquement condamné la législation cette semaine, on compte de nombreux responsables militaires israéliens, l’ancien directeur juif de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, qui a déclaré que ces changements causeraient « de gros dégâts« , et environ 150 personnes dans l’implantation d’Efrat.

Un élément essentiel de la législation a progressé la semaine dernière, avec une audition à la Knesset sur la disposition donnant au gouvernement le pouvoir de nommer les juges. Les partisans de la loi affirment que des réformes sont nécessaires parce que le système judiciaire n’est pas en phase avec les sentiments des électeurs, tandis que sa large coalition d’opposants, en Israël et à l’étranger, estime qu’elles menaceraient le statut d’Israël en tant que démocratie dotée d’un système de contrôle et d’équilibre des pouvoirs.

Le président Isaac Herzog a appelé à des pourparlers de compromis, et des efforts en ce sens sont déployés à huis clos. Mais les partenaires d’extrême-droite de Netanyahu au sein de la coalition gouvernementale n’ont pas manifesté l’intention de ralentir ou de modifier leur approche.

Une photo aérienne montrant une manifestation contre la loi controversée du gouvernement sur la réforme du système judiciaire, à Tel Aviv, le 11 mars 2023. (Crédit : Jack Guez/AFP)

L’un de ces partenaires, Bezalel Smotrich (HaTzionout HaDatit), entame sa première visite aux États-Unis en tant que ministre du gouvernement. Peu de groupes juifs ont accepté de rencontrer le ministre des Finances, qui a également autorité sur l’Administration civile en Cisjordanie ; des manifestations ont été organisées pour son arrivée à Washington, dimanche.

Smotrich s’est adressé à la conférence annuelle d’Israel Bonds,  chargée de la vente des obligations d’État israéliennes à des investisseurs étrangers et qui travaille en étroite collaboration avec son ministère. Une série de groupes juifs libéraux ont organisé un piquet de grève à l’occasion de son discours dans un hôtel du centre de Washington. Avant le discours de Smotrich, un groupe d’investisseurs israéliens de premier plan avait tenu une conférence de presse dans le même hôtel pour exposer ce qu’ils appellent les menaces que les réformes radicales font peser sur l’économie israélienne.

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