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Australie : Un festival du livre convie des auteurs palestiniens (très) antisémites

La semaine du livre à Adelaïde a été critiquée pour avoir invité des auteurs qui affirment notamment qu'Israël prélève des organes sur les Palestiniens ou empoisonne des puits

Des visiteurs de la Semaine des écrivains d'Adelaïde en Australie écoutent l'autrice palestinienne Sarah Abulhawa, le 7 mars 2023. (Crédit : Josh Feldman)
Des visiteurs de la Semaine des écrivains d'Adelaïde en Australie écoutent l'autrice palestinienne Sarah Abulhawa, le 7 mars 2023. (Crédit : Josh Feldman)

Un festival annuel du livre qui est organisé dans la ville australienne d’Adélaïde a récemment été au centre d’une bataille idéologique féroce, largement centrée sur le conflit israélo-palestinien.

La semaine du Livre d’Adelaïde est un célèbre salon littéraire où les visiteurs assistent à des conférences pour parler de littérature avec des auteurs australiens et internationaux, couvrant une multitudes de sujets qui vont de la géopolitique à la musique.

Mais cette année, ce festival généralement calme, dont le public est majoritairement composé de retraités, a suscité la polémique après avoir invité deux écrivains palestiniens accusés d’antisémitisme virulent à s’exprimer à la tribune.

Sarah Abulhawa, autrice américano-palestinienne, a pris la parole à deux occasions lors du festival – qui a eu lieu du 4 au 9 mars – malgré l’opposition intense des groupes juifs locaux qui ont évoqué les tweets écrits par l’écrivaine qui qualifiait Israël « d’État nazi » , « d’État militaire sioniste, colonial et raciste » qui « sera détruit un jour ».

Au beau milieu du débat sur sa présence au festival, Abulhawa avait suscité une indignation supplémentaire après avoir décrit Elan Ganeles, un citoyen américano-israélien et ancien soldat de Tsahal ayant trouvé la mort lors d’un attentat terroriste palestinien au mois de janvier, comme « un homme blanc privilégié » qui « a colonisé un autre peuple dans la violence ».

« Et vous êtes tous bouleversé pour ce déchet humain », avait-elle écrit.

Susan Abulhawa, romancière palestino-américaine, au Festival du Livre d’Oslo, en 2010. (Crédit : decltype via Wikimedia Commons/CC BY-SA 3.0)

Au cours d’une interview ultérieure avec la Radio ABC australienne, elle n’avait pas nié avoir tenu un discours de haine, estimant qu’en raison de « l’impuissance » des Palestiniens, ces derniers devaient être autorisés à utiliser cette rhétorique.

« Pourquoi est-ce que personne ne reproche aux Ukrainiens leur haine à l’encontre des Russes ? », avait-elle interrogé.

Elle avait aussi entraîné la colère des Australiens d’origine ukrainienne pour ses propos tenus sur le président juif du pays, Vlodomyr Zelensky, disant qu’il était un « sioniste qui fait la promotion des nazis ».

Mohammad El-Kurd, écrivain et poète palestinien originaire de Jérusalem-Est, a pu lui aussi s’exprimer pendant le festival par visioconférence. Comme Abulhawa, El-Kurd avait déclaré, dans le passé, qu’Israël était une nation « terroriste et génocidaire », prétendant que l’État juif procédait au nettoyage ethnique des Palestiniens.

« Les Israéliens dans leur ensemble ont soif de sang palestinien », avait-il affirmé en 2021.

Alors que des personnalités des médias et les organisations juives se battaient pour que ces deux intervenants ne figurent pas au programme, Louise Adler, fille de survivants de la Shoah et directrice du festival, avait défendu l’inclusion des deux auteurs.

S’exprimant auprès de plusieurs médias australiens, Adler avait répété que son festival n’était pas « un espace sécurisé mais un espace ouvert », ajoutant qu’il représentait l’occasion parfaite, pour le public, d’entendre des voix et des opinions différentes.

« Nos auteurs sont invités pour leurs livres, pas pour leurs tweets », avait-elle justifié.

Mais malgré ses efforts, des soutiens majeurs du festival s’étaient retirés et notamment MinterEllison, le plus important cabinet juridique du pays, qui avait fait savoir qu’il ne pouvait pas soutenir « des propos racistes ou antisémites ».

La Fédération sioniste d’Australie avait salué cette décision « de principe », ajoutant que le retrait de MinterEllison représentait le rejet de l’antisémitisme et « de toutes celles et tous ceux qui sont prêts à lui donner la parole ».

Le Premier ministre d’Australie-méridionale, Peter Malinauskas, avait expliqué qu’il ne se rendrait pas à l’événement – un festival de premier plan dans son État – mais il avait refusé de retirer les financements gouvernementaux alloués à ce dernier, affirmant que le faire pourrait établir un précédent qui mènerait à terme à une censure similaire à celle qui peut être pratiquée en Russie.

Dans le cadre de cette controverse, les deux auteurs sont apparus devant une foule compacte au festival – certains commentateurs présumant que les agitations créées par les groupes juifs et ukrainiens avaient finalement attiré les curieux à l’événement, renforçant involontairement leur auditoire.

Lors du festival, El-Kurd, qui s’est adressé au public via visioconférence, a affirmé que les Israéliens prélevaient les organes des Palestiniens, un trope antisémite qu’il a répété à maintes occasions. Il aurait déclaré que le sujet était « sa ligne préférée de poésie ».

Capture d’écran d’une vidéo du pète et activiste Mohammed Al-Kurd s’exprimant lors d’un événement de solidarité aux Nations unies, au mois de novembre 2021. (Crédit : YouTube)

Abulhawa, pour sa part, a accusé lors de l’une de ses interventions les résidents d’implantations juives d’empoisonner et de détruire les sources d’eau palestiniennes. Au Moyen-Age, les Juifs étaient périodiquement accusés d’empoisonner les puits pour tuer des Chrétiens, ce qui entraînait souvent des pogroms meurtriers.

Au cours d’un incident particulier survenu pendant une session de questions et réponses au festival, une personne présente a indiqué que le mouvement sioniste avait collaboré avec l’Allemagne nazie, amenant les organisateurs à couper le micro avant qu’elle n’ait le temps de terminer.

« Les sionistes n’existent que depuis plus de cent ans en termes d’idéologie ; pas en tant que religion ou de race et le mouvement a été lancé par Theodor Herzl, en Autriche », a commencé une femme qui se tenait dans l’assistance.

Elle a continué en disant que « parce qu’il a présenté un projet colonial qui plaisait aux nations occidentales impérialistes comme les États-Unis et qu’il a collaboré avec l’Allemagne nazie pour porter atteinte aux Juifs allemands et aux Juifs européens pendant la Shoah… » avant d’être interrompue par la coupure du micro. Des soupirs et des ricanements ont été entendus à ce moment-là dans le public.

Suite au tollé qui avait précédé l’événement dans les médias australiens, Josh Feldman, activiste pro-israélien et auteur âgé de 23 ans, avait pris la décision de quitter son domicile de Melbourne pour assister à la Semaine des écrivains d’Adelaïde.

Feldman, qui avait choisi de ne pas faire part de son identité juive pendant l’événement, raconte au Times of Israel avoir décidé de s’y rendre en raison de la notoriété internationale des deux écrivains palestiniens qui, selon lui, « affichent des antécédents répugnants en matière d’antisémitisme ».

Alors qu’il n’y a eu aucune contre-manifestation officielle pendant le festival, Feldman fait remarquer qu’au moins une organisation juive nationale, dont il tait le nom, a distribué des prospectus mentionnant dans le détail les propos antisémites tenus par Al-Kurd et par Abulhawa.

Feldman se souvient toutefois d’un incident – ce moment où une modératrice, qui s’apprêtait à poser une question à Abulhawa, a déclaré qu’Israël était un État pratiquant l’apartheid.

« Je suis heureuse que vous disiez les choses ainsi. Le mot d’apartheid est encore largement trop insuffisant pour décrire ce qu’est Israël », aurait répondu Abulhawa, selon Feldman.

« Dans toutes les discussions, il y avait cette idée claire que les Palestiniens sont la population indigène et que les Juifs n’ont aucun lien avec cette terre, que ce sont des colonialistes européens. Quelque chose de complètement déconnecté de la réalité », dit Feldman, qui note que personne, dans le public, n’a soulevé d’objection à ces propos pendant les cinq journées du festival.

Caroline Overington, journaliste pour The Australian, qui a aussi assisté au festival, a écrit pour sa part : « Des mots comme pogrom, massacre et apartheid ont été utilisés et personne n’a rien trouvé à redire. Personne n’a parlé des Israéliens tués dans des attentats à la bombe, dans des bus, ou des Israéliens poignardés dans la rue ; personne n’a parlé des attentats-suicides qui ont tué des milliers de Juifs en Israël avant la construction du mur controversé. Israël était le méchant ».

« [La modératrice] Sophie McNeill n’a jamais prétendu être impartiale. Elle a indiqué au public que l’organisation qu’elle représente, Human Rights Watch, considère qu’Israël est coupable d’apartheid », a-t-elle ajouté.

McNeill, ancienne correspondante au Moyen-Orient du réseau de la radio publique australienne, avait été accusée de manière constante de partialité anti-israélienne dans sa couverture du conflit palestinien.

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