Israël en guerre - Jour 151

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Autour du Saint-Sépulcre vide, les fidèles de Jérusalem témoins d’un calme inhabituel

"On a le sentiment que le Covid est revenu", dit Naomi Miller, une guide israélienne venue sans client

Une femme prie à l'entrée de l'église du Saint-Sépulcre dans la vieille ville de Jérusalem, le 21 novembre 2023. (Crédit : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Une femme prie à l'entrée de l'église du Saint-Sépulcre dans la vieille ville de Jérusalem, le 21 novembre 2023. (Crédit : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)

Le saint lieu, rien que pour eux : pèlerins et touristes ayant fui la guerre, les fidèles de Jérusalem et quelques visiteurs profitent d’un calme inhabituel dans la basilique du Saint-Sépulcre, même si ce « luxe » n’efface pas la « tristesse » du contexte actuel.

Noel Gomez est « choqué ». « Il n’y a que vous et moi ici », constate cet organisateur britannique de pèlerinages chrétiens, lui-même catholique, au sein du site quasi désert où Jésus a été crucifié, enterré et ressuscité selon la tradition chrétienne.

Début novembre, il devait amener 60 personnes. Mais depuis l’attaque du Hamas, groupe terroriste islamiste palestinien, contre Israël le 7 octobre et la guerre qui s’est ensuivie, ses voyages de groupe ont été annulés.

La guerre a éclaté après le massacre du 7 octobre perpétré par le Hamas. Lors de cette attaque barbare menée contre Israël, près de 3 000 terroristes ont fait irruption en Israël depuis la bande de Gaza par voie terrestre, aérienne et maritime. Ils ont tué plus de 1 200 personnes, dont une majorité de civils, au cours de raids sur plus de 20 communautés frontalières près de la bande de Gaza, massacrant des familles entières dans leurs maisons et au moins 364 festivaliers lors d’une rave en plein air. Les terroristes ont également enlevé au moins 240 personnes, dont des femmes, des enfants et des personnes âgées, qu’ils ont entraînées dans la bande de Gaza où elles sont toujours retenues captives.

Israël affirme que son offensive vise à détruire les capacités militaires et de gouvernance du Hamas, et s’est engagé à éliminer l’ensemble du groupe terroriste qui dirige la bande de Gaza. Il affirme viser toutes les zones où le Hamas opère, tout en cherchant à réduire au maximum les pertes civiles.

Il décrit pour l’AFP les files d’attente qui serpentent habituellement jusqu’aux dernières étapes du Chemin de croix, dans l’incontournable église de la Vieille ville de Jérusalem, dans le secteur palestinien occupé et annexé par Israël.

Les employés de la municipalité de Jérusalem désinfectent le parvis devant l’église fermée du Saint-Sépulcre comme mesure contre la propagation du coronavirus, le 30 mars 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi / Flash90)

« Atteindre la 14e station », le tombeau du Christ ceint d’un édicule en marbre, prend d’ordinaire « une à deux heures de queue », rappelle cet homme âgé de 50 ans.

« On a le sentiment que le Covid est revenu », dit Naomi Miller, une guide israélienne venue sans client, « très triste » de voir vide « l’un des lieux les plus sacrés au monde pour les chrétiens ».

D’autres voient le bon côté des choses, comme le diacre arménien Narek Danielyan, qui apprécie ce côté « détendu » par rapport à la période pré-Covid, quand il y avait « de 3 000 à 5 000 personnes par jour ».

« Prier dans le calme »

Le père copte Kyrillos Alorshalemy apprécie notamment de « pouvoir prier dans le calme ». En temps normal, ce moine égyptien âgé de 41 ans doit « rester debout cinq heures », avec « 10-20 personnes par jour » qui lui demandent de « prier pour eux ».

Sans foule, il est « plus facile de se garer et de faire des photos », sourit une femme « livreuse de prières », venue pour immortaliser sur la pierre de l’Onction les prières personnalisées, imprimées sur papier, de ses clients.

Maria Celina Mendoza, elle, a des sentiments partagés. Arrivée en septembre pour un séjour de trois mois, cette sœur franciscaine a passé presque un mois « enfermée » dans une maison de pèlerins de la Ville sainte après le 7 octobre.

Le ministre général de l’Ordre franciscain, Massimo Fusarelli, prend la parole à la basilique du Saint-Sépulcre à Jérusalem, le 20 octobre 2021. (Crédit : capture d’écran : Youtube/Christian Media Center)

A son retour dans la basilique, début novembre, elle a ressenti « une grande émotion de pouvoir entrer seule » dans le minuscule sanctuaire, « sans que personne ne te dise de sortir ».

« D’un autre côté, le fait que tous ces gens (…) soient partis m’a rendue très triste », dit cette religieuse mexicaine, âgée de 69 ans, missionnaire en Angola.

Les travaux reprennent

Sans pèlerins ni touristes, les locaux ont soudain « un accès facile » à l’église, « ce côté luxueux », dit une Palestinienne de confession grecque orthodoxe. « Mais cela n’arrive pas pour les bonnes raisons », ajoute cette femme de 39 ans, venue pour la première fois depuis l’attaque « prier pour la paix ».

Au petit matin, les principaux va-et-vient autour de l’édicule sacré, au cœur de la basilique, sont ceux d’un chariot élévateur et d’un tracteur transportant de la terre et des pierres dans des cageots en plastique.

Entamés début 2022, les travaux de restauration du pavement de la basilique, auxquels se sont ajoutées des fouilles archéologiques, ont « recommencé » avec le retour de « quelques ouvriers » palestiniens, indique le frère Stéphane Milovitch, supérieur de la basilique pour la communauté latine.

Le franciscain note aussi le retour progressif d’immigrés « philippins, indiens et quelques sud-américains » installés en Israël.

Administré par trois communautés (catholique, grecque, arménienne) et fréquentée par deux autres (copte et syriaque orthodoxes), « le Saint-Sépulcre réunit les chrétiens séparés ailleurs », fait valoir ce Français de 57 ans.

Et sans « la foule des grands jours », la période « catastrophique » actuelle a le mérite d’offrir un « temps de méditation pour porter dans nos prières les souffrances des uns et des autres ».

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