Autriche : indignation après des propos anti-Soros d’un élu d’extrême droite
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Autriche : indignation après des propos anti-Soros d’un élu d’extrême droite

L'ancien chancelier Christian Kern a estimé qu'une "ligne rouge" avait été franchie ; le parti libéral Neos a reproché à Johann Gudenus "d'enfourcher une politique antisémite".

(De gauche à droite) Johann Gudenus, chef du groupe parlementaire du Parti de la liberté autrichien (FPO), Yehuda Glick (Likud) et Karin Kneissl, ministre autrichienne des Affaires étrangères, s'entretiennent avec la presse le 13 février 2018 à Vienne , L'Autriche. (Crédit : AFP / APA / HERBERT PFARRHOFER / Autriche OUT)
(De gauche à droite) Johann Gudenus, chef du groupe parlementaire du Parti de la liberté autrichien (FPO), Yehuda Glick (Likud) et Karin Kneissl, ministre autrichienne des Affaires étrangères, s'entretiennent avec la presse le 13 février 2018 à Vienne , L'Autriche. (Crédit : AFP / APA / HERBERT PFARRHOFER / Autriche OUT)

Un responsable du parti d’extrême droite FPÖ au pouvoir avec les conservateurs en Autriche a suscité samedi la colère de l’opposition après avoir endossé le point de vue du Premier ministre hongrois Viktor Orban sur un rôle supposé du milliardaire juif George Soros dans l’organisation des flux migratoires.

Le chef du parti social-démocrate (SPÖ) et ancien chancelier Christian Kern a estimé qu’une « ligne rouge » avait été franchie tandis que le petit parti libéral Neos a reproché à l’élu « d’enfourcher une politique antisémite ».

Dans une interview au quotidien Die Presse parue samedi, le chef du groupe FPÖ au Parlement, Johann Gudenus, avait fait état de « rumeurs convaincantes quant à la participation de Soros lorsqu’il s’agit de diriger des flux de migrants vers l’Europe ».

« Il a ainsi financé des ONG qui ont une responsabilité dans les migrations de masse vers l’Europe », a ajouté M. Gudenus, interrogé sur la façon dont il considérait la campagne menée contre George Soros par le Premier ministre hongrois Viktor Orban.

L’élu de 41 ans, connu pour ses sympathies envers les nationalistes serbes et russes, s’est dit également persuadé que des « mouvements migratoires de cette ampleur ne se sont pas produits par hasard ».

Le SPÖ et les Neos ont jugé ces propos indignes de son rôle de responsable d’un groupe parlementaire et appelé le chancelier conservateur Sebastian Kurz à réagir.

Les sociaux-démocrates ont reproché à l’élu d’alimenter les « théories du complot » et « d’attiser la peur avec des arguments antisémites ».

Viktor Orban, reconduit pour un troisième mandat d’affilée à l’issue des législatives du 8 avril, a fait du milliardaire américano-hongois Georges Soros son bouc-émissaire et il mène contre lui une violente campagne pour tenter d’accréditer l’idée que l’homme d’affaires d’origine juive encourage et finance les mouvements migratoires vers l’Europe.

Le FPÖ, qui occupe plusieurs ministères régaliens dans la coalition formée en décembre avec la droite, s’est réjoui de la réélection de M.Orban, à l’instar de nombreux partis d’extrême droite en Europe.

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