Avec son homologue égyptien, Lapid se concentre sur les prisonniers à Gaza
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Avec son homologue égyptien, Lapid se concentre sur les prisonniers à Gaza

À Bruxelles, les diplomates discutent des pourparlers de paix avec les Palestiniens, avant que le ministre des Affaires étrangères ne s'adresse à ses homologues européens

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid rencontre son homologue égyptien Sameh Shoukry à Bruxelles, le 11 juillet 2021.(Crédit : Gabi Farkash, GPO) 
Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid rencontre son homologue égyptien Sameh Shoukry à Bruxelles, le 11 juillet 2021.(Crédit : Gabi Farkash, GPO) 

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid a rencontré son homologue égyptien Sameh Shoukry à Bruxelles dimanche soir, en marge de la réunion du Conseil des Affaires étrangères de l’Union européenne.

Au cours de cet entretien d’une heure, les deux diplomates ont discuté des relations israélo-palestiniennes, Shoukry soulignant la nécessité de lancer des négociations de paix et de sortir de l’impasse entre les parties.

Lapid et Shoukry se sont également concentrés sur l’arrêt des tentatives visant à trouver un mécanisme pour réhabiliter la bande de Gaza, suite au conflit de mai entre Israël et les groupes terroristes de l’enclave palestinienne.

Lapid, flanqué du directeur général du ministère des Affaires étrangères, Alon Ushpiz, et de son conseiller en politique étrangère, Yair Zivan, a insisté sur la question des prisonniers israéliens à Gaza.

Deux civils israéliens et les corps de deux soldats de l’armée israélienne sont actuellement détenus à Gaza. Avraham Avera Mengistu et Hisham a-Sayed sont entrés dans la bande de Gaza de leur propre chef, et leurs familles affirment qu’ils souffrent de maladies mentales. Le Hamas détient également les corps d’Oren Shaul et de Hadar Goldin, deux soldats de Tsahal qui ont été tués dans la bande pendant la guerre de Gaza de 2014.

Les ministres ont également discuté de la coopération contre la menace du terrorisme.

Dans le sens des aiguilles d’une montre, à partir du haut à gauche : Oron Shaul, Avera Mengistu, Hadar Goldin et Hisham al-Sayed.(Crédit : Flash 90/Courtesy)

Le nouveau ministre israélien des Affaires étrangères a également accordé une interview à un média officiel égyptien. Une interview d’un haut responsable israélien dans un média affilié au régime ne s’est pas produite ces dernières années, et indique une ouverture du Caire à ce que les positions officielles israéliennes soient présentées directement au public égyptien.

Lundi, M. Lapid s’adressera aux 26 ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne lors du Conseil des Affaires étrangères de l’UE. Il sera le premier Israélien à le faire depuis Tzipi Livni en 2008.

M. Lapid cherchera à relancer les relations avec l’Europe, ont indiqué des sources diplomatiques au Times of Israel.

Il a rencontré le chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, dimanche soir.

« Nous avons évoqué l’importance des liens entre Israël et l’Union européenne, en particulier sur le front économique », a écrit Lapid sur Twitter suite à la réunion. Il a ajouté avoir remercié Borrell pour son invitation à prendre la parole devant la Commission des Affaires étrangères dans la journée de lundi.

Dans un communiqué, Borrell a affirmé que la visite de Lapid était l’occasion d’un « nouveau départ » pour les liens entre Israël et l’Union européenne, qui, selon lui, se sont considérablement dégradés sous le mandat de Benjamin Netanyahu. « Il est important que le nouveau gouvernement israélien vienne ici, à Bruxelles. C’est l’occasion de prendre un nouveau départ, de relancer les relations avec Israël du point de vue de nos relations bilatérales, mais aussi de la situation au Moyen-Orient. Je pense que c’est une bonne occasion pour nous de relancer nos relations, qui, dans le passé, étaient assez détériorées », a déclaré M. Borrell.

Lapid aura une réunion privée avec le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, lundi, en plus des entretiens bilatéraux avec plusieurs de ses homologues européens.

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid s’exprime lors de l’inauguration de l’ambassade d’Israël à Abu Dhabi, le 29juin 2021. (Crédit : Lazar Berman/Times of Israel)

La rencontre avec le plus haut diplomate égyptien intervient six semaines après que le prédécesseur de Lapid, Gabi Ashkenazi, s’est rendu au Caire pour la première visite d’un ministre des Affaires étrangères israélien en 13 ans.

Le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi et le nouveau Premier ministre Naftali Bennett se sont entretenus au téléphone le mois dernier et ont convenu de se rencontrer.

L’Égypte joue le rôle de médiateur dans les pourparlers du Caire entre Israël et le Hamas depuis la fin du conflit de 11 jours à Gaza en mai. Les pourparlers visant à trouver un nouvel accord sur la réhabilitation de la bande de Gaza se sont enlisés, certains responsables avertissant même que les parties se dirigent vers un nouveau conflit.

Les deux parties sont restées sur leurs positions pendant les négociations. Israël a surveillé de près les marchandises entrant dans la bande de Gaza par le point de passage de Kerem Shalom, où seuls les produits humanitaires de première nécessité, tels que la nourriture, les médicaments et le carburant, ont été autorisés à entrer, tandis que presque toutes les exportations ont été interdites.

Des Palestiniens se rassemblent lors d’un rassemblement du Hamas dans la ville de Gaza, le 9 juin 2021. (Crédit : AP Photo/FelipeDana)

Le ministre de la Défense, Benny Gantz, a également mené une politique conditionnant la réhabilitation de la bande à la restitution d’une paire de civils israéliens et des corps de deux soldats de Tsahal tombés au combat, détenus par le Hamas.

Le chef du Hamas, Yahya Sinwar, a revendiqué la victoire sur Israël et n’a pas indiqué sa volonté de faire les concessions qu’Israël souhaite.

Israël insiste également pour que soit modifiée la manière dont des centaines de millions de dollars d’aide humanitaire provenant du Qatar sont acheminés chaque mois vers la bande de Gaza. Il affirme qu’il n’autorisera plus l’entrée d’argent liquide non contrôlé qui est remis à des dizaines de milliers de familles démunies en plus des fonctionnaires du Hamas.

Israël exige au contraire la mise en place d’un nouveau mécanisme, facilité par un observateur international tel que l’ONU, qui permettrait de détourner entièrement les fonds du groupe terroriste.

Jacob Magid a contribué à cet article.

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