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Avoda et Meretz fustigent la campagne de Lapid qui « profite à Netanyahu »

Les partis de gauche affirment que le siphonage de leurs votes par le Premier ministre les pousse dangereusement près du seuil électoral

La cheffe du Meretz, Zehava Galon, s'exprimant devant ses partisans après l'annonce des résultats des primaires du parti de gauche à Tel Aviv, le 23 août 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
La cheffe du Meretz, Zehava Galon, s'exprimant devant ses partisans après l'annonce des résultats des primaires du parti de gauche à Tel Aviv, le 23 août 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Les partis de gauche Avoda et Meretz ont dénoncé mercredi le Premier ministre Yair Lapid pour sa stratégie de campagne électorale, l’accusant de chercher à accroître la force de son propre parti au détriment du leur, une tactique qui éloigne dangereusement ses alliés du seuil électoral.

Si le Meretz ou Avoda passent sous le seuil des 3,25 % et ne parviennent pas à entrer à la Knesset, le bloc rival de droite et de partis religieux, dirigé par Benjamin Netanyahu obtiendrait presque certainement une majorité parlementaire.

La dirigeante du Meretz, Zehava Galon, a averti les membres de son parti et les candidats à la Knesset que les récents sondages ont montré « une tendance claire d’un glissement dans le but de renforcer le grand parti », ont rapporté les médias israéliens.

Lors d’un appel téléphonique mardi, Galon leur a dit que Lapid « fait une énorme erreur » et que ses efforts ne profiteraient qu’à Netanyahu.

« Ce calcul va hisser Netanyahu au pouvoir, c’est presque certain », a déclaré Galon à propos de la stratégie de Lapid. « Meretz est en réel danger. »

Des critiques similaires ont été formulées par le parti travailliste qui, comme le Meretz, a obtenu 4 à 5 sièges dans les récents sondages d’opinion. Le nombre minimal de sièges pour qu’un parti puisse entrer à la Knesset est de 4.

Un haut membre du parti travailliste a qualifié la campagne de Lapid d' »irresponsable », rapporte le site d’information Ynet.

« Il vaudrait mieux qu’il agisse pour accroître le pouvoir du bloc en attirant des voix de l’autre bloc [d’opposition] plutôt qu’en s’opposant à nous et au Meretz », a déclaré le membre du parti travailliste.

Le Premier ministre Yair Lapid s’exprime lors de la conférence du Mouvement pour un gouvernement de qualité à Tel Aviv, le 25 octobre 2022. (Crédit
: Avshalom Sassoni/Flas90)

À moins d’une semaine des élections du 1er novembre, des querelles ont également éclaté entre le parti Yesh Atid de Lapid et son principal allié, le parti de centre-droit HaMahane HaMamlahti dirigé par le ministre de la Défense Benny Gantz.

Notant que les sondages prévoient que le bloc de Lapid n’aura pas assez de sièges pour former une majorité, Gantz s’est récemment positionné comme le prochain Premier ministre potentiel, affirmant qu’il construirait une coalition en éloignant les partis ultra-orthodoxes du camp de Netanyahu, bien que les politiciens haredi aient rejeté un tel scénario.

Des sources de Yesh Atid ont déclaré à la chaîne publique Kan que le parti de Lapid ne siégerait jamais dans un gouvernement dirigé par Gantz et qu’il « vit dans un fantasme » s’il pense que cela pourrait se produire.

« Il est grand temps que Gantz accepte le fait que Lapid est le leader du bloc et qu’il formera le gouvernement », a déclaré une source du parti à la chaîne. « Si Gantz veut faire entrer les ultra-orthodoxes, il peut tout à fait les faire entrer dans un gouvernement Lapid. Il n’y aura pas d’autre gouvernement dans le bloc de centre-gauche. »

Le Premier ministre Yair Lapid, à gauche, le ministre de la Défense Benny Gantz et le leader de l’opposition Benjamin Netanyahu, à droite. (Crédit : Flash90)

Le ministre de la Justice Gideon Saar, qui dirige la faction Tikva Hadasha au sein du parti HaMahane HaMamlahti, a répondu à Kan que Yesh Atid est sous pression parce que « Lapid ne peut pas former un gouvernement, quel que soit le scénario. »

Saar s’est dit confiant que si Gantz est en mesure de former un gouvernement, « nous parviendrons à des accords qui permettront sa mise en place. »

Les prochaines élections – les cinquièmes depuis avril 2019 – ont été convoquées après l’effondrement en juin du gouvernement de partage du pouvoir de Naftali Bennett, alors Premier ministre, avec Lapid, qui n’a survécu qu’un an après avoir réussi à déloger Netanyahu en juin 2021.

Lorsque leur gouvernement s’est effondré, Lapid a repris le poste de Premier ministre et Bennett s’est ensuite retiré.

Netanyahu, le Premier ministre le plus pérenne de l’histoire d’Israël, cherche à reprendre le pouvoir alors qu’il est jugé pour corruption.

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