Benjamin Netanyahu affirme ne pas craindre les menaces de Nasrallah
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Benjamin Netanyahu affirme ne pas craindre les menaces de Nasrallah

Le Premier ministre répond au chef du Hezbollah, qui a averti qu'Israël pourrait être "annihilé" en cas de guerre entre les États-Unis et l'Iran

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu préside une réunion du cabinet à Jérusalem, le 7 juillet 2019. (Crédit : ABIR SULTAN / POOL / AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu préside une réunion du cabinet à Jérusalem, le 7 juillet 2019. (Crédit : ABIR SULTAN / POOL / AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a averti le Hezbollah qu’Israël porterait un coup « dévastateur » au Liban si l’organisation terroriste l’attaquait, deux jours après que son responsable, Hassan Nasrallah, a averti qu’Israël serait « anéantie » en cas de guerre entre les États-Unis et l’Iran.

« Ce week-end, nous avons été témoins des propos arrogants de Nasrallah concernant ses projets d’attaque », a déclaré Benjamin Netanyahu à la sortie de la réunion hebdomadaire de son cabinet. « Je vous garantis que si le Hezbollah ose commettre un acte stupide et attaquer Israël — nous lui porterons à lui et au Liban un coup militaire », a-t-il répondu.

« Mais contrairement à Nasrallah, je n’ai pas l’intention de détailler nos projets », a ajouté le chef du gouvernement. « Il suffit de mentionner les tunnels terroristes que Nasrallah a creusés pendant des années et que nous avons détruits en quelques jours. Il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué – comme on dit ».

Dans une interview diffusée vendredi par la chaîne de télévision du Hezbollah, Al-Manar, Hassan Nasrallah a déclaré : « L’Iran a la capacité de bombarder Israël avec force et férocité. Lorsque les Américains comprendront qu’une telle guerre pourrait rayer Israël de la carte, ils changeront d’avis. »

Le chef du Hezbollah Sheikh Hassan Nasrallah, montrant une carte d’Israël, précise quelles seraient les cibles potentielles, lors d’un entretien télévisé, le 12 juillet 2019. (Capture d’écran : Douzième chaîne)

Dans cet entretien, un Nasrallah gloussant a montré une carte d’Israël et pointé du doigt les cibles militaires et civiles stratégiques que le Hezbollah pourraient frapper, y compris l’aéroport Ben Gurion, des dépôts d’armes, des usines pétrochimiques de désalinisation et le port d’Ashdod.

Selon lui, une attaque des réserves d’ammoniac de Haïfa — qui ont été vidées — causerait des dizaines de milliers de blessés. Il a également précisé que ses missiles pourraient frapper la ville d’Eilat dans le sud d’Israël. La question serait « lequel de nous renverrait l’autre à l’Âge de pierre », a-t-il déclaré.

Israël avertit depuis longtemps la communauté internationale que le Hezbollah planifiait d’envahir le nord d’Israël en cas de guerre future et a récemment découvert plusieurs tunnels d’attaque creusés sous le territoire israélien, supposés permettre à ses combattants d’entrer dans l’État juif.

Tsahal dévoile ce qu’il affirme être le plus long tunnel d’attaque transfrontalier creusé par le Hezbollah depuis le Liban vers Israël, le 29 mai 2019. (Tsahal)

Cet échange verbal survient en pleine recrudescence des tensions entre les États-Unis et l’Iran et alors que la Chambre des représentants américaine, contrôlée par les démocrates, a adopté une mesure restreignant la possibilité pour Donald Trump d’attaquer Téhéran, s’inquiétant du fait que le président républicain ne déclenche une guerre inutile.

On ne sait pas bien si Nasrallah faisait référence à l’arsenal de missiles longue portée de l’Iran ou aux dizaines de milliers de roquettes que la République islamique a fournis au Hezbollah libanais.

Sur cette photo fournie le lundi 5 novembre 2018 par l’armée iranienne, un missile Sayyad 2 est tiré par le système de défense aérien Talash lors d’exercices dans un endroit tenu secret en Iran.
(Crédit : Armée iranienne via AP)

Également lors de cet entretien, Nasrallah a indiqué que son organisation avait considérablement accru ses capacités militaires depuis la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah.

« Nos armes sont plus nombreuses et de plus grande qualité, nous avons des missiles de précision et de drones », a-t-il affirmé lors de cet entretien marquant les 13 ans depuis la fin du conflit.

Ces dernières semaines, les États-Unis ont envoyé des milliers de troupes, un porte-avions, des bombardiers B-52 à la capacité nucléaire et des avions de combat au Moyen-Orient. Les craintes d’un conflit plus vaste se sont accrues après l’attaque mystère d’un pétrolier dans le détroit d’Hormuz attribuée à l’Iran, après des attaques des rebelles soutenus par Téhéran contre l’Arabie saoudite au Yémen et l’exécution d’un drone militaire américain par la république chiite.

L’USS Abraham Lincoln navigue vers le sud en empruntant le canal de Suez, près d’Ismaïlia, le 9 mai 2019. (Autorité du canal de Suez via AP)

Depuis peu, l’Iran a dépassé les limites d’enrichissement de son uranium fixées par l’accord nucléaire signé en 2015 en réaction au retrait des États-Unis du traité.

Washington a également réimposé des sanctions sur les exportations de pétrole iranien, exacerbant une crise économique qui a plombé la devise du pays.

Mardi dernier, la Maison-Blanche a annoncé de nouvelles sanctions contre le Hezbollah, ciblant pour la première fois des élus du mouvement.

Ce dernier est considéré comme une organisation terroriste par Israël, les États-Unis, l’Union européenne, la Ligue arabe et d’autres. C’est la seule faction qui n’a pas rendu les armes après la guerre civile libanaise de 1975 à 1990.

Il s’agit également d’un acteur politique majeur dans le petit pays méditerranéen, occupant 13 sièges au Parlement jusqu’à l’année dernière et trois ministères dans le gouvernement actuel.

Le Times of Israël et des agences ont contribué à cet article.

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