Beyrouth appelle Ryad à revoir sa décision d’embargo sur ses produits agricoles
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Beyrouth appelle Ryad à revoir sa décision d’embargo sur ses produits agricoles

Ryad a annoncé cette mesure vendredi, affirmant que des cargaisons de ces produits étaient utilisées pour faire de "la contrebande de drogue" et accusant Beyrouth d'inaction

Le président libanais Michel Aoun lors d'un discours à la nation au palais présidentiel, à Baabda, à l'est de Beyrouth, au Liban, le 21 novembre 2019. (Crédit : Dalati Nohra via AP)
Le président libanais Michel Aoun lors d'un discours à la nation au palais présidentiel, à Baabda, à l'est de Beyrouth, au Liban, le 21 novembre 2019. (Crédit : Dalati Nohra via AP)

Le Liban a appelé lundi l’Arabie saoudite à revenir sur sa décision d’interdire les importations de fruits et de légumes libanais, au lendemain de l’entrée en vigueur de cette suspension pour trafic de drogue présumé. 

Ryad a annoncé cette mesure vendredi, affirmant que des cargaisons de ces produits étaient utilisées pour faire de « la contrebande de drogue » et accusant Beyrouth d’inaction.

Mais elle prive les producteurs libanais de l’un de leurs principaux débouchés à l’exportation alors que le pays est embourbé dans sa pire crise économique depuis des décennies.

Le président libanais Michel Aoun a tenu lundi une réunion pour discuter de cette mesure saoudienne avec le Premier ministre libanais et plusieurs membres du gouvernement, des responsables des services de sécurité et des douanes.

« Les participants espèrent que l’Arabie saoudite réexaminera la décision d’interdire l’entrée des produits agricoles libanais en Arabie saoudite », a indiqué la présidence dans un communiqué.

Un comprimé de captagon. (Crédit : capture d’écran YouTube/Allo docteurs)

Les douanes du port de Jeddah (ouest) dans le royaume saoudien ont récemment retrouvé plus de 5,3 millions de comprimés de captagon dans des fruits importés du Liban, a rapporté vendredi l’agence officielle saoudienne.

Selon le patron des exportateurs libanais de fruits et légumes, cette cargaison avait transité par le Liban depuis la Syrie.

Les responsables libanais ont « condamné (lundi) tout ce qui porterait atteinte à la sécurité » de l’Arabie saoudite, « en particulier la contrebande de matières illicites et de stupéfiants, affirmant que le Liban « refus(ait) catégoriquement » de servir de « route ou de porte d’entrée à ces crimes honteux ». 

Ils ont appelé les forces de sécurité à redoubler d’efforts pour empêcher toute contrebande transfrontière, notamment à destination des pays du Golfe. 

L’Arabie saoudite est le premier client étranger des produits agricoles libanais – 22,1 % des exportations libanaises en 2019, selon les données officielles – alors que les pays arabes – ceux du Golfe en tête – représentaient 77,8 % des exportations libanaises.

Le captagon est une amphétamine tirée d’un ancien médicament psychotrope, selon un rapport de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies.

Le Liban procède régulièrement à des saisies de drogue sur son sol. En février, les douanes libanaises ont mis la main sur cinq millions de pilules de captagon dans le port de Beyrouth.

Un prince saoudien a été arrêté en 2015 alors qu’il tentait de faire passer en contrebande deux tonnes d’amphétamines dans un avion privé depuis l’aéroport de Beyrouth.

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