Bezeq : Netanyahu interrogé lundi après la découverte d’une nouvelle preuve
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Bezeq : Netanyahu interrogé lundi après la découverte d’une nouvelle preuve

Au cours de son troisième interrogatoire dans l'Affaire 4000, le Premier ministre devra s'exprimer sur des informations fournies aux enquêteurs par l'ancien conseiller Nir Hefez

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu en visite au siège de a police de Jérusalem, le 7 octobre 2015. (Crédit: GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu en visite au siège de a police de Jérusalem, le 7 octobre 2015. (Crédit: GPO)

La police va interroger le Premier ministre Benjamin Netanyahu lundi dans le cadre de l’enquête de corruption liée à l’affaire Bezeq. Elle a rassemblé de nouvelles preuves remises par un témoin de l’accusation essentiel qui impliqueraient Netanyahu dans un accord de compromis illicite.

Dans l’enquête de corruption impliquant Bezeq, surnommée Affaire 4000, Netanyahu, qui a également été ministre des Communications, est soupçonné d’avait fait avancer des décisions de régulation qui auraient profité à l’actionnaire majoritaire de Bezeq, Shaul Elovitch, en échange d’une couverture médiatique favorable des actions du Premier ministre sur le site d’information Walla, propriété d’Elovitch.

De nouvelles preuves fournies par la police par l’ancien haut-conseiller de Netanyahu Nir Hefetz montreraient que les actions mutuellement avantageuses entre Netanyahu et Elovitch n’ont pas été le fruit du hasard mais que les deux parties étaient bien conscientes d’agir dans le cadre d’un accord de compromis illicite.

Hefetz aurait dit à la police qu’il parlait parfois à Elovitch six à sept fois par jour lorsqu’il était conseiller de Netanyahu.

Nir Hefetz devant le tribunal de Tel Aviv dans l’une des enquêtes impliquant Netanyahu, le 22 février 2018 (Crédit : / AFP PHOTO / JACK GUEZ)

L’interrogatoire de lundi, qui aura lieu à la résidence du Premier ministre de Jérusalem, sera le troisième face-à-face entre Netanyahu et les enquêteurs de police dans le dossier et le dixième, depuis 2017, en lien avec trois autres affaires de corruption.

Le procureur de l’Etat réfléchit actuellement à une potentielle inculpation du Premier ministre dans deux autres dossiers de corruption, l’Affaire 1000 et l’Affaire 2000, après que la police a recommandé au mois de février de traduire Netanyahu en justice dans les deux cas.

Hefetz, ancien conseiller médias de la famille Netanyahu, a été le troisième proche du Premier ministre à devenir témoin de l’accusation dans ces différentes enquêtes, aux côtés de l’ancien directeur-général du ministère des communications Shlomo Filber et de l’ex-chef de cabinet Ari Harow.

Hefetz aurait transmis aux responsables de nouvelles preuves dans les Affaires 1000 et 2000 également.

Dans l’Affaire 1000 – où Netanyahu et sa femme sont soupçonnés d’avoir reçu des cadeaux illicites de la part de bienfaiteurs milliardaires – Hefetz aurait fourni des noms d’autres patrons du couple, ce qui renforcerait l’idée que ces dons de cadeaux divers entraient bien dans le cadre d’un plan préalable.

Dans l’Affaire 2000 – qui implique un accord de compromis présumé entre Netanyahu et le propriétaire du journal Yedioth Ahronoth, Arnon Mozes — Hefetz aurait donné les noms de personnalités qui auraient été impliquées dans les conversations entre les deux hommes.

Le bureau du Premier ministre a indiqué la semaine dernière en réponse à ces informations qu’il serait à nouveau interrogé, que les nouvelles preuves « ne représentent rien ».

Sheldon Adelson, milliardaire juif américain, avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à l’université d’Ariel, en Cisjordanie, le 28 juin 2017. (Crédit : Ben Dori/Flash90)

La semaine dernière, la Dixième chaîne a fait savoir que Hefetz a indiqué à la police que le magnat américain des casinos Sheldon Adelson avait refusé de jouer un rôle dans les tentatives de Netanyahu visant à avantager le Yedioth.

Le Premier ministre aurait prévu d’entraver la circulation du rival pro-Netanyahu du Yedioth, le quotidien gratuit Israel Hayom, propriété d’Adelson. En échange, le Premier ministre aurait obtenu une couverture plus favorable du Yedioth.

Selon le reportage diffusé à la télévision, Netanyahu aurait demandé à Adelson de l’aider dans cet accord, mais ce dernier aurait refusé. La preuve montrée par Hefetz révèle qu’Adelson aurait agi avec honnêteté, a fait savoir le reportage.

Au mois d’avril, la Dixième chaîne avait rapporté que les procureurs recommanderaient probablement l’inculpation de Netanyahu pour abus de confiance dans l’Affaire 2000 mais qu’ils pourraient ne pas retenir les chefs d’accusations de corruption plus graves.

Les procureurs doivent encore formuler leur avis dans l’Affaire 2000.

L’épouse du Premier ministre, Sara, et son fils Yair ont été tous les deux interrogés dans ces dossiers. La famille nie toute malversation.

La police devant les bureaux du Premier ministre à Jérusalem, pour interroger Benjamin Netanyahu pour la troisième fois dans le cadre de deux enquêtes pour corruption dont il fait l’objet, le 27 janvier 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Netanyahu n’a pas été désigné comme suspect dans une autre affaire – l’Affaire 3000 – mais des informations ont laissé entendre que la police réfléchissait à l’interroger après lecture de ses droits dans ce dossier.

L’Affaire 3000 porte sur des actes de corruption présumés entourant l’achat de navires et de sous-marins pour plusieurs milliards de shekels auprès d’un constructeur naval allemand. L’enquête s’est concentrée sur des soupçons de pots-de-vins reçus par des responsables de l’Etat pour influencer l’achat de quatre bateaux de patrouille et de trois sous-marins de classe Dolphin pour un montant total de 2 milliards d’euros à ThyssenKrupp, malgré l’opposition du ministère de la Défense.

La police a affirmé de manière répétée que Netanyahu n’est pas un suspect à l’heure actuelle dans l’Affaire 3000.

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