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Biden et Harris à Netanyahu : Il est temps de conclure l’accord sur les otages

Alors que les familles reprennent espoir avec les promesses du Premier ministre, Israël devrait envoyer une proposition actualisée au Hamas dans les prochains jours

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le président américain Joe Biden (à gauche) rencontrent des familles d'otages américains à la Maison Blanche, le 25 juillet 2024. (Amos Ben Gershom/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le président américain Joe Biden (à gauche) rencontrent des familles d'otages américains à la Maison Blanche, le 25 juillet 2024. (Amos Ben Gershom/GPO)

WASHINGTON – Le président américain Joe Biden et la vice-présidente Kamala Harris ont tous deux déclaré jeudi au Premier ministre Benjamin Netanyahu qu’il était temps de parvenir à un accord avec le groupe terroriste palestinien du Hamas pour la libération des otages et un cessez-le-feu alors que les familles des otages détenus par le groupe se sont montrées exceptionnellement optimistes quant à la possibilité d’aboutir à un accord.

« Il y a eu des progrès encourageants dans les pourparlers en vue d’un accord pour mettre fin à la guerre à Gaza et libérer les otages après plus de neuf mois », a indiqué Harris à l’issue de ce qu’elle a qualifié de « réunion ouverte et constructive » avec Netanyahu.

« Comme je viens de le dire au Premier ministre Netanyahu, il est temps de conclure cet accord », a-t-elle ajouté.

Netanyahu a rencontré la vice-présidente Harris après son entretien avec Biden à la Maison-Blanche, sa première visite officielle à cet endroit depuis que le Président a pris ses fonctions en 2021. Par la suite, Netanyahu et Biden se sont retrouvés lors d’une rencontre avec les familles de huit citoyens américains détenus par le Hamas.

Harris a notamment abordé la question de la violence des résidents d’implantations extrémistes en Cisjordanie lors de sa rencontre avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a indiqué son bureau dans un compte-rendu de la conversation.

La vice-présidente « a exprimé son inquiétude face aux actions qui sapent la stabilité et la sécurité en Cisjordanie, telles que la violence des résidents d’implantations extrémistes et l’expansion des implantations », précisait le communiqué.

Les proches des captifs ont exprimé qu’ils ressentaient plus d’espoir après cette réunion qu’ils n’en avaient eu lors du dernier accord « otage contre prisonnier, » qui avait conduit à la libération de 105 civils en novembre.

Jonathan Dekel-Chen, le père de l’otage Sagui Dekel-Chen, a déclaré aux journalistes devant la Maison-Blanche : « Après avoir posé une série de questions complexes et reçu des réponses à chacune d’entre elles, nous sommes probablement plus optimistes que depuis les premières libérations fin novembre. » Il a ajouté que leur réunion avait été « productive et honnête. »

Des personnes tiennent des photos d’otages israéliens lors d’une veillée sur le National Mall le 23 juillet 2024 à Washington, DC. (Crédit : Justin Sullivan/ GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)

« Nous avons obtenu des engagements absolus de la part de l’administration Biden et du Premier ministre Netanyahu qui comprennent l’urgence du moment et l’importance de ne pas perdre de temps pour conclure cet accord dans sa forme actuelle et avec le moins de changements possibles », a-t-il ajouté, affirmant que le gouvernement américain, le Congrès et les dirigeants israéliens étaient tous sur la même longueur d’onde.

Les familles ont précisé qu’elles avaient été informées qu’Israël soumettrait au Hamas une proposition d’accord actualisée dans les prochains jours.

« Suite aux discussions entre les dirigeants et leurs équipes [avant que nous ne les rencontrions], ils travaillent en ce moment même à l’élaboration d’une proposition israélienne actualisée qui sera renvoyée au Hamas. Tout cela s’inscrit dans le cadre de la proposition d’accord en trois étapes que le Président a annoncée à la fin du mois de mai », a indiqué Dekel-Chen au Times of Israel.

Lors de leur rencontre à la Maison Blanche jeudi, Biden a dit à Netanyahu que « nous devons faire passer cet accord », selon le porte-parole du Département d’État, Matthew Miller.

Le président Joe Biden rencontre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans le bureau Ovale de la Maison Blanche, à Washington, le 25 juillet 2024. (Crédit : AP Photo/Susan Walsh)

« Nous y travaillons depuis un moment déjà », a expliqué Miller. « Les négociations ont été difficiles. Mais nous avons fait des progrès. Nous avons mis en place un cadre pour un accord. Nous devons maintenant aplanir les différences qui subsistent et parvenir à un accord afin que nous puissions tous aller de l’avant ».

Le porte-parole du Conseil de Sécurité nationale de la Maison Blanche, John Kirby, arborant autour du cou un médaillon qu’il a reçu de l’une des familles des otages américains, a indiqué aux journalistes que Biden avait communiqué à Netanyahu « à quel point le président est fermement convaincu de la nécessité de conclure cet accord sur les otages et de parvenir à un cessez-le-feu – tout au moins à sa première phase de six semaines ».

Kirby a réitéré que des écarts subsistaient, mais qu’elles pouvaient être comblées s’il y avait un leadership et une volonté de compromis et d’effort.

« Cela fait 293 jours aujourd’hui, que ces otages sont retenus par le Hamas et on ne peut que supposer que c’est dans les circonstances les plus horribles qui soient », a déploré le porte-parole de la Maison Blanche.

Dans un compte-rendu de la réunion, la Maison Blanche a indiqué que MM. Biden et Netanyahu avaient discuté en détail des négociations sur les otages et que le Président avait « exprimé la nécessité de combler les lacunes restantes, de finaliser l’accord dès que possible, de ramener les otages chez eux et de parvenir à une fin durable de la guerre à Gaza ».

Biden a également insisté auprès de Netanyahu sur la situation humanitaire à Gaza et l’afflux d’aide dans l’enclave.

Le président « a réaffirmé l’engagement sans faille des États-Unis en faveur de la sécurité d’Israël contre toutes les menaces de l’Iran et de ses mandataires, y compris le Hamas, le Hezbollah et les Houthis », selon le communiqué.

Il resterait 111 otages à Gaza, dont les dépouilles de 39 personnes dont le décès a été confirmé par Tsahal, sur les 251 personnes enlevées lors de l’assaut du Hamas il y a près de 300 jours.

Au cours de son intervention, Harris a lu les noms des huit otages israélo-américains encore détenus par le Hamas, ce qu’aucun responsable américain n’avait fait jusqu’à présent.

La vice-présidente Kamala Harris parle après une réunion avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à l’Eisenhower Executive Office Building sur le complexe de la Maison Blanche à Washington, jeudi 25 juillet 2024. (Crédit : Julia Nikhinson/AP)

Harris a également parlé avec force de la dévastation de Gaza après près de 10 mois de guerre, affirmant qu’elle avait insisté auprès de Netanyahu sur l’ampleur de la souffrance humaine à Gaza.

Aujourd’hui pressentie candidate démocrate à la présidence, les propos de Harris sur la guerre ont été disséqués à la loupe, certains y voyant un changement de ton de l’administration à l’égard d’Israël et de la bande de Gaza. Les responsables américains ont rejeté l’idée que la position de Harris sur Israël diffère de celle de Biden ou qu’elle joue le rôle de « mauvais flic » au sein de l’administration à l’égard d’Israël.

« Israël a le droit de se défendre. Et la manière dont il le fait est importante », a affirmé Harris. « J’ai fait part de ma vive inquiétude quant à la situation humanitaire désastreuse qui règne dans cette région. »

Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, a fait état d’au moins 39 000 Palestiniens tués depuis le début de l’offensive militaire israélienne, lancée à la suite du pogrom du 7 octobre dans le sud de l’État hébreu. Ce bilan ne peut être vérifié et ne distingue pas les civils des terroristes. Israël affirme pour sa part avoir tué environ 15 000 terroristes durant les combats en plus du millier de terroristes à l’intérieur d’Israël le jour de l’assaut le 7 octobre.

« Ce qui s’est passé à Gaza ces neuf derniers mois est effroyable », a souligné Harris. « Nous ne pouvons pas fermer les yeux face à ces tragédies. Nous ne pouvons pas nous permettre de devenir insensibles à la souffrance et je ne resterai pas silencieuse ».

La vice-Présidente américaine Kamala Harris (à droite) serre la main du Premier ministre Benjamin Netanyahu avant une réunion à l’Eisenhower Executive Office Building dans le complexe de la Maison Blanche à Washington, jeudi 25 juillet 2024. (Crédit : Julia Nikhinson/AP)

Dans sa déclaration après sa rencontre avec Netanyahu, Harris a souligné qu’elle restait « engagée en faveur d’une voie pouvant mener à une solution à deux États ».

« Je sais qu’à l’heure actuelle, cette perspective est difficilement concevable », a-t-elle poursuivi. « Mais une solution à deux États est la seule voie qui garantira à Israël qu’il reste un État juif et démocratique sûr, et qui garantira aux Palestiniens qu’ils pourront enfin bénéficier de la liberté, de la sécurité et de la prospérité qu’ils méritent à juste titre. »

Des manifestants anti-Israël avec une effigie du Premier ministre Benjamin Netanyahu protestent près de la Maison Blanche pour dénoncer la rencontre du président américain Joe Biden avec Netanyahu à Washington, DC, le 25 juillet 2024. (Crédit : Andrew Thomas / AFP)

Harris a également souligné sa longue histoire avec l’État d’Israël, rappelant qu’enfant, elle collectait des fonds pour planter des arbres dans l’État juif. Plus tôt dans la journée, le candidat républicain à la présidentielle Donald Trump, que Netanyahu rencontrera vendredi en Floride, avait déclaré lors d’un rassemblement en Caroline du Nord que la vice-présidente était « totalement contre le peuple juif. »

« Depuis l’époque où jeune fille, je collectais des fonds pour planter des arbres pour Israël, jusqu’à mon passage au Sénat des États-Unis et maintenant à la Maison Blanche, mon engagement pour l’existence de l’État d’Israël, pour sa sécurité et pour le peuple d’Israël est inébranlable », a affirmé Harris.

Plus tôt dans la journée de jeudi, Harris avait fustigé les « actes méprisables et la rhétorique dangereuse alimentée par la haine » des manifestants anti-Israël « dépourvus de patriotisme » qui ont déclenché des émeutes devant le Capitole mercredi pour protester contre le discours de Netanyahu devant une session conjointe du Congrès.

Les proches des otages avaient également exprimé leur déception devant le discours de Netanyahu au Congrès, car il ne mentionnait pas le soutien total apporté à la proposition d’accord sur les otages menée par les États-Unis. Toutefois, beaucoup étaient plus optimistes à la suite de la rencontre avec Netanyahu et Biden.

Le père de l’otage Itay Chen, Ruby, a confié aux journalistes en sortant de la Maison Blanche que Biden avait donné aux familles des otages américains l’espoir que « quelque chose se passerait dans les jours à venir ».

Jonathan Dekel-Chen, au centre, père de l’otage américain Sagui Dekel-Chen, ainsi que d’autres familles d’otages à Gaza, s’adressent aux journalistes après leur rencontre avec le président américain Joe Biden et le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche à Washington, jeudi 25 juillet 2024. (Crédit : Susan Walsh/AP)

Ronen Neutra, père de l’otage Omer Neutra, a confié au Times of Israel avoir eu peu de foi en la volonté de Netanyahu de parvenir à un accord, mais que lors de leur rencontre, il avait été rassuré par les propos du Premier ministre. « Il nous a dit que l’accord devait avancer et qu’ils y travaillaient. Nous sommes donc plus optimistes », déclare-t-il.

Dekel-Chen, qui avait également douté de la capacité de Netanyahu à accepter un accord, a dit être « prudemment optimiste » pour la suite.

« Je pense que le Premier ministre comprend que l’attention du monde entier n’est pas seulement fixée sur le Hamas, mais également sur lui. En effet, de nombreuses parties, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur d’Israël, estiment que les conditions sont réunies », a-t-il déclaré.

Jon Polin (à gauche) et Rachel Goldberg-Polin, les parents de l’otage Hersh Goldberg-Polin, devant les caméras de la Douzième chaine, le 25 avril 2024. (Capture d’écran du canal 12 : utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur les droits d’auteur)

Le père de Hersh Goldberg-Polin, Jon, a souligné que « c’est rare de voir le président en exercice des États-Unis et ceux qui pourraient devenir présidents – que ce soit la vice-présidente Harris ou Donald Trump – s’accorder sur le fait que cet accord doit être conclu au plus vite. »

« Quiconque, indépendamment de son camp politique, pense à tort qu’il y a un avantage à attendre, découvrira que ce raisonnement est erroné », a-t-il a ajouté avec fermeté.

Les pourparlers en vue d’un accord sur les otages devaient initialement reprendre au Qatar jeudi, mais quelques heures avant son discours au Congrès mercredi, le bureau de Netanyahu a annoncé que le départ de l’équipe israélienne de négociation sur les otages serait retardé jusqu’à la fin des réunions de jeudi à Washington.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’adressant à une réunion conjointe du Congrès au Capitole des États-Unis, à Washington, le 24 juillet 2024. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Certains pensaient que Netanyahu comptait sur cette réunion pour obtenir le soutien des États-Unis à de nouvelles demandes israéliennes dans le cadre des pourparlers. Ces dernières semaines, le Premier ministre a formulé deux nouvelles demandes, à savoir, l’autorisation de laisser des forces israéliennes dans le corridor de Philadelphi, à la frontière entre Gaza et l’Égypte, afin d’empêcher la contrebande d’armes, et l’établissement d’un mécanisme pour empêcher les terroristes armés de retourner dans le nord de la bande de Gaza.

Selon la presse israélienne, les proches des otages ont été informés par Netanyahu qu’une proposition actualisée serait envoyée au Hamas dans les deux jours.

Une proposition soutenue par les États-Unis visant à libérer les otages restants à Gaza et à retirer les troupes israéliennes de la bande de Gaza en trois pourrait constituer un succès historique pour Biden, qui a annoncé qu’il ne se représenterait pas et son soutien à Harris pour lui succéder. Cela pourrait également renforcer la position de Harris dans sa campagne présidentielle.

Des Palestiniens passent devant les eaux usées qui s’écoulent dans les rues de la ville méridionale de Khan Younès, dans la bande de Gaza, le 4 juillet 2024. (Crédit : Jehad Alshrafi/AP)

Netanyahu et Biden, un démocrate centriste, ont connu des hauts et des bas au fil des ans. Lors de ce qui sera probablement sa dernière rencontre à la Maison-Blanche avec Biden, Netanyahu a évoqué leurs quelque 40 années de relation et a remercié le Président pour les services qu’il a rendus.

« D’un fier sioniste juif à un fier sioniste irlando-américain, je tiens à vous remercier pour 50 ans de service public et 50 ans de soutien à l’État d’Israël », a dit Netanyahu à Biden.

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