Biden : Israël ne surréagit pas dans sa réponse aux roquettes du Hamas à Gaza
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Biden : Israël ne surréagit pas dans sa réponse aux roquettes du Hamas à Gaza

Le président américain note que la question est plutôt de savoir comment stopper les attaques "indiscriminées" du Hamas ; Washington a bloqué une réunion sur le sujet

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le président Joe Biden durant une rencontre avec des sénateurs républicains à la Maison Blanche, à Washington, le 13 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Evan Vucci)
Le président Joe Biden durant une rencontre avec des sénateurs républicains à la Maison Blanche, à Washington, le 13 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Evan Vucci)

NEW YORK — Le président américain Joe Biden a déclaré jeudi qu’il ne pensait pas qu’Israël avait surréagi dans sa réponse aux tirs de roquettes de Gaza, alors que Washington a fait en sorte de bloquer une réunion du Conseil de sécurité sur le sujet.

« L’un des éléments que j’ai été en mesure de constater jusqu’à présent, c’est qu’il n’y a pas eu de surréaction significative de la part d’Israël », a dit le président américain au cours d’une conférence de presse, alors qu’il lui était demandé si le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait fait suffisamment pour prévenir une escalade.

« La question est de savoir comment faire pour réduire significativement les attaques et, en particulier, les tirs de roquettes envoyés de manière indiscriminée en direction des centres de population », a-t-il ajouté.

Le président a noté son entretien téléphonique « bref » de mercredi avec Netanyahu sur le sujet, ajoutant que des bureaux variés de son administration sont en contact fréquent non seulement avec les Israéliens, mais aussi avec les Égyptiens, les Saoudiens et d’autres.

Pendant son appel téléphonique avec Biden, Netanyahu a fait savoir à l’occupant de la Maison Blanche que les frappes contre le Hamas allaient continuer, ajoutant qu’un cessez-le-feu ne serait pas à l’ordre du jour dans l’immédiat.

Biden a expliqué à Netanyahu qu’il condamnait les attaques à la roquette. Il a précisé que les États-Unis soutenaient le droit à l’auto-défense d’Israël.

Anthony Blinken s’exprime au Queen Theater à Wilmington, Delaware, le 24 novembre 2020. (Carolyn Kaster/AP)

Pour leur part, des diplomates du Conseil de sécurité des Nations unies ont indiqué au Times of Israel que la mission américaine avait bloqué une initiative soutenue par les 14 autres membres du Conseil visant à organiser une réunion d’urgence sur l’escalade au sein de l’État juif et à Gaza. Ils avaient espéré que cette session pourrait avoir lieu dès vendredi et, contrairement à celles qui se sont tenues lundi et mercredi, elle ne se serait pas déroulée à huis-clos.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a été interrogé à ce sujet, jeudi, et il a indiqué que si les États-Unis étaient favorables à une réunion publique, Washington était en pourparlers pour qu’elle n’ait lieu qu’au début de la semaine prochaine.

« Ce qui, je l’espère, donnera le temps nécessaire pour qu’un travail diplomatique ait de l’effet et pour voir si nous obtenons une réelle désescalade – nous pourrons alors poursuivre le travail aux Nations-Unies dans ce contexte », a-t-il précisé, notant que le vice-secrétaire aux Affaires israéliennes et palestinienne, Hady Amr, était parti pour l’État juif pour des discussions entre les deux parties visant la mise en place d’un cessez-le-feu.

Des soldats israéliens ouvrent le feu vers la bande de Gaza depuis leur poste installé près de Sdérot, dans le sud d’Israël, le 13 mai 2021. (Crédit : Menahem KAHANA / AFP)

Un responsable de la mission américaine a déclaré au Times of Israel que le bureau « a fait part de son soutien à une réunion publique au Conseil de sécurité, au début de la semaine prochaine, de manière à offrir cadre aux efforts diplomatiques qui sont en cours au plus haut niveau pour obtenir la désescalade des tensions et l’avancée vers un cessez-le-feu ».

Quelques heures plus tard, l’ambassadrice américaine aux Nations unies, Linda Thomas-Greenfield, a écrit sur Twitter que la session aurait lieu en fait dimanche.

La mission des États-Unis avait initialement exercé des pressions de manière à ce que la rencontre soit organisée mardi prochain, mais plusieurs ambassadeurs s’y sont vivement opposés, affirmant que le sujet ne pouvait pas attendre encore cinq jours, ont indiqué deux diplomates du Conseil de sécurité.

Jeudi soir, l’armée israélienne a mené un bombardement massif sur un grand nombre de cibles du nord de la bande de Gaza aux environs de minuit, utilisant ses forces aériennes et terrestres, a annoncé Tsahal. Netanyahu a juré de faire payer « un prix très lourd » au Hamas, le groupe terroriste à la tête de la bande de Gaza.

Des roquettes tirées vers Israël depuis Beit Lahia dans le nord de la bande de Gaza, illuminent le ciel nocturne le 14 mai 2021, tandis que celles du Dôme de Fer sont tirées pour les intercepter. (Photo: MOHAMMED ABED / AFP)

Blinken a déclaré jeudi que les États-Unis étaient « profondément et activement engagés auprès des deux parties pour tenter d’obtenir une désescalade des violences ». Le secrétaire s’est entretenu avec Netanyahu et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, mercredi.

Il a rappelé que le positionnement de son administration était qu’il « y a une différence fondamentale entre un groupe terroriste, le Hamas, qui cible des civils de manière indiscriminée et Israël, qui se défend contre ceux qui l’attaquent ». Il a néanmoins ajouté que les Américains étaient « très inquiets face aux morts parmi les civils et, en particulier, parmi les enfants ».

« Les Palestiniens ont le droit de vivre dans la sécurité et dans la paix, comme les Israéliens. Nous travaillons d’arrache-pied en faveur de l’apaisement des deux parties », a continué Blinken.

Tandis que l’administration Biden pousse à la désescalade, elle a reconnu qu’une trêve serait improbable dans les quarante-huit heures, selon une source proche du dossier.

Si Blinken s’est entretenu avec Abbas, le secrétaire d’État a reconnu que l’influence de l’AP était pour le moins limitée à ce stade dans la mesure où les tirs de roquettes proviennent de son grand rival, le Hamas.

L’administration Biden est en contact avec le Qatar, espérant que le royaume du Golfe qui fournit de l’aide humanitaire à l’enclave côtière, pourra exercer des pressions afin de déterminer le groupe terroriste à accepter un cessez-le-feu, a poursuivi la source.

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