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Biden: « Scandaleux » de conditionner l’aide US à l’expansion des implantations

Répondant aux candidats démocrates qui ont dit qu'ils couperaient les aides pour stopper l'expansion des implantations, l'ex-vice-président évoque "une erreur gigantesque"

Le candidat démocrate à la présidentielle et ancien vice-président Joe Biden durant une rencontre à la mairie, à Fort Dodge, dans l'Iowa, le 31 octobre 2019 (Crédit : AP Photo/Charlie Neibergall)
Le candidat démocrate à la présidentielle et ancien vice-président Joe Biden durant une rencontre à la mairie, à Fort Dodge, dans l'Iowa, le 31 octobre 2019 (Crédit : AP Photo/Charlie Neibergall)

Le candidat à la nomination présidentielle du parti démocrate Joe Biden a répondu, jeudi, aux appels lancés par d’autres candidats à conditionner l’aide versée à l’Etat juif à l’arrêt de l’expansion des implantations, qualifiant cette idée « d’absolument scandaleuse ».

Interrogé par un journaliste du Wall Street Journal sur ce qu’il pensait de l’idée de conditionner l’aide apportée à Israël, l’ancien vice-président a indiqué que ce serait « une erreur gigantesque ».

Les propos tenus par Biden ont été prononcés après que certains candidats aux primaires ont livré les détails des aspects de leur politique vis-à-vis d’Israël dans des discours qui ont eu lieu dans le cadre de la conférence annuelle de J-Street, le groupe libéral dont les travaux se consacrent à la politique au Moyen-Orient.

Ainsi, dans une vidéo soumise lors du sommet, Elizabeth Warren, qui a rejoint les favoris à la nomination démocrate dans les sondages, a clairement établi qu’elle avait l’intention de mettre la pression sur Israël tout en refusant d’apporter des précisions sur ce qu’elle ferait exactement.

La candidate démocrate à la présidence, la sénatrice Elizabeth Warren , pendant un événement à Norflok, en Virginie, le 18 octobre 2019 (Crédit : Zach Gibson/Getty Images/AFP)

« Nous devons trouver des moyens de faire des progrès tangibles sur le terrain vers une solution à deux Etats », a-t-elle expliqué dans une vidéo.

« Cela se traduit parfois par des moyens d’exercer des pressions et de créer des conséquences pour les comportements problématiques, comme l’ont fait d’anciens présidents démocrates et républicains », a-t-elle dit. « Par exemple, si le gouvernement israélien continue à prendre des initiatives visant à annexer officiellement la Cisjordanie, les Etats-Unis doivent dire clairement que notre aide ne servira pas à soutenir l’annexion. »

Dans l’Iowa, la semaine dernière, un journaliste a interrogé une nouvelle fois Warren à ce sujet.

« Tout est sur la table », a-t-elle répondu, sans donner de détails.

Bernie Sanders a déclaré lundi qu’une partie des 3,8 milliards de dollars en assistance militaire américaine à Israël devrait être plutôt consacrée à l’aide humanitaire à Gaza.

Le candidat démocrate à l’élection présidentielle, Bernie Sanders, prend la parole lors de la conférence nationale de J Street, avec les animateurs de « Pod Save the World » Tommy Vietor (à gauche) et Ben Rhodes, le 28 octobre 2019, à Washington. (AP Photo/Jacquelyn Martin)

Le sénateur du Vermont a, lui aussi, promis d’utiliser l’aide militaire israélienne pour dissuader l’Etat juif d’élargir ses constructions dans les implantations et pour l’obliger à entrer dans des négociations de paix avec les Palestiniens, une idée qui a gagné du terrain parmi certains démocrates.

« J’utiliserai la condition de ces 3,8 milliards de dollars », a-t-il dit lors de la conférence en se référant au protocole d’accord signé entre Israël et les Etats-Unis sous l’administration Obama. « C’est beaucoup d’argent et nous ne pouvons pas donner carte blanche au gouvernement israélien ou même à n’importe quel gouvernement. Nous avons le droit de demander le respect des droits de l’Homme et de la démocratie. »

Le candidat à la nomination à la présidentielle de 2020 a dit qu’il conditionnerait l’aide américaine à des initiatives tangibles de la part de Jérusalem en faveur de la solution à deux Etats et à l’amélioration des conditions de vie des Palestiniens qui habitent dans l’enclave côtière assiégée.

Le candidate démocrate à l’investiture présidentielle Pete Buttigieg, maire de South Bend, lors d’un événement de récolte de fonds à Wynwood Walls, le 20 mai 2019, à Miami. (Crédit : AP Photo/Lynne Sladky)

Le maire de South Bend, Pete Buttigieg, a expliqué que si Israël devait mener à bien la promesse d’annexion des implantations de Cisjordanie faite par Netanyahu, un tel cas de figure l’obligerait à réévaluer le niveau des aides versées par les Etats-Unis à l’Etat juif.

« Nous avons une responsabilité… qui est de garantir que le soutien des contribuables américains à Israël ne se transformera pas en soutien apporté par les contribuables à une initiative telle que l’annexion », a-t-il dit à une foule rassemblée au centre de convention de Washington.

Eric Cortellessa et JTA ont contribué à cet article.

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