Blinken est arrivé en Israël pour consolider le cessez-le-feu avec le Hamas
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Blinken est arrivé en Israël pour consolider le cessez-le-feu avec le Hamas

L’armée accuse le Hamas de détourner l’aide à destination de l’enclave paupérisée à des fins militaires et d’utiliser le métal des canalisations pour en faire des roquettes

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken accueilli par le chef du protocole Gil Haskelas, à son arrivée à l'aéroport Ben Gurion à Tel Aviv, le 25 mai 2021. (Crédit : Alex Brandon / POOL / AFP)
Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken accueilli par le chef du protocole Gil Haskelas, à son arrivée à l'aéroport Ben Gurion à Tel Aviv, le 25 mai 2021. (Crédit : Alex Brandon / POOL / AFP)

Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a amorcé mardi en Israël une tournée au Proche-Orient dans l’espoir de consolider la trêve entre l’Etat hébreu et le Hamas après des affrontements sanglants ayant semé des ravages en Israël et dans la bande de Gaza, contrôlée par le groupe terroriste palestinien.

Le chef de la diplomatie américaine, dont l’avion a atterri en matinée à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv, doit s’entretenir en journée avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avant de poursuivre sa tournée en Egypte et en Jordanie, deux acteurs clés de la stabilité régionale.

L’objectif est « de soutenir leurs efforts pour consolider le cessez-le-feu », a tweeté lundi M. Blinken, tandis que le président américain Joe Biden a indiqué que le secrétaire d’Etat devait « évoquer le soutien inébranlable (des Etats-Unis) à la sécurité d’Israël » et poursuivre « les efforts du gouvernement pour rebâtir les liens avec les Palestiniens ».

Dans la foulée du cessez-le-feu, les deux dirigeants avaient réaffirmé leur soutien à la « solution à deux Etats », israélien et palestinien.

Mais « notre priorité est vraiment avant tout de faire en sorte que le cessez-le-feu tienne », a dit à des journalistes un haut responsable américain avant le départ du secrétaire d’Etat, jugeant « prématurées » toutes visées plus ambitieuses.

Une attaque au couteau a blessé deux personnes, dont un soldat israélien, lundi à Jérusalem. Le terroriste palestinien, qui a été neutralisé, avait 17 ans, selon l’agence officielle palestinienne.

Une délégation égyptienne se trouve dans l’enclave palestinienne pour des discussions avec le Hamas, organisation classée terroriste par les Etats-Unis et l’Union européenne. Et le chef de la diplomatie égyptienne, Sameh Choukry, a été reçu lundi à Ramallah par M. Abbas.

Le ministre égyptien avait auparavant indiqué avoir reçu un appel de son homologue israélien pour discuter des moyens de faciliter l’entrée des aides à Gaza.

Israël a dit lundi souhaiter un « mécanisme » international pour contourner le Hamas dans l’envoi des aides.

L’armée israélienne accuse le Hamas de détourner l’aide internationale à destination de l’enclave paupérisée à des fins militaires et d’utiliser le métal des canalisations pour en faire des roquettes.

La bande de Gaza est de facto contrôlée depuis 2007 par les islamistes du Hamas après avoir chassé férocement le Fatah en 2006, suite au désengagement unilatéral d’Israël en 2005.

« Pour atteindre les objectifs de réhabilitation de Gaza sans que cela ne constitue une menace pour Israël, le peuple de Gaza ou la région, les efforts de reconstruction devront impliquer un large éventail d’acteurs », a indiqué à l’AFP un responsable du ministère de la Défense sous le couvert de l’anonymat.

Le ministère, dirigé par l’ancien chef d’état major de l’armée Benny Gantz, demande « une implication plus complète de l’Autorité Palestinienne [de Mahmoud Abbas], pour éviter d’augmenter les ressources du Hamas et afin d’atteindre (directement) la population » de l’enclave.

Selon ce responsable, le financement et l’organisation de la reconstruction doivent passer par « la création d’un mécanisme impliquant les principaux acteurs, dont les États-Unis et l’Europe », mais aussi des acteurs régionaux comme les pays du Golfe, ainsi que l’Égypte, médiateur traditionnel entre le Hamas et Israël, et la Jordanie voisine.

Gantz a ajouté qu’Israël n’autoriserait pas une reconstruction totale de Gaza avant que le Hamas ne restitue les deux civils israéliens et les dépouilles de deux soldats retenus en otage par le groupe terroriste depuis plus de six ans.

Le Hamas a rejeté cette condition.

« L’agenda le plus préférable, selon moi, est de renforcer l’Autorité palestinienne autant que possible et de ne pas laisser le Hamas être le seul à définir l’ordre du jour, hors de la bande de Gaza mais aussi à Gaza », a-t-il déclaré.

Alors qu’il lui était demandé s’il exprimait son propre point de vue ou si ce dernier était également celui du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Gantz a déclaré qu’il s’agissait de son positionnement personnel.

« Je ne sais pas ce que pense Netanyahu », a-t-il continué.

La manière de renforcer l’Autorité palestinienne et de marginaliser le Hamas, a poursuivi Gantz, est d’impliquer le plus grand nombre d’États arabes que possible – en particulier les pays du Golfe, l’Égypte et la Jordanie, en plus des États-Unis et de l’Union européenne. Gantz a souligné de manière significative l’implication du Qatar, avec lequel Israël n’entretient pas de relations diplomatiques et qui est un pays proche de la Turquie. Doha a tenu un rôle déterminant en termes de médiation entre l’État juif et le Hamas, ces dernières années, fournissant – et retenant parfois – des aides financières au groupe terroriste et aux fonctionnaires civils de la bande.

« Mais je fais la distinction entre l’aide humanitaire de base comme l’alimentation, l’eau et l’électricité, qui sont indispensables à la population, et un autre niveau d’aides que nous devons conditionner au retour des captifs », a continué Gantz.

Le ministre de la Défense n’a pas expliqué les mécanismes précis qui pourraient être utilisés pour aider Gaza sans enrichir pour autant le groupe terroriste du Hamas – une question qui est un défi, depuis longtemps, pour les pays et les organisations qui cherchent à investir dans l’enclave.

Gantz a précisé qu’il était impossible d’empêcher le Hamas de reconstruire en profitant des matériaux « à double usage » tels que le ciment. « Je ne suis pas naïf : certains matériaux qui vont entrer, après que nous les ayons supervisés, seront en définitive utilisés par le Hamas », a-t-il affirmé.

Il a dit que tandis que le Hamas tentait de faire entrer des armes à Gaza, le groupe terroriste était apte à produire ses propres minutions au sein de l’enclave côtière – et que cette aptitude devenait croissante.

Le président américain Joe Biden avait annoncé samedi son intention de mettre en place une aide financière « majeure » pour « reconstruire Gaza » mais sans donner au Hamas « l’opportunité de rebâtir son système d’armement », incluant notamment un arsenal bien fourni grâce à l’aide de l’Iran notamment et des tunnels tapissant toute l’enclave pour permettre aux agents du Hamas de se déplacer et de mener des tirs de roquettes et autres attaques…

Biden s’est entretenu lundi avec son homologue égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, sur les « efforts internationaux pour reconstruire Gaza et fournir une aide humanitaire d’urgence », selon la présidence égyptienne.

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