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Bressler poursuit Gotliv pour ses « mensonges ignobles » la liant au 7 octobre

La leader anti-refonte réclame 2,6 M de shekels en dommages et intérêts ; Gotliv continue de propager ses accusations infondées sur les liens entre l'activiste, la sécurité et le Hamas

À droite : Shikma Bressler rencontre des activistes sur la place Dizengoff, à Tel Aviv, le 3 octobre 2023. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90) ; À gauche : la députée Tali Gottlieb à la Knesset, le 29 janvier 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
À droite : Shikma Bressler rencontre des activistes sur la place Dizengoff, à Tel Aviv, le 3 octobre 2023. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90) ; À gauche : la députée Tali Gottlieb à la Knesset, le 29 janvier 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’activiste Shikma Bressler a introduit une action en diffamation de 2,6 millions de shekels contre Tally Gotliv (Likud), suite aux allégations infondées et répétées de la législatrice controversée qui associe la leader du mouvement e la protestation au groupe terroriste Hamas et à l’attaque meurtrière du 7 octobre.

Selon la presse israélienne, les avocats de Bressler ont également saisi la justice pour poursuivre six influenceurs en ligne qui ont fait circuler ces fausses allégations.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à la tête du Likud, et l’agence d’espionnage du Mossad ont tous deux ni ces allégations à plusieurs reprises et avec force.

La plainte porte sur les allégations répétées de Gotliv, diffusées pour la première fois dans une publication sur les réseaux sociaux en octobre, selon lesquelles les agences de renseignement américaines auraient intercepté une conversation entre le partenaire de Bressler, qui est un fonctionnaire public, et le chef du Hamas, Yahya Sinwar. Selon cette théorie du complot, le chef du Mossad, David Barnea, aurait convoqué Bressler à une réunion sur la base de cette information, quelques jours avant les attaques du 7 octobre sur le sud d’Israël, au cours desquelles les terroristes du Hamas ont tué quelque 1 200 personnes et en ont enlevé plus de 250 qu’ils ont conduites de force dans la bande de Gaza, la plupart d’entre elles des civils.

La plainte porte également sur une série de publications sur les réseaux sociaux dans lesquelles Gotliv affirmait que le compagnon de Bressler était employé par l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, suggérant une collaboration entre les opposants à la refonte judiciaire du gouvernement et les responsables de la Défense. Gotliv a insinué que cette collaboration avait contribué aux attentats du 7 octobre.

« Ces mensonges sont stupéfiants et, bien qu’ils aient été démentis à plusieurs reprises par le cabinet du Premier ministre, ils ont fait leur chemin depuis les méandres d’Internet jusqu’au cœur du débat public et de la Knesset », écrivent les avocats de Bressler dans la plainte.

Gotliv n’a pas tardé à réagir à la poursuite, affirmant que Bressler avait déposé la plainte parce que les projecteurs lui « manquaient », et l’a défiée de lui remettre sa plainte en personne en lui disant : « Vous avez des contacts par lesquels il vous sera aisé d’obtenir mon adresse ».

La députée du Likud Tally Gotliv s’exprimant lors d’une audience de la commission Constitution du Droit et de la Justice de la Knesset, le 20 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Elle a également déclaré qu’elle n’avait « aucune intention » de renoncer à son immunité parlementaire. « Je suis désolée de décevoir la dame qui est responsable, avec ses amis, de l’enfer qui nous est tombé dessus », a écrit Gotliv sur X, anciennement Twitter.

La poursuite de 15 pages, citée par la Douzième chaîne, porte sur  » le ramassis de mensonges éhontés, conspirationnistes et dégoûtants qui ont été répandus dans l’affaire de la plaignante [Bressler] et de son partenaire (qui est un fonctionnaire).  »

« Au cœur des allégations, une diffamation de sang contre la plaignante comporte une accusation de trahison, de liens avec l’organisation terroriste Hamas et la responsabilité du terrible massacre perpétré par ses terroristes le 7 octobre », précise la plainte.

Il est également indiqué dans le document, que les avocats de Bressler ont demandé au département des enquêtes internes de la police (PIID), à la procureure générale et au gouvernement d’ouvrir une enquête sur les agissements de la députée du Likud, pour des délits tels que l’aide à l’ennemi en temps de guerre, la révélation d’informations confidentielles, la propagande défaitiste, l’abus de pouvoir officiel, l’abus de confiance et la diffamation.

Ronen Bar, le chef des services de sécurité du Shin Bet, à gauche, et le dirigeant du Mossad, David Barnea, lors de la cérémonie de commémoration annuelle du Corps des blindés au cinquantième anniversaire de la guerre de Yom Kippour, à Yad La-Shiryon, le 27 septembre 2023. (Crédit : Jonathan Shaul/Flash90)

Le quotidien israélien Haaretz a rapporté jeudi que le procureur Amit Eisman était favorable à l’ouverture d’une enquête criminelle à l’encontre de Gotliv.

La plainte a été déposée quelques jours après la publication par la députée du Likud d’une « lettre d’avertissement » adressée à Bressler dimanche, dans laquelle elle réitérait ses accusations contre la responsable du mouvement de protestation pour son implication dans l’assaut du 7 octobre : « Bressler a bien fait de quitter le pays lors de la Shoah perpétrée par les assassins du Hamas le 7 octobre… Bressler savait pourquoi elle quittait le pays. Elle savait qu’elle avait du sang sur les mains ».

La première fois que la législatrice du Likud a évoqué la thèse conspirationniste d’une rencontre entre Barnea et Bressler remonte au 3 octobre dernier.

« C’est une bonne chose que je bénéficie de l’immunité et que les ordonnances judiciaires ne s’appliquent pas à moi », avait écrit Gotliv à l’époque, en demandant : « Quelqu’un peut-il expliquer cette réunion ? Elle n’est pas anodine, sinon elle ne ferait pas l’objet d’un embargo. »

Depuis son entrée à la Knesset à la suite des élections de novembre 2022, Gotliv s’est forgée une réputation autour de ses déclarations incendiaires, accusant par exemple l’armée israélienne et le Shin Bet de « d’être au service des terroristes » .

Le Mossad a démenti les informations qui le liaient aux manifestations de masse contre les projets du gouvernement visant à affaiblir le système judiciaire, notamment les documents des services de renseignement américains divulgués en avril qui prétendaient montrer que de hauts responsables de l’agence d’espionnage avaient contribué à attiser les protestations. À l’époque, l’agence de renseignement avait qualifié ces informations de « complètement fausses et absurdes ».

Bressler, physicienne émérite, est devenue l’une des figures les plus visibles et les plus éloquentes du mouvement national de protestation qui s’est développé au cours de l’année écoulée contre les projets du gouvernement visant à remanier le système judiciaire, ce qui, selon les critiques, saperait la démocratie en Israël.

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