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Canada : des groupes juifs accusent le gouvernement de freiner la shehita

Des agences de certification casher de premier plan affirment que les autorités nuisent gravement à la vente et à la distribution de viande de bœuf casher produite localement

Un rabbin orthodoxe vérifiant son couteau dans un abattoir casher à Csengele, en Hongrie, le 15 janvier 2021. (Crédit : Laszlo Balogh/AP)
Un rabbin orthodoxe vérifiant son couteau dans un abattoir casher à Csengele, en Hongrie, le 15 janvier 2021. (Crédit : Laszlo Balogh/AP)

JTA – Deux des plus importantes agences de certification casher au Canada poursuivent le gouvernement, affirmant que les récentes réglementations sur l’abattage des animaux mettent en péril l’industrie casher du pays.

Le Kashruth Council of Canada et le Jewish Community Council of Montreal, ainsi que le Centre for Israel and Jewish Affairs, un groupe de coordination représentant les quelque 500 000 Juifs du Canada, affirment dans leur plainte que l’application des directives introduites il y a plusieurs années a entraîné un déclin spectaculaire de la production nationale de viande casher dans le pays.

La plainte a été déposée la semaine dernière.

« Depuis l’entrée en vigueur de ces nouvelles directives, la quantité de viande casher produite au Canada a diminué de façon spectaculaire », ont déclaré les trois organisations dans un communiqué publié en début de semaine. « La communauté a essayé de combler temporairement ce manque par de la viande casher importée, mais cette situation n’est pas viable à long-terme. »

Le procès porte sur le Règlement sur la salubrité des aliments pour les Canadiens institué par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (CFIA), qui surveille les aliments, les animaux et les plantes afin de garantir la sécurité des consommateurs. Selon ce règlement, l’abattage des animaux devrait inclure l’utilisation initiale d’un pistolet paralysant. Mais cette pratique est interdite par les lois de l’abattage rituel juif, ou shehita, qui stipulent que l’animal doit être indemne avant d’être abattu à l’aide d’un couteau.

Si un pistolet paralysant n’est pas utilisé, le bétail et les oiseaux abattus rituellement doivent, selon la réglementation, passer plusieurs tests cognitifs indiquant une perte de conscience et une mort cérébrale avant de poursuivre le processus de production de viande. Les partisans de la casheroute affirment que ces étapes supplémentaires ajoutent du temps et de la complexité à un processus qui, autrement, prendrait moins d’une minute.

Illustration : Un rabbin orthodoxe contrôlant la qualité de la volaille dans un abattoir casher de Csengele, en Hongrie, le 15 janvier 2021. (Crédit : Laszlo Balogh/AP Photo)

L’action en justice indique qu’entre août 2022 et janvier 2023, le nombre d’usines de transformation de la viande casher au Canada est passé de six à quatre, ce qui a entraîné une baisse du rendement hebdomadaire de la viande de bœuf casher produite dans le pays, qui est passé de 3 400 à 1 750 têtes de bétail.

L’action en justice intentée par le Canada fait suite à des années de contestation de l’abattage casher en Europe. En février, la Cour de justice de l’Union européenne a confirmé l’interdiction de l’abattage casher dans deux des trois régions de Belgique.

L’interdiction porte également sur l’abattage sans l’utilisation d’un pistolet paralysant, ce qui exclut de fait la méthode musulmane d’abattage des animaux.

Le Danemark, la Suède, la Finlande, l’Estonie et la Slovénie interdisent également l’abattage rituel.

La CFIA a déclaré dans un communiqué adressé à plusieurs médias qu’elle « reste ouverte aux nouvelles découvertes scientifiques susceptibles de favoriser le bien-être des animaux, et qu’elle est à l’écoute des parties prenantes et s’engage avec elles à relever les défis auxquels elles sont confrontées et à trouver des solutions potentielles ».

Cependant, les groupes juifs ont déclaré avoir présenté le mois dernier des preuves montrant que la shehita est humaine et conforme aux lignes directrices de la CFIA parce qu’elle fait instantanément perdre conscience à l’animal, mais que l’agence de sécurité alimentaire a rejeté leur appel.

« La CFIA est censée être une organisation fondée sur la science et, jusqu’à présent, elle a ignoré la science », a déclaré au Toronto Star le rabbin Saul Emanuel, directeur de MK Kosher, l’agence de la communauté juive de Montréal.

Selon le journal, bien que la majeure partie de la viande casher au Canada soit importée, la communauté juive du pays souhaite garantir la disponibilité de la viande casher locale en cas de problèmes liés à la chaîne d’approvisionnement et comme marqueur de l’appartenance juive au Canada.

« Les autres Canadiens sont assurés d’avoir accès à de la viande canadienne locale », a déclaré Richard Rabkin, directeur général du Kashruth Council of Canada, au Toronto Star.

« Pourquoi les Juifs canadiens devraient-ils être traités différemment ? »

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