Carnaval antisémite de Belgique: Déguisements de Juifs avec des corps d’insectes
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Carnaval antisémite de Belgique: Déguisements de Juifs avec des corps d’insectes

A 16 km à l'ouest de Bruxelles, un événement à Alost voit les participants adopter des tropes anti-juifs, se moquer des vêtements ultra-orthodoxes, mettre des nez crochus

Des participants du carnaval d'Alost portant des costumes associant des vêtements juifs ultra-orthodoxes à des pattes de fourmis lors de l'événement à Alost, en Belgique, le 23 février 2020. (Cnaan Liphshiz)
Des participants du carnaval d'Alost portant des costumes associant des vêtements juifs ultra-orthodoxes à des pattes de fourmis lors de l'événement à Alost, en Belgique, le 23 février 2020. (Cnaan Liphshiz)

ALOST, Belgique (JTA) – Des caricatures de Juifs, dont certaines les représentant sous forme de fourmis, ont été exhibées de façon très visible lors du défilé annuel de cette ville.

Ces démonstrations ont eu lieu un an après que la Jewish Telegraphic Agency a dévoilé des thèmes antisémites lors de la parade de l’année dernière à Alost, située à environ 16 km à l’ouest de Bruxelles. Les participants ont déclaré que les nouvelles exhibitions étaient conçues pour rejeter les critiques de la ville et du carnaval qui ont suivi le rapport de la JTA.

« C’est notre façon de dire que nous n’allons pas arrêter de nous moquer de tout le monde », a déclaré dimanche à JTA un homme qui s’est identifié comme Fred van Oilsjt, 26 ans, alors qu’il portait un costume qui caricature les tenues favorites des hommes juifs ultra-orthodoxes. (Oilsjt est Alost dans le dialecte local).

Lui et 11 autres membres de son groupe portaient également l’abdomen et les pattes d’une fourmi attachés à leur dos ainsi qu’un autocollant portant la mention « obéir » au dos de leur veste. L’imagerie antisémite a souvent associé les Juifs à la vermine, mais il a dit que l’affichage était censé être un jeu de mots faisant référence à la façon dont le mot néerlandais pour le mur Occidental ressemble à « fourmi qui se plaint ».

Un autre groupe portait de faux nez crochus et des costumes de Juifs ultra-orthodoxes en guise de protestation. Leur char portait une pancarte intitulée « règlement du comité du parti juif », qui comprenait « Ne vous moquez pas des Juifs » et « Ne dites surtout pas la vérité sur les Juifs ».

Parmi les milliers de spectateurs qui ont assisté au défilé, des dizaines de personnes portaient de faux costumes de Juifs ultra-orthodoxes, dont une personne qui portait également de grands pieds de troll.

Rudi Roth, journaliste pour le journal juif Joods Actueel basé à Anvers, a déclaré que les expressions d’antisémitisme à Alost cette année étaient plus nombreuses et plus importantes que l’année dernière. Il a parlé d’un « effet de ricochet ».

Un stand lors du carnaval annuel d’Alost en Belgique, le 23 février 2020. (Autorisation)

L’an dernier, la JTA avait rapporté que le carnaval d’Alost comprenait des effigies de juifs orthodoxes grimaçants tenant des sacs d’argent, avec un rat perché sur les épaules d’une des effigies.

Le rapport a permis de mettre la ville sous surveillance. En décembre, l’UNESCO a retiré son soutien au carnaval d’Alost en tant qu’événement du patrimoine immatériel mondial, et le ministre israélien des Affaires étrangères, Israel Katz, a demandé jeudi l’interdiction de ce qu’il a qualifié d’événement « haineux ». Entre-temps, des personnalités ont refusé de se joindre au maire d’Alost, qui a défendu les présentations du défilé.

Le maire, Christophe D’Haese, de la Nieuw-Vlaamse Alliantie de droite, a déclaré dimanche que dans le « contexte du carnaval, ces exhibitions ne sont pas antisémites ». Tout discours de haine illégal, a-t-il ajouté, serait traité par les forces de l’ordre.

« Ce n’est pas un événement antisémite », a-t-il déclaré aux journalistes lors d’une conférence de presse.

Joel Rubinfeld, le président de la Ligue belge contre l’antisémitisme, a condamné les démonstrations, « qui bien qu’elles soient l’œuvre d’une minorité de participants et de spectateurs, entachent l’ensemble de l’événement ».

Il a déclaré que l’événement « comporte indéniablement des éléments antisémites », comme ceux qui, selon lui, n’avaient pas été exposés depuis la fin de l’occupation nazie en 1945.

« Le nom d’Alost est maintenant associé à l’antisémitisme », a déclaré Rubinfeld, « et c’est en partie à cause de l’inaction du maire ».

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